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28
mai
09

Après l’ADQ…?

PAR ALEXIS ST-GELAIS

Le dernier sondage CROP laisse songeur: malgré une course à la direction, dont on n’entend d’ailleurs pas encore beaucoup parler notamment au plan des idées des candidats, l’avenir demeure très sombre pour l’ADQ.

PQ: 38%
PLQ: 37%
ADQ: 9%
PVQ: 8%
QS: 7%
Satisfaction à l’endroit du gouvernement: 48%

Si l’on se fie à ces résultats, l’ADQ est reléguée au rang de tiers parti. Le Parti vert serait aussi légitimé qu’elle d’obtenir un ou quelques sièges à l’Assemblée Nationale. CROP souligne également que les électeurs les plus optimistes face à la survie l’ADQ sont les adéquistes eux-mêmes et les gens de la région de Québec. Le parti dirigé pendant si longtemps par Mario Dumont court le risque de devenir une formation politique régionale.

La question se pose donc: après l’ADQ, qu’arrivera-t-il?

J’ai déjà exposé sur la blogosphère mon observation selon laquelle, au Québec, il semble s’effectuer un changement structurel dans le système des partis tous les 35 à 40 ans environ. Les libéraux ont d’abord succédé aux conservateurs, puis ceux-ci ont été remplacés par l’Union nationale. Graduellement, à partir de 1967, cette dernière a été anéantie par le Parti québécois. Maintenant, plus de 40 ans après ces événements, l’ADQ est passée bien près d’être la nouvelle force politique à s’imposer au Québec, mais on dirait qu’elle a échoué.

Il n’en demeure pas moins que la population en général semble exiger un changement de paradygme. Une autre de mes théoriques, c’est qu’une bonne partie des électeurs ayant choisi l’ADQ en 2007, à la recherche d’une troisième voie, ont tout simplement décidé de rester chez eux en 2008, ce qui expliquerait le très faible taux de participation électorale. Bref, ils protestent à leur manière et cherchent une nouvelle avenue politique.

On ne peut même plus affirmer que l’ADQ a toujours des chances d’offrir, au bout du compte, cette troisième voie dont l’histoire québécoise me pousse à prédire la venue. Si elle survit sous la gouverne d’un nouveau chef, c’est que sa philosophie aura été complètement révisée et sa structure refaite à neuf. Il s’agirait en quelque sorte d’une ADQ 2.0 dont la forme, indéterminée pour le moment, laisse le champ libre aux spéculations. Si l’ADQ ne triomphe pas, quelqu’un d’autre pourrait fort bien le faire, à la faveur de la lassitude des électeurs face à la lutte PLQ/PQ.

Tout cela m’amène à faire appel à vous, qui ne dédaignez pas parfois vous lancer dans la futurologie politique. Croyez-vous en cette théorie du renouvellement politique imminent? Si oui, qui est susceptible de jouer le rôle de catalyseur? Qui disparaîtra alors (car la théorie suppose également à terme la mort d’un des deux principaux partis)?

25
fév
09

Sur les ondes

PAR ALEXIS ST-GELAIS

La Presse dévoilait ce matin son plus récent scoop: selon ses informations, Mario Dumont tirerait sa révérence de la politique active pour aller la commenter, à l’instar de Marie Grégoire, sur les ondes. Il se serait vu offrir une émission d’affaires publiques sur le réseau TQS.

Fort bien! Le roi de la clip n’aura pas tout perdu et pourra encore déverser sa bile sur le gouvernement, un petit jeu auquel il a toujours été très fort. Ce sera aussi un gros coup pour TQS, qui a bien besoin d’une figure connue pour enfin avoir espoir de percer à nouveau. Soyons bons joueurs et souhaitons à M. Dumont de se plaire dans son nouvel emploi.

Ce qui m’intéresse un peu plus dans cette nouvelle, c’est que l’émission sera produite par La Presse Télé. Premier sourcillement: j’ignorais que La Presse s’affairait aussi dans le monde du petit écran. Bien sûr, tout cela appartient à Power Corp./Gesca… Une autre belle preuve que nous devrions nous hâter de légiférer pour déconcentrer nos médias et cloisonner une fois pour toute la télé, le journalisme écrit et la radio.

Deuxième sourcillement: La Presse obtient un scoop touchant à La Presse Télé… Quelle coïncidence! Dans de telles conditions, je ne serais pas surpris qu’il s’agisse d’un coulage contrôlé, sinon planifié de l’information (La Presse faisait durer le suspense depuis quelques jours, alors qu’elle était probablement déjà au fait de ce qui attendait Mario Dumont) pour faire mousser une émission sur laquelle La Presse Télé doit beaucoup compter par le biais d’un “scoop”. Cela justifie bien les premières pages, après tout! Toute l’affaire me semble discutable.

Dans un autre ordre d’idées, suis-je le seul à trouver que jusqu’à présent, la course à la chefferie de l’ADQ est le non-événement politique le plus brûlant de l’année? Cela fait déjà un bon moment que l’on en parle et pourtant rien d’excitant n’est encore venu pimenter le dossier. On pourrait pourtant s’attendre à ce que l’ADQ veuille faire de cette première course à la chefferie un prétexte pour obtenir de la visibilité médiatique. Jusqu’à présent, on suit avec trépidation (notez l’ironie) les réunions du comité adéquiste chargé de déterminer les modalités du scrutin et les timides déclarations (le plus souvent creuses) de la députation du parti. Jusqu’à présent, je m’ennuie ferme. Quand la course démarrera pour de vrai, il y a des chances pour que les citoyens s’en soient déjà lassés. Il faut éviter de trop étirer la sauce en politique…

Peut-être que ce commentaire d’un analyste hier au sujet de l’ADQ est fondé: tout comme les partis municipaux construits autour d’un seul homme, “L’Équipe Mario Dumont” pourrait bien ne pas survivre au départ de son titan…

10
déc
08

Les clefs de la marginalité

Un nom: Stéphane Gendron.

C’est le nom que les adéquistes devront choisir s’ils veulent compléter les efforts de leur formation politique et tourner définitivement la page sur leur aventure. C’est la voie qu’ils doivent emprunter s’ils veulent aller se perdre dans l’immensité de la forêt boréale, loin, très loin des électeurs, sans carte ni boussole pour rebrousser chemin. Ce sont les clefs qui ouvriront la porte du tombeau de l’ADQ.

Le maire d’une petite ville de 2600 âmes, quelque part en Montérégie, est malgré la modestie de son mandat connu partout au Québec grâce à ses positions.

À première vue, quelle aubaine pour un parti qui a perdu son chef, le phare qui illuminait la brume de “l’équipe Mario Dumont”! La figure emblématique partie, il y a fort à parier pour que bien des adéquistes cherchent désespérément un autre nom connu qui saurait attirer l’attention des électeurs. Stéphane Gendron répond à ce profil plus que tout autre adversaire qui désirerait s’y opposer, à moins qu’une autre vedette extérieure au parti ne se manifeste. Ce serait surprenant, d’autant plus que le maire d’Huntingdon plaçait ses pions depuis déjà plusieurs jours. On le sentait venir.

Oui, Stéphane Gendron pourrait donner une belle visibilité à l’ADQ. Les gens aiment maintenant la politique qui détonne avec la tradition. Ils veulent voir Mario Dumont à Dieu Merci!. Ils adoreraient voir à la tête d’un parti un homme qui a déjà mis le feu à un avis de comparution judiciaire en plein plateau de télévision et qui adopte des positions controversées. Mesdames, messieurs, quel spectacle! Encore, encore! Les cotes d’écoutes monteraient en flèche à chaque déclaration publique incendiaire (c’est le moins qu’on puisse dire), d’autant plus que le bonhomme sait s’exprimer. TVA et le Journal de Montréal pourraient faire leurs choux gras de Stéphane Gendron.

Mais il y a un mais. Quand l’électeur sera seul dans l’isoloir, face à son bulletin de vote, quand l’électeur se dira que celui pour qui il vote devra ensuite gérer les affaires publiques du Québec, quand l’électeur repensera à tout ce que M. Gendron aura dit ou fait, il mettra son X à côté d’un autre candidat que celui de l’ADQ. M. Gendron sera lui-même probablement élu, sans doute. Mais l’ADQ, elle, perdra le peu de crédibilité qui lui reste. Une “exposure” fantastique; des élections désastreuses.

 Les positions de Stéphane Gendron sont passablement radicales. Celles de Mario Dumont l’étaient également parfois, mais il avait au moins le mérite d’être capable de les vendre aux sceptiques et aux indécis, de ne pas toucher que la frange radicale et marginale de l’électorat qui se repaissait des idées les plus à droite de l’ADQ. Si Stéphane Gendron propose des mesures comme l’abolition des commissions scolaires, la fin des libérations conditionnelles, le vouvoiement obligatoire dans les écoles et autres, il obtiendra certes l’appui de ces radicaux. Monsieur et madame tout-le-monde, par contre, se méfieront probablement de ces mesures tranchées et ne s’abreuvant pas aux sources de la nuance.

Une traversée du désert s’annonce pour l’ADQ. La question est maintenant de savoir si les militants de ce parti sauront trouver le leader qu’il leur faut pour en sortir, ou s’ils se rangeront derrière quelqu’un qui les laissera mourir de soif malgré ses belles paroles. Conseil d’ami, faites le bon choix…

Du reste, finissons-en au plus vite et allons enterrer l’ADQ au “cimetière des troisièmes voies”.

09
déc
08

Bilan de campagne

PAR ALEXIS ST-GELAIS

Les résultats d’hier soir sont légèrement plus suprenants que je ne l’aurais pensé. Il y a une tonne de choses à dire, aussi je tenterai de ne pas trop m’étendre sur chacune d’entre elles, quitte à le faire si jamais vous m’interpellez sur le sujet dans les commentaires.

Cela vous surprendra peut-être, mais je veux tout d’abord féliciter Amir Khadir, le premier élu de Québec Solidaire. Ce parti méritait d’entrer à l’Assemblée Nationale et je crois que cet homme était le mieux placé pour accomplir cette tâche. Je souhaite deux choses à ce parti: d’abord, que le Parti Québécois cesse de lui mettre des bâtons dans les roues à tout prix, par exemple en court-circuitant leurs candidats les mieux placés (comme dans Jonquière); ensuite, que Françoise David comprenne le message et laisse plus de place à son co porte-parole, qui à ce stade devrait devenir carrément le seul chef.

Je veux également saluer Mario Dumont, qui a enfin laissé de côté ses ambitions personnelles et sa démagogie pour prendre une décision que je croyais pour ma part nécessaire (et qui ne me surprend pas vraiment), à savoir quitter la direction de l’ADQ. Agir autrement aurait signé l’arrêt de mort de cette formation politique, qui est étrangement déjà “vieille” et a besoin d’un second souffle que Mario Dumont ne pouvait plus lui donner. Reste à voir quel sera le nouveau visage de l’ADQ: cela pourrait être pire qu’avant, d’autant plus que la formation est tombée dans le gouffre hier soir. Des leçons à tirer?

Le PQ aura beau clamer qu’il a obtenu une victoire, il n’en demeure pas moins qu’il est toujours un parti d’opposition et qu’il a été incapable de battre les libéraux pour la troisième fois consécutive. Autrement dit, la population a dit oui à un gouvernement majoritaire et à l’économie, et non à un nouveau référendum. Le grand vainqueur de la soirée est Jean Charest, qui vient de passer à l’histoire en obtenant un troisième mandat de suite, exploit inédit dans le Québec moderne. La résilience exceptionnelle de l’homme est donc confirmée.

Du côté du Saguenay-Lac-St-Jean, j’offre mes plus sincères félicitations à Serge Simard et à son équipe, qui ont réussi à arracher Dubuc aux péquistes. Grâce à lui, notre région ne sera pas complètement isolée du pouvoir et pourra espérer mieux s’en tirer face à la crise économique que si elle s’était cantonnée dans l’opposition. À Jonquière, la population en aura décidée autrement, le faible taux de participation et les élections hâtives ayant nettement désavantagé les libéraux (c’est l’effet contraire de ce qui se passe dans le reste de la province). Sylvain Gaudreault est vainqueur, mais plusieurs de ses gestes de la campagne m’ont déçu et augmenté mon cynisme. Le député péquiste dont j’ai le plus apprécié le style est Alexandre Cloutier, réélu avec une écrasante majorité dans Lac-St-Jean.

Pour les libéraux de Jonquière, la défaite n’a pas semblée trop amère. Martine Girard a accepté le verdict populaire avec classe et sans remords, ce qui est tout à son honneur. Il y aura bien entendu un post-mortem à réaliser à l’interne, mais tout ceci peut attendre: les fêtes sont à nos portes.

Le faible taux de participation, enfin, me laisse songeur. Je m’attendais à pire que d’habitude, autour de 65% environ, mais le chiffre final (56%) doit très sérieusement faire réfléchir notre classe politique. Les mauvaises langues auront beau dire que c’est la faute à Jean Charest, je crois que bien des politiciens ayant participé à la campagne ont allègrement alimenté le cynisme en répétant, encore et toujours, les mêmes erreurs: attaques personnelles à répétition (la supposée “arrogance” de Charest a été particulièrement matraquée, à s’en rendre malade), déluge de promesses manquant parfois de fond, parfois d’ordre (je pense ici à tout ce qui s’est promis de part et d’autre pour Québec, ou des phrases choc promettant des médecins et des garderies pour tous sans indiquer comment y parvenir), démagogie excessive, discours creux, récupération politique, etc. La réforme du mode de scrutin reviendra sans doute à l’ordre du jour, mais je doute hélas que la volonté politique de la mettre en place soit présente à l’Assemblée Nationale. Que faire alors? Attendre…

26
nov
08

Mon humble avis sur… le débat provincial

PAR ALEXIS ST-GELAIS

J’ai écouté le débat d’hier soir en bonne compagnie, ce qui n’était pas de trop pour passer le temps lorsque tous les participants jacassaient simultanément leurs lignes. Les “monssssssssieur” de Pauline Marois cherchant à tout prix à couper la parole aux autres étaient, dans ces moments, particulièrement pénibles. Voici donc ma tout première conclusion au sujet du débat: j’espère qu’il annonce la mort définitive de la formule assise, un véritable “fiasco” comme dirait la chef péquiste. C’est le gage d’un débat brouillon, confus et hors de contrôle. Vivement un format où les temps de parole sont bien définis, comme à l’Assemblée Nationale!

Les analystes et médias sont partagés. Au final, je crois que l’on peut dire qu’il n’y a pas eu de vainqueur ou de perdant dans ce débat. Il n’y a pas eu non plus beaucoup de contenu: les échanges ressemblaient à un vaste “remake” des événements s’étant déroulés depuis le 5 novembre dernier, avec les mêmes promesses de chaque côté, les mêmes critiques, les mêmes contre-arguments. C’était un peu ennuyeux pour ceux qui, comme moi, se sont tenus au courant de l’actualité politique récente au Québec, et ce même si le débat en soi était plus intéressant et accrocheur qu’au fédéral (oserais-je dire que c’est grâce aux propositions des négociateurs libéraux quant au format du débat, qui ont sauvé quelques traditions capitales des éditions antérieures?).

Si l’on me demande absolument de qualifier la performance de chaque chef, je dirais que Mario Dumont a été le plus solide. Ses discours d’ouverture et de fermeture ont été les meilleurs, résumant bien la pensée de l’ADQ ainsi que les grandes lignes du programme de son parti. Il a montré son côté le plus démagogique, celui qui peut généralement lui faire gagner des votes, quoique le truc commence à s’user. La trame de fond de son message était de confondre le PQ et le PLQ dans une seule et même masse, les “vieux partis”, ce qui correspond à une position tout aussi “vieille” de l’ADQ. Ce qui est beaucoup plus surprenant, c’est que Mario Dumont a partiellement abandonné son rôle d’opposition pour donner à trois reprises son appui au plan libéral (pour le Plan Nord, la suppression de la TVQ sur les produits culturels et le programme de rénovation résidentielle). Le mouvement est audacieux, mais on en a abusé: en usant de cette technique à trois reprises, Mario Dumont semble donner le feu vert à ses troupes pour voter libéral, un choix peut-être pas si mauvais. De plus, le chef adéquiste n’a pas énormément de mérite à avoir offert la meilleure performance: il n’était la cible d’aucune attaque, autre signe que sa formation politique ne suscite plus beaucoup d’intérêt. Enfin, il subsite entre les adéquistes et moi-même des divisions idéologiques profondes, qui sont ressorties une fois de plus quand Mario Dumont a fait référence à ses promesses de privatiser partiellement Hydro-Québec (ce qui est, comme je l’ai déjà dit, inutile) et le système de santé (on ne m’a toujours pas convaincu de l’utilité ou de la justification morale de cette manoeuvre). Bref, Mario Dumont a été fidèle à lui-même: clips et démagogie, avec une erreur tactique, mais ce n’est simultanément plus le Dumont porteur d’espoir de changement d’antan. Signe des temps.

Jean Charest a offert une performance nettement supérieure à celle du débat des élections de 2007. Alors que tous s’attendaient à ce qu’il adopte à nouveau une attitude posée et défensive, il a su trouver plusieurs répliques intéressantes et porter quelques coups. Il a évité les pièges de l’opposition et a bien exploité une faiblesse de Pauline Marois en faisant admettre à cette dernière qu’elle avait les mains liées par le mouvement souverainiste (elle vous dira le contraire, et c’est probablement ce qu’elle voulait dire, mais la réalité montre qu’elle est bien en partie prisonnière de son option). Jean Charest, plus faible sur la question de la santé, s’est très bien repris dans le thème de l’avenir du Québec, où il s’est positionné sur la réouverture de la Constitution et sa vision de développement pour notre province. Dans la période réservée à la famille, il a démonté les prétentions de Pauline Marois selon lesquelles elle aurait été la seule et unique messie ayant permis d’ériger notre système familial, le meilleur du monde, en redémontrant que les allocations familiales sont l’une des pierres angulaires de l’aide aux familles au Québec. On a malheureusement eu beaucoup de difficulté à comprendre le message de Jean Charest ou celui de ses opposants dans la section sur l’économie, où chacun lançait ses chiffres dans un chaos obscur. Il est d’ailleurs dommage que l’opposition ait encore fait dévié la question sur les pertes de la Caisse de dépôt, un enjeu somme toute bien secondaire (ceux qui ignorent encore que la Caisse a enregistré des pertes sont assez mal informés, non?) dans ce vaste dossier. Vous remarquerez que ni Mario Dumont ni Pauline Marois n’ont essayé d’expliquer pourquoi ils étaient contre le programme des infrastructures, salué par plusieurs groupes d’expert comme Desjardins comme étant la clef qui permettra peut-être au Québec d’éviter la récession.

Je suis enfin en désaccord avec ceux qui disent que Pauline Marois a offert la meilleure performance. Je l’ai personnellement trouvée obséquieuse dans ses discours d’ouverture et de fermeture, arborant un sourire artificiel et un ton doucereux qui ne cadrait pas du tout avec la teneur de ses propos. Dans la partie sur la santé, elle a réussi à éviter de toujours se faire remettre sur le nez les lacunes du PQ dans ce dossier, malgré le fait que je ne comprenne toujours par pourquoi elle prétend que les médecins mis à la retraite devraient, moins de dix ans plus tard, tous être remplacés (il faut pas mal plus de temps que cela pour former un médecin). Tant pour cette thématique que dans celle de l’économie, elle avait la bonne gestuelle, des mots heureux et se défendait correctement. Toutefois, lorsque le débat s’est transporté sur la famille et l’avenir du Québec, elle s’est emportée à plusieurs reprises, faillissant à contrôler ses émotions et faisant constamment appel à Stephan Bureau pour tenter d’interrompre ses adversaires avec des phrases mal assurées ou répétées jusqu’à plus soif.

Je vous préviens tout de suite: cette constatation n’a strictement rien à voir avec le fait que Pauline Marois soit une femme. S’il y a une personne pour qui la couleur de la peau ou le sexe n’a aucune espèce importance en politique, c’est bien moi: je me concentre sur le message et les attitudes. Parlant de message, Mme Marois a souligné à plusieurs reprises pendant le débat qu’elle avait un plan pour le Québec. Je n’ai pourtant aucune idée, après deux heures d’écoute attentive, de ce qui est contenu au juste dans ce plan. La chef péquiste a manqué son occasion de le développer devant l’électorat dans la section sur l’avenir du Québec, préférant retomber dans les méandres usés de la souveraineté (ne nous leurrons pas, avec la façon dont le rapatriement des pouvoirs culturels est abordée par le PQ, les chances pour que le fédéral accepte la proposition sont situées entre rien et zéro, ce qui nous mènera automatiquement à un nouveau référendum, qui serait d’ailleurs perdant et donc parfaitement inutile). Je ne sais toujours pas ce que le PQ propose aux Québécois, à part de remplacer Jean Charest et de sortir des médecins et des CPE de nulle part à l’infini pour régler tous les problèmes de la santé et de la famille.

D’ailleurs, je n’ai pas de médecin de famille et m’en donner un serait une dépense complètement inutile, tout comme pour de nombreux autres Québécois… Pourquoi persister dans cette voie?

Dans tous les cas, je réitère que les débats assis sont moins propices à aider les électeurs dans leur choix que la formule traditionnelle. Les discussions d’hier étaient vivantes, mais sans grande nouveauté ni gagnant ou perdant.

23
nov
08

Enfin un sondage local!

On savait que la campagne libérale allait bien au niveau national. Les prévisions présentées par plusieurs blogues ou sites, réunis sur un widget fourni par Québec Politique, donnent (sauf ThreeHundredEight) le PLQ majoritaires. Les prévisions de HKDP, selon les sondages, donnent parfois Chicoutimi, et parfois Chicoutimi et Jonquière aux libéraux. Voyons voir de plus près ce qu’il en est sur le terrain régional, alors qu’un sondage Segma–Le QuotidienProgrès-Dimanche vient de paraître au Saguenay-Lac-St-Jean.

Je dois d’abord dire que les sites de prévisions électorales ont un gros défaut. Chargés de statistiques pondérées en fonction du temps et imbus de progressions mathématiques, ils ne tiennent pas compte de la réalité sur le terrain. Parfois, cela fonctionne plutôt bien, d’autres fois, pas vraiment. C’est pourquoi les prévisions sont vraisemblables pour Jonquière et Lac-St-Jean, un peu conservatrices en ce qui a trait au score du libéral dans Roberval et assez peu crédibles pour les comtés de Chicoutimi et Dubuc.

Dans ce dernier comté, le candidat libéral Serge Simard est donné vainqueur par 10% de majorité sur son adversaire, le péquiste André Michaud. Pourtant, les sites ayant fait des prévisions par comté donnent tous Dubuc aux péquistes. C’est que l’historique de la circonscription peut brouiller les modèles. En effet, en 2003, le libéral Johnny Simard avait terminé à moins de 50 voix du péquiste Jacques Côté, et en 2007, le même libéral avait terminé troisième derrière l’adéquiste qui avait effectué une percée remarquable dans le comté. Ajoutez à cela que Dubuc est acquis au PQ depuis 1976, et vous comprendrez pourquoi toutes les prévisions mathématiques donnent Serge Simard perdant, par 8% à 10% des voix! Le vote adéquiste semble surestimé dans ces prévisions, qui donnent au candidat local de 19% à 27% des voix, alors que le sondage de ce matin ne lui accorde que 13% des suffrages. Les projections omettent également de tenir compte de la popularité de Serge Simard dans La Baie (il y obtient 58% des intentions!), centre de la circonscription en termes de population, et du fait que le candidat péquiste n’est pas le député sortant. Pour ma part, j’ai endance à accorder beaucoup plus de crédit au sondage de ce matin, qui donne 45% des voix à M. Simard contre 35% à M. Michaud. Dubuc risque fort de passer au rouge.

Chicoutimi donne également l’exemple d’erreurs de projections pouvant être réalisées par les site de prévision électorale sur la base des résultats passés. HKDP donne la circonscription comme étant la plus prenable du Saguenay-Lac-St-Jean et Geloso-Breguet la met presque à égalité avec Jonquière en termes de potentiel pour les libéraux. Seul ThreeHundredEight, généralement plus conservateur dans ses prédictions, regarde plus loin en arrière et donne Stéphane Bédard, le péquiste, par une marge plus confortable d’environ 5%. Du côté du sondage de ce matin, la libérale Joan Simard obtient 37% des intentions de votes, contre 51% à Stéphane Bédard. Là encore, j’aurais tendance à donner raison au sondage. Les prévisions statistiques sont trop optimistes pour les libéraux (même ThreeHundredEight) en raison du score exceptionnel d’André Harvey au dernier scrutin, qui avait été le libéral le plus près d’obtenir un comté au Saguenay-Lac-St-Jean (il avait perdu par 3% seulement). Ce score résultait toutefois plus de la popularité personnelle de M. Harvey et de ses grandes capacités que d’un réel vent libéral sur Chicoutimi, qui n’a jamais voté pour ce parti depuis plus de 70 ans. C’est donc dommage pour Joan Simard, mais je n’entretiens pour ma part pas d’espoirs que le PLQ parvienne à déloger Stéphane Bédard, fils de Marc-André Bédard, qui à eux deux ont déjà régné sur leur fief pendant 6 mandats.

Dans Lac-St-Jean, le sondage et les prévisions sont d’accord: malheureusement pour Pierre Simard, un candidat libéral de grande valeur, Alexandre Cloutier est indélogeable. Il obtient 58% des voix, contre 30% pour son plus proche adversaire. Les sites de projections sont plus conservateurs, en donnant environ 3% de plus aux libéraux et 8% de moins aux péquistes. Dans ces deux cas, le vote adéquiste est surévalué (à 14% ou 17%, puisque ThreeHundredEight ne fait pas de prédictions pour ce comté), lui qui n’est que de 5% dans le sondage. Ce n’est pas suprenant: si les gens de Lac-St-Jean n’ont pas voté pour Yves Bolduc comme libéral aux dernières élections, ils voteront bleu jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Dans Roberval, le libéral Georges Simard a une longue pente à remonter s’il désire obtenir le comté, mais ses chances ne sont pas nulles. Le sondage Segma le place à 41%, contre 48% pour le péquiste Denis Trottier, et seulement 6% à l’ADQ (ils avaient obtenu 21% la dernière fois). Les sites de projections donnent entre 37% et 40% au PLQ, contre de 42% à 44% au PQ. Fait inusité, même si la circonscription est immense, les deux principaux candidats proviennent de la ville de Dolbeau-Mistassini, dont Georges Simard est maire. Cette ville est, avec Roberval, l’une des clefs du comté, et l’issue de la lutte qui s’y déroule aura un impact déterminant sur le résultat final du scrutin.

C’est à Jonquière, peut-être, que les prévisions sont les plus justes par rapport à mes propres perceptions et au sondage publié ce matin. Je prévois pour ma part que le comté sera chaudement disputé, peut-être par moins de 300 voix de majorité pour le vainqueur. Segma place Martine Girard, ma candidate libérale, à 42%, contre 44% pour Sylvain Gaudreault. Au gré des sondages, les prévisions des trois sites déjà mentionnés donnent de très faibles marges entre le PLQ et le PQ dans Jonquière, de l’ordre de 1,5% à… 0,01%! Un peu moins de la moitié du temps, c’est le PLQ qui a l’avantage. Marc Jomphe, l’adéquiste, n’est pas vraiment dans la course, avec 9% des voix (dans les projections, c’est de 14% à 16% qui lui sont accordés).

Ma prévision finale au Saguenay-Lac-St-Jean: Dubuc libéral par une confortable avance, Jonquière libéral avec une victoire à l’arrachée, Roberval péquiste par une défaite malheureuse et mince de Georges Simard (en espérant avoir tort) et Chicoutimi et Lac-St-Jean remportés avec de bonnes majorités par les péquistes. C’était, en dehors peut-être de Roberval, le portrait mental que je m’étais dressé de ma région avant le déclenchement du scrutin.

Partout dans la région, les adéquistes semblent être plutôt hors jeu. Québec Solidaire et le Parti Vert sont relativement négligeables. Quant au Parti Durable du Québec, une formation d’origine félicinoise (de St-Félicien, là où il y a le zoo) uniquement représentée dans Roberval, il est carrément marginal. Bien entendu, ces constatations ne se basent que sur le sondage: l’ADQ pourrait, dans les faits, mieux performer dans certains cas. Je doute cependant beaucoup de la chose, et je me permets même de penser que le sondage Segma surestime les appuis à l’ADQ, qui devraient fondre à moins d’un revirement spectaculaire de la campagne de Mario Dumont et… de sa femme!

18
nov
08

C’est la panique

Rien ne va plus à l’ADQ! Ce ne sont plus maintenant que les candidats et partisans déçus qui se désolent des déboires de la formation de Mario Dumont. Le chef lui-même s’est adonné à un exercice auquel l’on ne se livre habituellement qu’après un scrutin, en prenant sur ses épaules les problèmes de son parti et en reconnaissant que celui-ci a commis de très nombreuses erreurs pendant le dernier mandat. Quand, en pleine campagne électorale, un chef va dire que son parti n’était pas prêt à être l’opposition officielle, il y a de quoi rester perplexe quant à la capacité de l’ADQ de garder de la crédibilité.

Il y a aussi cette accusation ridicule lancée par Mario Dumont à l’égard de Tout le Monde en Parle, à savoir que Guy A. Lepage et son équipe auraient été complaisants avec le chef libéral. On dirait que Mario Dumont a manqué plusieurs épisodes… Je crois en effet qu’absolument personne au Québec ne pourrait dire de l’humoriste et animateur à la barre de la messe dominicale de Radio-Canada qu’il a des sympathies libérales, ou qu’il se retiendrait de taper joyeusement sur la tête des libéraux s’il avait à le faire. Mario Dumont a plutôt la frousse de se retrouver sur le plateau et d’être incapable d’expliquer correctement ses idées, comme ce fut le cas en 2007.

Ce n’est pas tout. Alors qu’il est historiquement reconnu, sauf par certains anarchistes, qu’il est salutaire d’investir dans les infrastructures et de réinjecter de l’argent public dans l’économie en période de crise, Mario Dumont s’obstine dans ses principes et dénonce les milliards de dollars de promesses du PQ et du PLQ. Pourtant, cet argent serait dédié à des investissements structurants, surtout dans le cas du programme libéral. Comme l’a si bien dit M. Parizeau à (tiens tiens) Tout le Monde en Parle, un déficit n’est pas acceptable pour payer l’épicerie. Par contre, quand on veut rénover et agrandir la maison, il est parfaitement légitime d’investir, même si cela signifie un déficit.

Il y a enfin la question de la procréation assistée. Une résolution adoptée à l’unanimité par les militants libéraux au dernier Conseil Général de septembre (j’y étais, d’ailleurs) permettrait aux couples éprouvant des difficultés à avoir un enfant de se faire rembourser leurs deux premières tentatives d’implantation d’un embryon. L’ADQ, au lieu de se réjouir de cette avancée dans la pensée du PLQ qui s’opposait auparavant à la mesure, la critique. Si Mario Dumont tenait tant à l’intérêt des familles du Québec, et non à celui de son parti, il se réjouirait que la question fasse désormais l’unanimité entre les trois formations politiques principales du Québec.

J’en profiterai pour répondre à nouveau à tous ceux qui se scandalisent des 83 millions de dollars qui seront dépensés pour la présente campagne, clamant que ce montant aurait plutôt dû être injecté dans l’économie. Cet argent servira à deux choses. D’abord, il sera utilisé pour rembourser les dépenses des principaux partis politiques: affiches électorales (imprimées au Québec), publicités (faites et diffusées au Québec), location de locaux électoraux (au Québec, bien sûr), frais divers (repas et transport, au Québec), etc. Ensuite, une bonne partie de cet argent servira à payer les nombreux travailleurs d’élection, qu’ils soient affiliés à un parti ou non, et qui résident tous au Québec. Faites un bref calcul: vous vous rendrez compte que l’intégralité du 83 millions de dollars sera dépensée au Québec, et contribuera à faire rouler notre économie. Il s’agit d’argent directement injecté dans notre système économique interne.

Un petit clin d’oeil également à ceux qui, je le pense désormais, m’observent à Jonquière: les équipes de messieurs Sylvain Gaudreault (PQ) et Marc Jomphe (ADQ). En effet, j’ai eu des réponses d’individus provenant des deux comités électoraux, ou du moins qui semblent y être reliés. Je vous souhaite une bonne campagne, mais je vous préviens que l’on vous fera une chaude lutte!

11
nov
08

Mais que fait l’opposition?

Après presqu’une semaine de campagne électorale, rien ne va bien du côté de l’ADQ et du PQ. Je m’en confesse, je suis le premier surpris: je croyais que l’équipe de Pauline Marois, au moins, nous livrerait une chaude lutte. L’opposition a toutefois réussi à se mettre les pieds dans les plats dans une succession pour le moins spectaculaire de bourdes et de tuiles. C’est d’autant plus étrange que l’ADQ comme le PQ ont souvent menacé Jean Charest de déclencher des élections. Ils auraient donc dû être prêts…

Du côté de l’ADQ, on sent l’improvisation. Mario Dumont tire de tous les côtés des ballons d’essai, pour tenter de susciter une réaction semblable à celles des accommodements raisonnables et des viaducs pendant la dernière campagne. Pendant ce temps, des partisans déçus de l’ADQ, majoritairement passés aux libéraux, expriment leur amertume dans les médias. On a ainsi appris que des adéquistes ne comprenaient rien à l’autonomisme, et que d’autres avaient quitté le parti après de profondes déceptions face à un Mario Dumont plutôt opportuniste. L’un des députés sortant de l’Action Démocratique du Québec a avou candidement que son parti prenait l’eau, et d’anciens partisans souhaitaient publiquement que le parti fasse une chute spectaculaire le 8 décembre. Simultanément, Mario Dumont propose de privatiser Hydro-Québec, une véritable bombe qui risque de lui rester dans les mains. Lorsqu’il peut enfin dégager un peu de marge de manoeuvre pour attaquer, son parti publie des vidéos qui dénoncent… Pauline Marois! Cela a d’ailleurs déclenché une tempête de protestations.

J’ai d’ailleurs remarqué que les pancartes de l’ADQ sont assez révélatrices de l’esprit qui règne dans le parti. Les affiches du candidat local sont très petites, alors que celles de Mario Dumont sont longues et mettent le chef très en évidence. Le parti d’un seul homme, ça ne se dément pas…

Les mauvaises nouvelles se sont accumulées pour le Parti Québécois. Dès le début de la campagne, on apprenait que le parti était complètement fauché, allant jusqu’à renoncer à consulter ses militants sur sa plate-forme électorale en Conseil National. Un sixième (soit six) des députés ont décidé de quitter la vie politique avant les élections. Pauline Marois est perçue comme étant snob par ses propres militants, ce qui a transpiré dans les médias à la suite d’une fuite interne. En plus, des militants souverainistes ont ouvertement critiqué la direction donnée par le parti à l’investiture de Scott McKay, alors que les patriotes et autres regroupements indépendantistes critiquaient le PQ. La FTQ a refusé de donner son appui à la formation souverainiste, sur lequel Pauline Marois et ses lieutenants comptaient sans doute. Par ailleurs, la plate-forme électorale péquiste a été dévoilée relativement dans l’ombre, comme si on ne voulait pas trop en parler… C’est sans parler des pancartes du PQ, où Pauline Marois a un air plutôt éthéré, ce qui n’a rien d’aidant pour son image.

Aucun des deux partis n’aura su récupérer à temps l’enjeu du déclenchement des élections. Dans les intentions de vote, les choses ont peu évolué: 41% pour le PLQ, 35% pour le PQ, 14% pour l’ADQ. Mais que fait l’opposition? Remarquez, je ne vais pas m’en plaindre…

Pendant ce temps, à Jonquière et au Saguenay-Lac-St-Jean

Les cinq candidats libéraux (Georges Simard [Roberval]; Pierre Simard [Lac-St-Jean]; Martine Girard [Jonquière]; Joan Simard [Chicoutimi]; Serge Simard [Dubuc]) ont présenté leurs priorités régionales cette semaine. En tête de liste se situe la complétion de l’autoroute 70 selon un échéancier serré. Cette route, qui constitue un axe Est-Ouest crucial pour la région, avance à pas de tortue depuis les années 1970! Le tourisme, la crise forestière, le développement de l’industrie de l’aluminium et l’économie sont d’autres thèmes dominants abordés par les candidats libéraux régionaux. Un peu plus de détails ici.

Malgré ce qu’en dit Carol Néron, l’éditorialiste du journal Le Quotidien, les pancartes sont très nombreuses à Jonquière. C’est le PLQ qui a ouvert le bal jeudi passé (et en ont ajouté beaucoup depuis), rejoint par le PQ en fin de semaine. Ce matin, les adéquistes ont fermé la marche avec leurs affiches. Du côté de la plate-forme électorale, j’ai participé à près de 7 heures de réunion au cours de la dernière fin de semaine, afin de travailler notre programme local. Il prend de plus en plus forme, et j’ai hâte de pouvoir vous en faire part officiellement…

Sylvain Gaudreault, le péquiste sortant, a ouvert sa campagne hier soir dans son local électoral. Sa priorité se situe autour de la revitalisation des centre-villes (je peux déjà vous dire qu’il en sera également pas mal question dans notre plate-forme libérale), mais il conserve la majeure partie de ses promesses pour plus tard. Quant à Martine Girard, elle lancera officiellement sa campagne devant les médias demain à 10h, à son local électoral.

La joute commence à peine dans Jonquière.

À lire aujourd’hui dans Le Quotidien, Cyberpresse et Le Devoir

L’économie, une véritable obsession; Les enfants «mals préparés à la vie», dénonce Dumont; Le Parti libéral du Québec perd des appuis (le titre me semble trompeur…); Salaire minimum: promesses «démesurées et hasardeuses»«Un enfant, une place»; Débat des chefs: isolé, le PLQ va faire une proposition; Journée noire pour Mario Dumont

09
nov
08

Le plan du PLQ: les moyens de nos ambitions

Après l’inefficacité du plan adéquiste, et la modestie de celui du PQ, j’ai été heureux de découvrir le plan libéral qui, s’il ne réinvente pas la roue, jette certainement de solides bases pour faire face à une possible crise économique. Les interventions proposées, faites dans des secteurs utiles, recevront suffisamment de fonds pour avoir un impact réel sur notre situation économique et nous aider à sortir de l’ornière.

Le point le plus important du programme économique libérale est, à mon sens, l’accroissement des investissements dans les infrastructures. Au plan précédent de 31 milliards s’ajoutent 10 milliards de dollars d’ici 2013. C’est donc dire que le PLQ mettra en circulation des milliards de dollars, soit une masse monétaire considérable qui est fortement susceptible de relancer la consommation, et donc l’économie. Mieux encore, ce type d’investissements crée de la richesse, puisqu’il rénove et bonifie nos actifs collectifs: routes, hôpitaux, écoles, arénas, ponts et viaducs, ouvrages hydro-électriques, centres communautaires… Toutes les régions du Québec pourront profiter de cette manne pour mettre à jour leurs infrastructures.

La création d’un fonds de démarrage d’entreprises et le soutien à la commercialisation d’innovations québécoises est un autre point particulièrement important. Quand nos industries forestières et manufacturières chancellent, il faut, sans les délaisser, se tourner vers de nouveaux créneaux économiques où nous pouvons être compétitifs. La diversification de notre économie passe par la fondation de PME innovantes et créatrices. D’autre part, le dernier gouvernement libéral a fait de notre fiscalité l’une des plus compétitives du monde à la fois pour les entreprises et pour l’innovation, ce qui laisse largement la place à la prolifération des entreprises à caractère technologique, investissant fortement en recherche et développement. Ces créneaux peuvent ensuite engendrer des revenus extrêmement intéressants lorsque nos inventions sont commercialisées.

En période d’incertitude économique, la consommation diminue forcément. Une façon efficace de contrer cet effet est de maintenir ou d’augmenter le pouvoir d’achat des ménages. Que ce soit en augmentant l’aide sociale de 2,36%, en libérant plus de fonds chez les retraités en augmentant la libération fiscale pour revenus de retraite ou en augmentant le salaire minimum d’un dollar d’ici 2010, à 9,50$/h, le plan libéral contribuera à maintenir le niveau de consommation et à relancer l’économie.

Enfin, le plan libéral permettra de consolider nos emplois et nos entreprises. En assumant une large part (75%) des frais de formation de la main-d’oeuvre et en soutenant les revenus des travailleurs en formation, on assure aux salariés qui perdront leur emploi dans un domaine en déclin de pouvoir se placer à nouveau ailleurs, et qu’ils seront plus performants dans les tâches qu’ils accomplissent. L’augmentation des prêts et subventions aux entreprises, qui fournira à ces dernières le capital nécessaire pour traverser les jours les plus sombres, proviendra de la Société Générale de Financement. Cette manoeuvre évite de toucher à la Caisse de Dépôt, un organisme qui gère les fonds de pension des travailleurs et dont on ne doit pas mettre le capital en danger. Il serait dramatique de dilapider les fonds de retraite de milliers de gens…

Bref, j’adhère entièrement aux principes du plan libéral, et j’applaudis aux moyens qu’il envisage pour les appliquer. Cela me confirme à nouveau que j’ai fait le bon choix de parti.

À lire aujourd’hui sur Cyberpresse et Canoë:

Foire d’empoigne au PQ; Le gars qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une alumette; Marois dévoile sa plate-forme en catimini; Charest défend sa gestion de la crise de la listériose; La ministre sort de ses gonds; Plusieurs insatisfaits;

08
nov
08

Le plan du PQ: si peu…

Le plan économique du PQ, chiffré à 600 millions de dollars, a le mérite d’être plus réaliste et efficace que celui de l’ADQ. Son problème ne se situe pas tant dans les mesures elles-mêmes que dans la faiblesse des réponses apportées à la crise économique à venir. 600 millions, ce n’est pas grand chose…

Des 600 millions, 400 seraient consacrés à l’envoi d’un chèque de 200$ aux familles bénéficiant du crédit d’impôt sur la TVQ. Cette mesure ne durerait qu’un an, et serait le résultat d’un gel du remboursement de la dette via le Fonds des générations. La mesure peut sembler alléchante, et les personnes visées accueilleront certainement avec joie le chèque en question. Toutefois, l’envoi d’un paiement unique de si faible ampleur n’est pas très utile d’un point de vue macroéconomique, puisqu’il ne relancera pas l’économie de façon durable. Il ne créera pas de richesse au sens où je l’ai définie hier soir, et l’accroissement de la masse monétaire en circulation reste somme toute modeste. Peut-être la situation financière douteuse du PQ affecte-t-elle leur vision pour notre économie?

Il reste donc 200 millions environ pour le reste des mesures prévues. Certaines, comme la formation de la main-d’oeuvre, sont également adoptées par le PLQ. Dans ce dernier cas, toutefois, on doit encore noter la modestie relative de l’équipe de Pauline Marois: on spécifie qu’un gouvernement péquiste “bonifierait” les programmes de formation, alors que Jean Charest a promis d’en payer jusqu’à 75% tout en soutenant les revenus des travailleurs en bénéficiant.

La mesure péquiste qui promet un crédit d’impôts non-remboursable de 20% sur le premier 5000$ d’intérêts payés sur l’hypothèque d’une résidence semble un peu déphasée par rapport à la situation actuelle. La mesure est bonne, mais on peut se demander quelle sera sa portée réelle alors que les taux d’intérêts (donc les taux hypothécaires) sont très bas après que la Banque du Canada ait réduit son taux directeur à plusieurs reprises. Il est actuellement fixé à 2,25%. Il était à 4,50% il y a exactement un an!

Enfin, Pauline Marois et le PQ veulent utiliser la Caisse de dépôts pour investir dans nos entreprises. Il existe pourtant un autre organisme, la Société générale de financement (SGF), qui peut remplir exactement le même rôle sans mettre en danger l’épargne des investisseurs de la Caisse! L’entreprise comporte en effet de nombreux risques…

Bref, le plan péquiste frappe par sa modestie, un faux pas en période de troubles économiques où il faut des mesures vigoureuses et larges pour régler les problèmes. D’ailleurs, je suis resté surpris de voir à quel point Pauline Marois semble peu connaître le plan qu’elle propose de mener à bien pour les Québécois:

C’est sans oublier le déficit que le PQ cherche et désespère de trouver dans les états financiers publiés dernièrement par les libéraux, et qui montre plutôt un surplus d’un peu plus de 400 millions de dollars! Ce bilan a d’ailleurs été approuvé par le vérificateur général.

Le PQ n’a pas été capable de nous présenter un plan économique d’envergure suffisante pour répondre aux défis qui nous attendent, et Pauline Marois a des difficultés à en déterminer la portée. Ce n’est pas ce dont le Québec a besoin en ces moments difficiles.

À lire aujourd’hui sur Cyberpresse, Canoë et Le Devoir

Pauline Marois à La Presse: l’équilibre budgétaire avant tout; Une tradition coûteuse abandonnée (Le PQ n’adoptera pas sa plate-forme en conseil national…); Premier week-end électoral au Québec; Une mauvaise idée; La publication des états financiers laisse tout le monde sur sa faim (normal, il n’y a pas de déficit!); Pour un État fort; Dumont veut maintenant le CHUM à Outremont




Note: Les articles d'Alexis St-Gelais ne traduisent pas les positions officielles du PLQ ni celles de ses instances et les déclarations qui y figurent ne traduisent que les opinions personnelles de l'auteur.

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De janvier à août 2008, une première version de "À mon humble avis", sous la seule plume d'Alexis St-Gelais, a joué le rôle de précurseure de celle-ci sur Blogger. Ainsi, tous les articles du 23 août 2008 et ceux qui précèdent ont été importés depuis l'ancien blogue, avec les commentaires originaux; n'hésitez pas à les consulter!

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