Il y a quelque temps, le blogueur du Suburbain lucide, LBII, m’ademandé par courriel si j’avais quelques photos des principales institutions et des points d’intérêt majeurs de Ville Saguenay. Sur son blogue, il utilise souvent le photoreportage pour illustrer certains sujets reliés à l’urbanisme, et ne disposait pas de clichés de mon coin du Québec pour son dernier article touchant notre municipalité. Peine perdue: dans les délais requis pour la publication, je n’étais pas en mesure de fournir d’images, et l’article a été publié sans photos! Cet épisode m’a pourtant fait réfléchir. Je disposais de plus de photos de Stockholm, de Boston ou de Charlottetown que de ma propre ville! C’était d’autant plus surprenant que notre famille est composée de deux parents photomaniaques (c’est presque un syndrome dans leur cas), d’un petit frère assez doué dans le domaine et de moi-même, photographe amateur malheureusement encore au stade de l’argentique (les pellicules, si vous préférez). Je me suis donc dit que, pour le bénéfice de mes lecteurs intéressés, pour mon propre plaisir et pour mettre quelques photos décentes de Saguenay sur le web (il n’y en a pas beaucoup), j’emprunterais un des appareils numériques de mes parents pour croquer quelques lieux et infrastructures représentatifs de ville Saguenay. Ne reculant devant rien, je tenterai également de vous donner des explications brèves et des anecdotes intéressantes pour chaque photo, ainsi qu’une carte Google Maps pour vous situer le tout. C’est peut-être beaucoup, mais j’aime être généreux! Bienvenue dans ce petit tour historique/touristique/explicatif guidé de la 7e plus grande ville au Québec, Saguenay.

Je débuterai par une brève mise en situation expliquant le regroupement des photos ci-dessous. Ville Saguenay est née de la fusion de plusieurs municipalités autour de la rivière Saguenay: Chicoutimi, Jonquière et La Baie, les trois plus importantes, ainsi que Laterrière, une partie de Canton-Tremblay (aussi appelée Tremblay tout court), Shipshaw et Lac-Kénogami. Il en résulte un territoire très vaste départagé entre trois pôles principaux. Ceux-ci sont eux-mêmes le produit de fusions antérieures: Chicoutimi est le regroupement de Chicoutimi, Rivière-du-Moulin et Chicoutimi-Nord (sur la rive nord du Saguenay); Jonquière, de Jonquière, Kénogami et Arvida (qui a elle-même absorbé St-Jean-Eudes); enfin La Baie, de Port-Alfred, Bagotville et Grande-Baie. Ces premières villes sont aujourd’hui des secteurs; Ville Saguenay elle-même se divise en trois arrondissements, soit Chicoutimi (incluant Laterrière et Canton-Tremblay), Jonquière (incluant Lac-Kénogami et Shipshaw) et La Baie. Dans certains cas, les entités de base sont encore relativement séparées les unes des autres, comme à Jonquière. Ce parcours historique explique donc pourquoi j’ai regroupé mes photos dans les ensembles suivants: Arvida (où je demeure), Jonquière, Kénogami, Shipshaw, Chicoutimi et La Baie/Laterrière. Si certaines sections ne sont pas là pour le moment, c’est que je n’ai pas eu l’occasion d’aller y prendre des photos, mais cela viendra sûrement un jour; quant à Lac-Kénogami et Canton-Tremblay, il n’y existe pas à ma connaissance d’infrastructures notables autrement que pour la villégiature ou l’agriculture.

Cliquez sur les photos pour les agrandir!

Secteur Arvida (Arrondissement Jonquière)

Ville industrielle bâtie intégralement par la compagnie Alcoa (reprise peu après par Alcan, créée du démantèlement à l’étranger d’Alcoa qui avait été reconnue coupable de monopole) lorsqu’elle implanta son aluminerie au bord du Saguenay, Arvida tire son nom des premières syllabes du nom d’Arthur Vining Davis, alors président de la compagnie. Cette ville était un véritable projet d’urbanisme lancé dans les années folles, en 1925. Puisque tout y était contrôlé et possédé par la compagnie, on avait le souci d’en faire une véritable communauté modèle, destinée selon les plans à devenir la troisième plus grande ville du Québec après Montréal et la capitale. On avait d’ailleurs surnommé Arvida “la petite Washington du Nord”, puisqu’à l’image de la capitale américaine, son développement devait être très ordonné et esthétique. Bien entendu, la crise économique de 1929 mit abruptement fin à ces rêves, même si l’usine conserva son statut de plus grande aluminerie du monde pendant très longtemps. Elle connut son heure de gloire pendant et après la Seconde Guerre mondiale, lorsque la production d’aluminium atteint des sommets pour la construction militaire, puis civile; c’est également à ce moment qu’Arvida vécut de grands conflits ouvriers qui marquèrent l’histoire régionale. L’aluminium joue toujours un rôle symbolique et économique important à Saguenay. Arvida fut longtemps contrôlée par Alcan (services publics, administration, infrastructures…), mais elle devint au fil du temps une ville “libre”. La ville fusionna avec Jonquière et Kénogami en 1975, après avoir absorbé St-Jean-Eudes (1) en 1970.

A. À Arvida, nombre de maisons ont été construites par la compagnie Alcoa/Alcan pour y loger ses employés et ses cadres en un temps record, parallèlement à l’édification de l’usine. En 135 jours, 270 résidences furent érigées pour les ouvriers, suivant quelques modèles établis que vous pouvez voir sur ces photos. Les maisons étaient individuelles, et leur aspect extérieur relativement uniforme, peu importe les occupants; toutefois, les cadres et dirigeants anglophones disposaient généralement d’intérieurs plus confortables. Seuls les grands patrons avaient droit au luxe extérieur. Remarquez que certaines maisons comportent des parties en aluminium, comme sur la première photo...

B. Le complexe des usines Vaudreuil et Arvida, moteur économique d’Arvida, puis de Jonquière, se dresse toujours non loin du Saguenay. L’extraction de l’aluminium requiert beaucoup d’électricité, ce qui explique les lignes électriques à haute tension qui proviennent des barrages de la compagnie, plus au nord (voir Shipshaw). La couleur fortement orangée de certains bâtiments provient des arrivages de bauxite, un minerai rougeâtre d’où l’on extrait l’aluminium. Il existe d’ailleurs un “lac de bauxite” qui contient les résidus de minerai et des produits chimiques non loin de l’usine, mais le site n’est pas accessible au public. En bas de la série, une photo prise du Mont Fortin, au nord de Kénogami.

C. Dans ce qu’on appelle aujourd’hui encore le “quartier des Anglais”, les maisons des patrons anglophones d’Alcan étaient plus imposantes. Le secteur est tranquille et situé au nord de l’usine, alors que bien des maisons d’ouvriers étaient placées au sud. La très imposante maison de pierre était, je crois, occupée par les plus haut placés parmi les dirigeants présents à Arvida, et pouvait accueillir plusieurs familles.

D. Le Manoir Saguenay, d’où l’on peut observer les installations de Shipshaw, servait de salle de réception et d’hébergement pour les visiteurs de marque de passage à Arvida, fleuron industriel de la compagnie. La décoration était probablement faite pour impressionner positivement; on y retrouverait par exemple une salle de bain en marbre.

E. Le “Carré Davis”, probablement une traduction littérale de Square Davis, ou Place Davis, est situé directement face au côté sud des usines Vaudreuil et Arvida. C’est là que l’on pouvait (et peut toujours) retrouver de nombreux commerces et services, dont certains contrôlés par la compagnie, comme la bibliothèque. On peut également y voir l’ancienne mairie de Ville de Jonquière, aujourd’hui devenue le quartier général de la police municipale de Ville Saguenay. Malheureusement, le carré Davis traverse aujourd’hui une période plus difficile; des développements commerciaux un peu plus loin démobilisent des acteurs économiques locaux importants, dont les banques. Le secteur gagnerait à être revitalisé avec vigueur. À noter aussi qu’on sert au Carré Davis ce qui est à mon humble avis la meilleure pizza du monde, à la Pizzéria Davis!

F. Cette photo ne représente pas vraiment Arvida, mais le complexe Vaudreuil-Arvida est bien le seul endroit au monde où j’ai pu voir à ce jour des limites de vitesse à 29 km/h…

G. Le Théâtre Palace Arvida date de 1928. C’est là que se produisent les spectacles de Québec-Issime, plate-forme de choix pour les jeunes chanteurs et danseurs de la région. Le bâtiment héberge également de nombreux spectacles, pièces de théâtres, réception, congrès et même… investitures politiques!

H. Pas une photo, mais une particularité: observez la forme particulière des rues, qui forment une sorte de cloche… C’est là un bon indice de la volonté des urbanistes d’Alcoa puis d’Alcan d’obtenir une ville planifiée, mais pas forcément rectiligne et ennuyeuse. Selon certaines versions (invérifiables par des sources écrites à ma connaissance), cette cloche serait en fait le A de ce qui aurait dû devenir le mot ARVIDA écrit avec les rues de la ville, alors qu’elle s’étendrait. La principale raison de l’arrêt du projet? Le risque d’être bombardé par des Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, question de couper l’approvisionnement en aluminium aux Alliés… Légende urbaine?

Secteur Jonquière (Arrondissement Jonquière)

Contrairement à Arvida, Jonquière est une ville au développement assez normal. Le site de la ville est occupé par Marguerite Belley dès 1847, et le canton de Jonquière est baptisé en 1850. Le nom provient du marquis Jacques-Pierre de Taffanel de la Jonquière, gouverneur de la Nouvelle-France de 1749 à 1752. Au départ principalement agricole, Jonquière s’étend peu à peu et progresse dans les statuts (au début sous le nom complet de St-Dominique-de-Jonquière): premier curé en 1866, paroisse en 1883, village en 1904, puis Ville de Jonquière en 1912 et Cité de Jonquière en 1956. La ville longe la Rivière-aux-Sables, longtemps le site de portage de bois, qui est aujourd’hui harnachée. Outre son propre développement industriel (une pulperie indépendante locale est établie sur la rivière en 1899-1900, avant d’être rachetée par Price en 1901; voir Kénogami), Jonquière bénéficie de l’activité à Arvida et Kénogami, avec qui elle fusionne en 1975 en conservant son nom. Le secteur repose aujourd’hui sur les activités agricoles, commerciales et de services. C’est à Jonquière que l’on retrouve plusieurs infrastructures majeures de l’arrondissement Jonquière.

A. L’église Notre-Dame-de-Fatima date de 1962. Elle se détache du paysage par son architecture bien particulière, qui rappelle le wigwam amérindien. Sa structure en béton est en fait constituée de deux demi-cônes décalés l’un par rapport à l’autre. Le vide entre les deux est comblé par des vitraux, comme on peut le voir sur la photo de gauche. L’église n’est plus utilisée depuis quelques années déjà, car il est presque impossible de bien l’entretenir: la façade en béton fend régulièrement, les travaux de peinture se font à taux prohibitifs et le chauffage est inefficace en hiver. Elle était également presque vide. Le diocèse de Chicoutimi a donc fini par la céder aux Montagnais, seuls acheteurs intéressés. Ceux-ci, toutefois, voulaient faire du terrain de l’église un territoire autochtone et cesser de payer des taxes municipales; après des mois de chaos et de querelles, Notre-Dame-de-Fatima a été “répudiée” par la communauté amérindienne. À l’heure actuelle, elle n’appartient semble-t-il à personne (le diocèse en a la charge mais n’y injecte aucun montant), et le terrain qui l’entoure serait devenu un véritable champ si les voisins n’avaient pas pris sur eux d’en faire bénévolement l’entretien. L’avenir de l’église est donc incertain, mais son architecture particulière continue d’attirer l’oeil des curieux.

B. L’hôpital de Jonquière est l’un des trois centres hospitaliers de Ville Saguenay. Puisque la majorité des soins sont centralisés à Chicoutimi, cet établissement offre une gamme relativement restreinte de services (soins généraux et spécialisés de courte durée en santé physique; soins de longue durée; réadaptation en alcoolisme et autres toxicomanies; réadaptation en déficience physique; CLSC). L’hôpital en tant que tel, nonobstant les autres services, compte environ 70 lits.

C. Le Cégep de Jonquière est le plus gros Cégep du Saguenay-Lac-St-Jean, avec plus de 3300 étudiants. Son titre de Cégep remonte à 1967, année de lancement du concept, et le collège régi par les pères Oblats qui lui a précédé date de 1955. Il possède, à plusieurs égards, une bonne réputation parmi les Cégeps du Québec. La photo est celle du pavillon principal, le Pavillon Gérard-Arguin, où se donnent les cours généraux ainsi que plusieurs techniques comme soins infirmiers, bureautique, informatique ou éducation à l’enfance. La tour est la Tour Saguenay, autrefois la résidence du Cégep de Jonquière; elle accueille aujourd’hui l’ensemble des bureaux des enseignants affectés au pavillon principal.

Le Cégep de Jonquière occupe aussi dans ma vie une position particulière, car sans lui, je n’existerais pas! En effet, quand mes grands-parents maternels ont décidé de quitter la Belgique pour venir vivre à Jonquière, c’était parce que mon grand-père avait été embauché comme professeur de français par les Oblats. Fin de la parenthèse personnelle…

D. Le pavillon Lionel-Gaudreau abrite les programmes d’intégration multimédia et d’arts et technologies des médias, mieux connu sous l’acronyme ATM. Ce programme est l’une des fiertés du Cégep de Jonquière et lui est exclusif: il s’agit de l’une des meilleures techniques au Québec pour quiconque désire oeuvrer en journalisme, à la radio, en publicité, dans le milieu du cinéma ou dans le domaine de la production. Le pavillon est tout récent et équipé en neuf. Il comprend un studio de télévision, une salle de rédaction et un équipement informatique à la fine pointe de la technologie, entre autres choses. Excusez la distorsion de la photo panoramique…

E. Les résidences du Cégep de Jonquière. C’est depuis la plus grosse sur la photo, le Pavillon Manicouagan, que la radio de l’ATM est diffusée. L’autre tour est le Pavillon Piékouagami.

F. Le Pavillon Lionel-Gaudreau abrite les laboratoires du Cégep de Jonquière, à l’exception de ceux de biologie qui sont situés dans le pavillon principal. Chimie, physique, génie mécanique, technique d’hygiène industrielle, dessin industriel et électronique sont quelques-unes des spécialités enseignées dans ce bâtiment. Il compte également un petit centre de recherche, l’IDÉA Innovation PME. Malgré son allure austère, l’édifice contient énormément de matériel: le laboratoire de chimie contient un nombre impressionnant d’appareils d’analyse et d’équipement semi-industriel fort utile, ce qui est loin d’être la norme dans les Cégeps. Le département de génie mécanique, de son côté, abrite de dizaines de machines de conception de pièces.

Le chalet de bois rond visible sur la photo révèle un fait cocasse: à défaut d’obtenir les fonds requis pour l’agrandissement nécessaire du pavillon assez rapidement, le Cégep a pris la décision de faire construire ce sympathique chalet contenant trois locaux de classe pour pallier ses besoins en attendant. C’est aussi un moyen de pression pour accélérer le déblocage des fonds!

G. L’ancienne usine du Groupe Pyrovac, dans le parc industriel de Jonquière (d’autres photos viendront plus tard), est à vendre depuis des années sans trouver preneur. L’histoire de cette usine est en partie liée à la politique: en 1998, Lucien Bouchard lui-même, député de Jonquière, annonçait en grande pompe les investissements de Pyrovac à Jonquière pour construire une usine-pilote de pyrolyse sous vide (cette technologie permet d’extraire des huiles essentielles de résidus organiques). L’entreprise disait alors qu’elle serait plus grosse que Bombardier dans quelques années. Ces promesses furent bien vaines: en 2001, Pyrovac faisait une faillite retentissante qui coûtait 11 millions de dollars aux contribuables québécois, et n’obtint jamais de revenus de par ses activités. Pour en savoir plus: Groupe Pyrovac et faillite de l’entreprise. Il s’agit de l’une des rares réalisations de Lucien Bouchard pour son comté (il en a objectivement fait très peu pour nous), ce qui explique en partie qu’une libérale lui ait succédé malgré le gouvernement péquiste au pouvoir lors de sa démission.

H. Le Mont-Jacob est un bon endroit où aller pour avoir un point de vue d’ensemble de Jonquière, mais les photos ne rendent malheureusement pas justice à cela à cause des arbres. Vous pourrez cependant revoir des édifices dont il est question dans cette section! Sur le Mont, on retrouve également le Centre National d’Exposition et des dispositifs culturels, comme une salle de spectacle. Le tout est superbe en automne (j’espère pouvoir en obtenir une photo).

I. La passerelle en aluminium de la Rivière-aux-Sables est un ouvrage fort esthétique qui démontre les relations étroites de la région avec ce métal, tout comme le pont d’aluminium à Shipshaw. Elle est accessible aux piétons et cyclistes seulement et relie les deux réseaux piétonniers du Parc de la Rivière-aux-Sables, sur chaque rive. Cette passerelle est unique au monde.

J. Le Parc de la Rivière-aux-Sables est un très bel endroit que j’ai redécouvert en faisant mes photos. La longue promenade accessible aux cyclistes et aux piétons qui longe les berges de la rivière paisible est fort agréable à parcourir. Le parc compte des jeux pour enfant, un skate-park, un petit marché public, des fontaines et la Place Nikitoutagan (bâtiment blanc), où se tiennent diverses activités de danse ou des spectacles. C’est en dessous de l’un des ponts jetés sur la rivière que doit se trouver l’essentiel de la population de pigeons de Jonquière, qui demeurent du reste beaucoup plus rares qu’à Montréal… Le parc, sur la rive la plus visible sur la photo, est longé par de nombreuses petites auberges et des restaurants.

K. La Rivière-aux-Sables est une rivière calme et tranquille en apparence uniquement: elle génère aussi de l’électricité. Il existe à ma connaissance quatre digues et/ou barrages sur ce cours d’eau, mais mes informations sont fragmentaires. Le premier ouvrage est situé à la source de la rivière, au Lac Kénogami; je ne sais si c’est un barrage ou une digue. On retrouve ensuite les barrages Jonquière, Jonquière No-1 (sur la photo) et Bésy, sans que je puisse connaître leur ordre ou leur propriétaire. En effet, AbitibiBowater possède au moins un de ces trois barrages, et Hydro-Jonquière au moins un autre. J’ignore à qui le troisième appartient…

Hydro-Jonquière, qui exploite au moins la centrale Jonquière No-1, est une particularité de la ville. En effet, le secteur Jonquière est l’un des rares endroits de la province à ne pas être alimenté par Hydro-Québec.

L. L’Église St-Dominique domine le paysage de Ville de Jonquière. C’est la plus grande église de l’arrondissement et également l’une des plus belles. Il m’a hélas été impossible de la croquer de face, à cause de l’achalandage de la rue St-Dominique.

M. La rue St-Dominique est la rue du centre-ville de Jonquière. On y retrouve quelques espaces verts ainsi que nombre de petits commerces, de restaurants et de bars ou brasseries, comme la Voie Maltée, visible en bas à droite. Cet établissement héberge les Bars des Sciences tenus quatre fois l’an à Jonquière. C’est également sur cette rue que se situent l’Église St-Dominique et le terminus de Jonquière (autobus et train), ainsi que le cinéma Jonquière. La rue est communément nommée la “St-Do”.

N. Dans la portion nord-est du secteur Jonquière, ainsi qu’à l’est de Kénogami, les rues sont d’une largeur aussi hallucinante qu’inutile! Ces rues à deux voies de quartier pourraient aisément être des boulevards à quatre voies. Dire que dans certaines grandes villes, on manque d’espace…

Secteur Kénogami (Arrondissement Jonquière)

Kénogami est également une ville industrielle, née pour sa part de l’établissement d’une papetière de la Price Brothers and Company, dirigée par l’homme d’affaires sir William Price (petit-fils du William Price dont il est question dans La Baie). Selon les informations fragmentaires récoltées par mes soins, Kénogami est né de la séparation d’une partie de la ville de Jonquière en 1912, précisément à cause de l’établissement de l’usine. Le nom lui-même a été acheté pour la somme de 200$ par Price au village de Kénogami, nommée depuis ce jour Larouche. Le secteur vit toujours principalement des pâtes et papiers, d’une part avec l’usine Fjordcell, plus récente, et d’autre part avec l’ancienne usine Price, aujourd’hui sous le contrôle d’AbitibiBowater. Tout comme Arvida, cette ville a fusionné (de nouveau) avec Jonquière en 1975. Il s’agit surtout d’un secteur résidentiel et industriel.

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A. Pour revitaliser le centre-ville de Kénogami, qui connaît plusieurs difficultés, on y a installé il y a quelques années des fanions. Le centre-ville se concentre surtout autour de la rue Ste-Famille.

Au même endroit, j’ai pu croquer un panneau de la Société de Transport de Saguenay, STS, le service d’autobus de ville de la municipalité. Fait étrange, les horaires et numéros d’autobus n’y sont pas mentionnés, même si de l’espace y est réservé!

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B. Je ne suis pas certain à 100% de ce que j’avance ici, car les informations sont très fragmentaires, mais l’usine que vous voyez est à la fois une cartonnerie (groupe carton plat-Jonquière) et une usine de pâte kraft blanchie (Fjordcell). Elle appartient à Cascades. Toutefois, la production de Fjordcell est arrêtée pour une durée indéterminée depuis 2006 et je n’ai rien trouvé indiquant une réouverture.

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C. L’usine d’AbitibiBowater est une silhouette familière à Kénogami, puisque les premières installations sur ce site remontent à 1912 et ont justifié la création d’une ville séparée. Il s’agit d’une papetière classique qui, comme plusieurs autres usines du genre, vit dans l’incertitude depuis longtemps. Sa machinerie est âgée et de plus en plus obsolète, alors que le nombre d’employés y travaillant est en diminution constante depuis des années. Si la compagnie hésite à la fermer, c’est sans doute parce qu’elle risquerait de perdre ses installations hydro-électriques régionales.

Vous remarquerez que le nom sur la tourelle n’est pas le même que celui sur la bannière (qui n’est quant à elle-même pas peinturée!). Je dis parfois à la blague que c’est pour économiser la prochaine fois que l’entreprise changera de nom. En effet, la compagnie a une histoire plutôt mouvementée! À sa fondation en 1855, William Price la nomme ”William Price and Sons”. Plus tard, en 1889, ses trois fils la rebaptisent “Price Brothers and Company”. Elle fera faillite à deux reprises, une première fois en 1900, puis à nouveau en 1933, mais en continuant toujours d’exister! En 1974, elle fusionne à Abitibi Paper pour devenir “Abitibi-Price”. En 1997, elle fusionne à nouveau avec la compagnie Stone Consolidated, devenant “Abitibi-Consolidated” (communément appelée Abitibi Consol). Enfin, en 2007, elle fusionne une troisième fois avec Bowater, devenant finalement “AbitibiBowater”. Cela fait quand même quelques noms…

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D. Le Mont-Fortin est, avec le Mont Jacob, l’une des deux petites montagnes dominant l’arrondissement Jonquière. Depuis le sommet, on peut avoir une vue intéressante de Kénogami, ainsi que des installations de Shipshaw (plusieurs photos de ce secteur ont été prises depuis la montagne). Sur la seconde photo, vous pouvez voir le Mont Jacob.

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E. Le Mont-Fortin compte également un centre de ski, offrant l’avantage d’être directement dans la ville de Jonquière. Cette photo est tirée de la collection personnelle de ma mère.

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F. Dès 1912, les cadres anglophones de la Price Brothers travaillant à Kénogami se réunissent dans une petite chapelle anglicane nommée St. James the Apostle. En 1966, elle est rachetée par les Frères évangélistes, qui l’exploitent jusqu’en 1986. Ils expriment alors le désir de la démolir pour construire un nouveau bâtiment, mais un groupe de citoyens décide de sauver la chapelle. Elle est déménagée à quelques centaines de mètres de là, dans le Parc Ball. En 1988, on y ouvre le Centre d’Histoire Sir-William-Price qui retrace la contribution de la famille Price et de la compagnie dans la région. Cette photo provient également de la collection de ma mère.

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Secteur Shipshaw (Arrondissement Jonquière)

Le village de Shipshaw a été fondé en 1868 au nord de Jonquière, de l’autre côté du Saguenay. Son nom provient du montagnais “tchipcha”, qui signifie “caché l’eau” pour désigner un lac donc l’entrée où la décharge est dissimulée. Toutefois, Shipshaw n’est pas aux abords d’un lac, mais bien d’une rivière, d’où les installations hydroélectriques sur le Saguenay qui constituent l’essentiel de mes photos ici. On y retrouve en effet des turbines de Rio Tinto-Alcan (Chute-À-Caron et la centrale Shipshaw). Il est à noter que ces centrales sont parmi les dernières privées au Québec, et ont échappé à la nationalisation grâce à certaines ententes avec le gouvernement dans les années 1960. Outre cela, Shipshaw demeure un secteur principalement agricole, ce que le village était d’ailleurs à l’origine.

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A. Le pont d’aluminium d’Arvida est l’une des icônes de la région. L’aluminium étant un métal relativement mou, il est rare de le retrouver comme matériau principal d’infrastructures importantes. Cependant, il est résistant à toute oxydation et a donc une durée de vie extrêmement prolongée. Ce pont achevé en 1950 demeure le seul de son genre dans le monde, ce qui explique qu’il soit reconnu comme lieu national de génie civil. À l’origine, deux globes terrestres d’aluminium ornaient l’entrée de celui-ci, mais ils ont été plus tard dérobés. On ne les a jamais retrouvés. Le pont fait la jonction entre la presqu’île créée par les barrages et Arvida. Sur la seconde photo, vous pouvez déjà voir la centrale de Shipshaw, dont il est question en D.

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B. En contrebas des barrages, le Saguenay a diminué de beaucoup par rapport à son niveau initial. Le roc a donc été mis à nu et offre un paysage particulier. La rivière redevient profonde au fur et à mesure que l’on approche de Chicoutimi. À l’arrière, on peut apercevoir les installations d’AbitibiBowater, à Kénogami.

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C. Le barrage de Chute-à-Caron a été mis en service en 1931 et possède une puissance installée de 224 MW. Sa disposition permet au passant de bien apprécier la différence de niveau d’eau entre le réservoir et le Saguenay après le turbinage. Lors du déluge de 1996, certaines rumeurs voulaient que l’eau menace de passer par-dessus les hautes digues et fasse monter brusquement et dramatiquement le niveau du Saguenay aux abords d’Arvida. Ce risque n’a toutefois jamais existé, car Alcan a alors géré les niveaux d’eau de manière très responsable.

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D. L’autre barrage de Shipshaw porte le même nom que la ville. Terminée en 1943, cette centrale, qui était lors de sa construction la plus puissante du monde, a une capacité de 896 MW. Elle a joué un rôle clef dans l’augmentation de la production d’aluminium nécessaire à la guerre et à la reconstruction. Vous remarquerez que l’arrière du barrage n’est pas un réservoir, mais une falaise: c’est que des conduites souterraines de près de 2,5 km conduisent l’eau du réservoir situé plus haut vers les turbines de la centrale Shipshaw. La petite pointe située entre le D et le A est un parc, pas très grand, mais donnant une vue intéressante sur la centrale et le Saguenay (je n’ai malheureusement pas pu m’y rendre le jour des photos).

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E. Le village de Shipshaw, comme je l’ai déjà mentionné, est principalement agricole. On le voit ici depuis le Mont-Fortin (voir Kénogami). À l’arrière, on peut observer la silhouette des Monts-Valin qui meublent l’horizon nord de toute la Ville de Saguenay.

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Chicoutimi (Arrondissement Chicoutimi)

Chicoutimi est aussi un nom montagnais, provenant de “Chekoutimi” qui signifie “jusqu’où c’est profond”. En effet, la rivière Saguenay est assez profonde à partir de cette ville jusqu’au fleuve St-Laurent, et beaucoup moins plus en amont (nonobstant bien sûr la hausse des eaux provoquée par les barrages). Le secteur est occupé dès 1671 par un poste de traite de fourrures; il est idéal comme point de jonction entre des zones de portage et une zone navigable. Outre le Saguenay, on y retrouve la rivière Chicoutimi, la Rivière-du-Moulin et la Rivière-aux-Rats. Au fur et à mesure que le poste se développe, accueille des missionnaires et entre en relation avec les Amérindiens du Lac Kénogami, il parvient à produire plus de pelleterie que l’ensemble des autres postes de traite du Canada réunis vers 1684. Le poste vivra ensuite des hauts et des bas jusqu’à la fin du régime français; sa situation ne change pas beaucoup après la Conquête, mais la colonisation de la région est impossible puisqu’elle est possédée par la Compagnie de la Baie d’Hudson. En 1842, quand le bail expire, le métis Peter McLeod arrive à Chicoutimi pour y fonder une scierie et la ville elle-même. En 1896, la Compagnie de pulpe de Chicoutimi est fondée et la pulperie (voir plus bas) est achevée en 1898. L’économie de la ville en dépendra jusque dans les années 1930, où elle se réoriente vers le commerce et l’administration. En 1930, Chicoutimi devient une cité. La fusion avec Chicoutimi-Nord et Rivière-du-Moulin a lieu en 1976. Aujourd’hui, le secteur est principalement commercial.

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A. Antonio Talbot, Ministre de la Voirie entre 1944 et 1960 et député de Chicoutimi de façon ininterrompue entre 1938 et 1965, a annoncé la construction de la route 175 entre Québec et Chicoutimi dès l’obtention de son ministère. À partir de ce moment, cette route fut surnommée Boulevard Talbot, ce qui devint plus tard son nom officiel. Outre sa fonction de lien routier en le Saguenay et la capitale nationale, le boulevard est également une importante artère commerciale pour Chicoutimi, bordée de centres commerciaux, de petits commerces et d’hôtels. C’est également, avec le pont Dubuc, l’une des infrastructures routières les plus achalandées du Saguenay-Lac-St-Jean (lors de la prise des photos, elle était très tranquille, en revanche; heureusement, car je mitraillais à bord de la voiture!). Vous remarquerez sur les photos l’hôtel Le Montagnais, lieu de résidence par excellence pour les touristes à Chicoutimi pouvant également accueillir congrès, conférences et réceptions. Il y a également une image de Place Saguenay, le premier centre commercial de la ville, et je n’ai malheureusement pas pu en prendre de Place du Royaume, le plus grand et fréquenté centre commercial de Chicoutimi. Nonobstant les nombreux poteaux obstruant la vue, le Boulevard Talbot offre un portrait intéressant des Monts-Valin.

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B. L’Université du Québec à Chicoutimi, UQAC, est l’université régionale du Saguenay-Lac-St-Jean, fondée en 1969, et la troisième plus grande du réseau des Universités du Québec. On y enseigne une grande variété de matières: arts et lettres, sciences fondamentales, génie et sciences appliquées, informatique et mathématiques, économie et administration, éducation et psychologie et sciences humaines. L’université regroupe aussi des chaires de recherche orientées vers les matériaux, l’environnement (on y donne notamment une formation en éco-conseil, un programme dispensé à seulement trois endroits dans le monde, sous l’impulsion du bien connu Claude Villeneuve), la génétique, les produits naturels et les sciences sociales.

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C. L’UQAC compte quelques centres de recherche, dont le récent Centre des Technologies de l’Aluminium. Celui-ci occupe une place importante au sein des activités industrielles et scientifiques reliées à l’aluminium au Saguenay. La visite n’en est pas libre, mais j’ai néanmoins pu visiter ce superbe bâtiment lors d’un projet scientifique.

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D. Le football gagne en popularité partout et le Saguenay ne fait pas exception. Il n’y a pas moins de trois terrains de football synthétiques dans la ville, situés au Cégep de Jonquière, dans le parc St-Jacques à Arvida et près de l’UQAC à Chicoutimi. Les parties de l’équipe locale sont très populaires. Vous pouvez également voir, à l’arrière, le Pavillon de la recherche forestière, un secteur très important pour la région. On y étudie par exemple les meilleures méthodes pour faire grandir les pousses servant à la reforestation dans les serres à droite.

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E. La région dispose depuis peu d’une faculté de médecine. Celle-ci est attenante à l’UQAC (on y accède par une passerelle) mais relève de l’Université de Sherbrooke. Une telle infrastructure est très importante pour la région, qui connaît comme bien d’autres une pénurie de médecins. En les formant chez nous, il y a plus de chances qu’ils décident de rester au Saguenay-Lac-St-Jean par la suite.

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F. Le Cégep de Chicoutimi est lui aussi né en 1967, étant même le premier établissement à recevoir ses papiers officialisant la transition. Il occupe entre autres les anciens bâtiments du Séminaire de Chicoutimi, ce qui avec sa vue sur la ville lui confère un cachet bien particulier. On y dispense, outre les cours préuniversitaires réguliers, des techniques biologiques (hygiène dentaire ou inhalothérapie, par exemple), des techniques de génie, des cours de pilotage, une formation en architecture ou en aménagement forestier, ainsi que des programmes d’informatique et d’administration. Il comptait en 2007-2008 près de 2500 étudiants. On retrouve en outre au Cégep l’Auditorium Dufour, une salle de spectacle renommée.

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G. L’hôpital de Chicoutimi est le plus gros de la région. Il compte 430 lits et offre une large palette de services: psychiatrie, spécialités médicales (comme la cardiologie ou la pneumologie), services d’anesthésie, chirurgies, laboratoires d’analyse et d’imagerie médicale, médecine d’urgence et radio-oncologie. L’administration est également responsable d’autres structures comme le Pavillon Roland-Saucier, un institut psychiatrique. Depuis le stationnement inférieur (toujours vide, je crois que l’accès n’y est pas possible au moment d’écrire ces lignes), on peut voir le Saguenay couler paisiblement vers son fjord avec les Monts-Valin en toile de fond.

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H. La cathédrale St-François-Xavier de Chicoutimi est le siège du diocèse. Elle date de 1922, ayant remplacé les deux lieux de culte précédent ayant brûlé en 1912 et 1919. Sa silhouette majestueuse domine le paysage de Chicoutimi vu depuis Chicoutimi-Nord (que l’on voit en partie sur la seconde image), mais j’ai dû prendre ma photo depuis le Cégep de Chicoutimi alors que la cathédrale subissait des réparations. La troisième photo est une vue de face plus ancienne provenant de la collection de ma mère.

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I. Le Conservatoire de musique de Saguenay a été installé dans la région en 1967. Jusqu’en 1991, il occupait l’ancienne résidence des soeurs Antoniennes (devenue aujourd’hui une école de ballet), pour ensuite déménager dans l’ancien palais de justice de la ville, lui donnant son allure actuelle. Cela explique pourquoi le Conservatoire, que j’ai fréquenté, se situe juste à côté de la prison… Il accueille en moyenne 80 à 90 étudiants par an.

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J. Chicoutimi est loin d’être une ville plate, au sens littéral! Construite dans des collines bordant le Saguenay, elle compte plusieurs côtes prononcées qui deviennent bien périlleuses en hiver. En voici deux, de part et d’autre du Conservatoire, mais il y en a encore d’autres et des bien pires. Bien entendu, les photos ne peuvent pas rendre compte complètement de cette réalité.

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K. L’Hôtel de Ville de Chicoutimi est placé le long de la rue Racine, au niveau le plus bas de la ville. Entouré d’un bel aménagement paysager, le bâtiment date de 1932, ayant succédé au premier construit en 1902. Il dispose notamment d’un carillon musical qui résonne dans la zone du vieux port.

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L. La bibliothèque municipale est un grand édifice avec fontaine intérieure. C’est également un endroit où se tiennent de nombreuses activités culturelles, comme des clubs de lecture, des cercles d’échec, etc. Elle est située face à l’Hôtel de Ville et près du terminus d’autobus.

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M. La rue Racine est bordée de restaurants et de boutiques ainsi que de nombreux arbres. Elle a un rôle équivalent à celui de la rue St-Dominique de Jonquière pour Chicoutimi.

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N. Comme son nom montagnais l’indiquait, Chicoutimi a été construite à un endroit où le Saguenay était encore navigable pour des bateaux plus imposants. Une large bande de la rive chicoutimienne a été bétonnée en ligne droite et remblayée pour accueillir les installations d’un port, utilisé à la fois pour le transport de marchandises et de passagers (il existait un traversier entre les deux rives), ainsi que de carburants fossiles jusque dans les années 1980. En 1992, le site était transformé en jardin et parc urbain. C’est aujourd’hui un lieu de culture et de détente d’une grande beauté, ayant remporté à de nombreuses reprises le premier prix du concours Villes et villages fleuris du Québec.

Le vieux hangar a été repeint. À l’intérieur, on peut retrouver des restaurants ainsi que de nombreuses activités périodiques et festivals tout au long de la saison chaude. En été, on érige juste à côté, sur une grande place pavée avec gradins, la “Grande scène Quebecor”, où sont produits de nombreux spectacles et festivals. Le long de la rivière, un vaste trottoir de bois permet aux piétons de déambuler en ayant une vue imprenable sur le Saguenay, alors qu’une piste cyclable parallèle un peu plus loin permet de se rendre jusqu’à Jonquière (et plus loin encore) à vélo. Face au vieux hangar, une magnifique fontaine montrant des bélugas et des baleines vient rehausser le paysage. Ce n’est pas tout: le Vieux-Port compte également les Halles, un marché estival où des agriculteurs de la région viennent vendre leurs produits (fruits et légumes, pâtisseries, pains, produits de l’érable, bleuets…). Une horloge érigée pour le 150e anniversaire de Chicoutimi (en 1992 également) domine ce secteur. Plus loin sur la promenade, le visiteur pourra admirer un étang à poissons et un agréable jardin, ainsi qu’un parc pour enfants et un “skate park”. Le trottoir se prolonge à l’est jusqu’à la fontaine géante, qui ressemble à un geyser de plusieurs dizaines de mètres de haut au milieu d’une petite baie dans le Saguenay. Enfin, à l’extrémité ouest du parc, une marina existe toujours (on la voit avec la cathédrale en arrière-plan). On peut également embarquer à bord de La Marjolaine, un bateau d’environ 400 passagers faisant de petites croisières dans le Saguenay. Les trois dernières photos sont une gracieuseté de ma mère.

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O. Du Vieux-Port, on peut bien voir les deux ponts de Chicoutimi. Le premier, qui est également le plus esthétique, est le pont de Ste-Anne (prononcer Ste-Âne). Ce fut la première structure jetée sur le Saguenay, ouverte en 1933 au coût de 1,2 million de dollars. Elle était nécessaire suite à la construction récente de barrages sur le Saguenay, qui modifiaient le débit de la rivière et allongeaient la période d’isolement de St-Anne-de-Chicoutimi (Chicoutimi-Nord). Ce secteur n’était en effet accessible que par traversier en été et à pied sur la glace en hiver: les changements dans l’eau retardaient la prise de la glace et accéléraient la fonte. Le pont de Ste-Anne était une structure très moderne pour son époque. Il possédait en effet une large portion de travée tournante pouvant permettre le passage aux bateaux, la plus grande en Amérique du Nord. Celle-ci ne fut toutefois pas beaucoup utilisée. Le pont a été fermé à la circulation en 1972 et est depuis réservé aux cyclistes et aux piétons. Il a été remplacé par le pont Dubuc, une structure de béton soutenue par des piliers, que l’on peut apercevoir à l’arrière. C’est là que l’ensemble des automobiles voulant traverser le Saguenay passe, ce qui n’est pas sans causer de temps à autre des bouchons de circulation… Lors de la fête du Canada, le 1er juillet, le pont de St-Anne sert de base de lancement à des feux d’artifice très courus (collection de ma mère).

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P. La rivière Chicoutimi coule à l’ouest de l’arrondissement du même nom. Elle fut au centre du développement de la ville (voir la vieille pulperie). C’est, au même titre que la Rivière-aux-Sables, un cours d’eau servant à la production hydro-électrique, comptant pas moins de quatre centrales et six barrages. Deux de ces centrales sont désormais propriété de Ville Saguenay, à ma connaissance; celle sur la photo appartient toutefois à AbitibiBowater (sauf erreur) et a une puissance de 8,2 MW. Ce qui est particulier, c’est que cette centrale et son barrage sont situés en plein quartier résidentiel!

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Q. L’histoire de ce barrage est intimement liée à celle du déluge de 1996. Qui n’a jamais entendu parler de la petite maison blanche de Chicoutimi? Comme je l’ai mentionné plus tôt, cette digue était située tout près d’un quartier. Vous pouvez voir, sur la première photo, une partie de la digue; le stationnement était auparavant occupé par des résidences. En 1996, une mauvaise gestion des niveaux d’eau dans les différents barrages du Lac Kénogami et de la rivière Chicoutimi crée une forte crue dans cette digue: l’eau passe par-dessus (voir les détails sur Wikipédia, incluant une excellente photo). L’essentiel du petit quartier du Bassin a été emporté par les flots, à l’exception de quelques bâtiments, dont la fameuse petite maison blanche (plus célèbre que les autres, car bien mieux située) et l’église. Pour commémorer ces événements, un parc a été aménagé autour de ce site. Des chutes d’eau ont été lancées autour de la maison. Quant aux autres bâtiments restants, ils ont été transformés en commerces, car la zone est considérée comme inondable et donc inhabitable.

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R. La vieille pulperie est la raison d’être de Chicoutimi. À l’origine, c’est cette industrie, qui utilisait le courant de la rivière Chicoutimi pour transformer le bois en pulpe à papier dès 1896, qui a constitué le moteur de la ville. La Compagnie de Pulpe de Chicoutimi cesse définitivement ses activités en 1930. Dans les années 1970, on a sauvé le site de la démolition en le convertissant en lieu culturel et artistique. Malheureusement, le déluge de 1996 multiplie par 11 le débit de la rivière et détruit une bonne partie des installations, même si elle met en même temps à nu un édifice qui avait disparu en nettoyant le roc. À partir de 2002, des importants travaux ont permis de réparer le site, qui accueille désormais le Musée du Saguenay comportant notamment des oeuvres du célèbre peintre Arthur Villeneuve et sa maison, entièrement peinte. Il ne reste hélas aucun vestige des installations de la Pulperie en dehors des bâtiments.

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S. À défaut d’avoir pu me rendre à Chicoutimi-Nord pour avoir le point de vue le plus avantageux sur Chicoutimi, voici une photo de la ville prise depuis les environs du Pont Dubuc (la lettre indique le point de prise de la photo). La seconde vous montre les falaises de la rive nord du Saguenay qui bordent une grande portion de celui-ci entre Shipshaw et Chicoutimi-Nord.

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La Baie (Arrondissement La Baie) / Laterrière (Arrondissement Chicoutimi)

La ville de La Baie est née en 1976 de la fusion de Grande-Baie, Bagotville et Port-Alfred, elles-mêmes d’abord paroisses puis municipalités en 1928. La ville porte très bien son nom, puisqu’elle borde la Baie des Ha! Ha! située sur le Saguenay. La largeur et la profondeur de cette baie en ont fait un lieu propice pour établir un port industriel très important pour la ville. Un quai pour bateaux de croisière y est également en construction depuis plusieurs mois (en 2008 ) et ceux-ci accostent déjà à La Baie régulièrement. La première ville fondée est Grande-Baie. Elle est établie en 1838 par des colons de La Malbaie, dans la région de Charlevoix, qui y sont venus établir des scieries. On connaît mieux ce groupe sous le nom de la Société des Vingt-et-un (la graphie est telle quelle), premiers colons officiels de la région grâce à une entente avec la Compagnie de la Baie d’Hudson et le gouvernement (en fait, à l’origine, ils n’étaient autorisés qu’à l’exploitation forestière; ils s’installèrent néanmoins illégalement de façon permanente à leur arrivée). En 1843, l’homme d’affaires William Price rachète leurs scieries et obtient ainsi le monopole de la production de bois dans la région. Bagotville est également fondée en 1838 par le colon Mars Simard, qui laissera son nom à la Rivière-à-Mars (il en sera question dans les photos). Quant à Port-Alfred, la municipalité naît en 1918 par fractionnement de Grande-Baie, après l’établissement d’une usine de pâtes chimiques par la compagnie Abitibi Consolidated. L’arrondissement de La Baie vit du tourisme, du commerce local et de la production d’aluminium (le port de La Baie est utilisé pour les arrivages de bauxite). Jusqu’à récemment, on y retrouvait aussi une importante activité dans les pâtes et papiers; toutefois, la compagnie Abitibi-Consolidated a mis fin à ses activités de façon temporaire en 2003 et définitivement en 2005.

De son côté, Laterrière est un village agricole et forestier occupé depuis environ 1845. Un moulin à scie en bois est construit le long de la rivière locale, désormais nommée Rivière-du-Moulin. En fait, le village est créé au départ pour résister au monopole de William Price sur les activités forestières. On y pratiquera de la coupe forestière et du flottage de bois pendant très longtemps, et les activités durent toujours aujourd’hui. On retrouve également dans ce secteur l’usine Laterrière, une aluminerie construite en 1989.


15 Réponses vers “Ville Saguenay en photos”


  1. 29 août 2008 à 12:35

    J’A-DO-RE! Les photos que tu as mises en ligne parlent beaucoup sur ton coin! Je trouve particulièremement impressionnantes les photos des industries de ton secteur, c’est pour le moins massif, et c’est ça crève l’écran! Bref, beau travail!

  2. 2 Jérôme Simard
    27 décembre 2008 à 03:48

    Tu as oublié de mettre la photo du pont entre St-Jean-Eudes et Chicoutimi-Nord. C’est bien dommage.

  3. 27 décembre 2008 à 13:05

    Ça viendra bien un jour, n’en déplaise aux sceptiques.

  4. 28 janvier 2009 à 19:14

    j’ai passé un moment agreable,trés belles photos avec des textes bien expliqués. c’est des paysages magnifiques je ne connais pas le canada mais ca me donne envie de visiter. felicitation trés reussit

  5. 28 janvier 2009 à 19:16

    Merci des compliments! Le Saguenay-Lac-St-Jean regorge de paysages. Quelques-uns sont visibles sur cette section, mais il y a beaucoup plus à voir: le fjord du Saguenay, les berges du Lac-St-Jean, les montagnes de la réserve faunique des Laurentides en hiver, les pentes de ski dans les monts Valins, les nombreuses rivières, etc.

    J’espère que vous viendrez visiter le Québec et le Canada un jour ;) .

  6. 6 Louis
    20 février 2009 à 22:18

    Les rues qui devait écrire Arvida = légende urbaine… à moins que t’aies une source fiable pour me convaincre.

  7. 20 février 2009 à 22:27

    Ce n’est pas impossible. Je n’ai jamais vu de document précis attestant la nature de ces rues; je le mentionnerai donc sur la page. Toutefois, je me demande tout de même pourquoi les rues sont disposées de si étrange façon…

    Une vue aérienne d’Arvida à ses débuts: http://pages.videotron.com/doyen/image-0113.jpg

  8. 6 mai 2009 à 18:15

    Commentaire supprimé [Les auteurs de ce blogue ne désirent pas qu'il soit utilisé pour faire de la publicité d'événements via les commentaires, surtout s'il n'y a pas de lien avec le sujet traité. Merci.]

  9. 9 IMEN de Tunisie
    10 juillet 2009 à 17:53

    merci pour les informations
    votre région me plais
    et jolie photo
    pour CHOCOUTIMI
    Amitie
    imen

  10. 10 Christian, St-Hyacinthe PQ
    26 juillet 2009 à 23:55

    Beau travail, intéressant à parcourir, merci!

  11. 11 Jean-Claude
    30 juillet 2009 à 02:30

    Un site complet (de plus en plus !)

    qui fait revivre à ceux qui ont vécu dans ce beau berceau qu’est le Saguenay de beaux souvenirs.

    Qui aussi fait revoir avec des yeux différents, à ceux qui l’ont quitté depuis longtemps

    que le Saguenay n’est pas une ville “plate.”

    N’est-il pas le berceau du Groupe Sanguin?

    Je vis à St-Hyacinthe depuis quelques années. Allez donc savoir !

    André Sauvé nous dirait : C’est pas grave si on comprend pas toute.

    Quoi qu’il en soit, si j’ouvrais mon objectif sur cette belle région, et que j’ouvrais,

    moi aussi un blog photo, peut-être ferais-je redécouvrir la Montérégie à ceux qui ne la

    voient plus ? Merci infiniment pour ce blog, preuve que l’informatique est encore utile.

  12. 12 Cavour
    3 août 2009 à 00:26

    On ne peut agrandir toutes vos photos !

    Pouvez-vous svp remédier à ce problème

    Merci

  13. 3 août 2009 à 01:59

    @ Cavour: Malheureusement, je pense que ça m’est impossible à cause d’un format différent de photos. Il s’est écoulé un certain temps entre l’ajout de mes premières photos et les suivantes; je ne saurais même plus comment faire pour qu’on puisse les agrandir.

    Si vous avez un indice, faites-m’en part et je verrai ce que je peux faire. Désolé!

  14. 14 Anonime
    23 septembre 2009 à 03:09

    Je ne vis plus à Chicoutimi depuis quelques mois. Après quitter cette belle ville, j’ai découvert la grande importance qu’elle a pour moi. Un jour je reviendrai… Je m’ennuie trop de tout.

    Le fils adopté


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