PAR ALEXIS ST-GELAIS
Je crois déjà avoir fait mention de mon soutien au projet de construire un nouveau pont enjambant la rivière Saguenay dans la ville homonyme. En campagne électorale, un long billet aujourd’hui retiré du site faisait état de projets électoraux jamais traduits en promesses, ce qui m’avait d’ailleurs mené à une situation particulière vis-à-vis du député Sylvain Gaudreault (PQ). J’y expliquais entre autres l’utilité d’une nouvelle infrastructure de ce genre à titre d’exemple de ce qui pouvait être fait dans le cadre du plan d’infrastructures libéral.
J’avais entendu à plusieurs reprises que Ville Saguenay s’apprêtait à intégrer un tel projet à son plan d’urbanisme et Le Progrès-Dimanche est venu il y un moment le confirmer. Une étude de la firme Dessau à ce sujet a été remise à la municipalité, ce qui démontre son intérêt envers le projet. Je vais tenter d’obtenir plus d’informations sur le contenu exact de cette étude lors du Conseil municipal de ce soir, mais déjà, un chose se dégage clairement: la route planifiée passera légèrement à l’est des installations industrielles de Rio-Tinto Alcan et traversera le Saguenay à la hauteur du quartier St-Jean-Eudes (donc à l’ouest de l’arrondissement Chicoutimi, où est situé le pont actuel).
Cependant, un ingénieur, M. Charbonneau, préférerait que le pont soit plutôt situé à la hauteur de Rivière-du-Moulin, un quartier à l’est de Chicoutimi. Il avance que cette position permettrait un meilleur développement de la rive nord de la rivière et moins d’engorgement routier. C’est peut-être le début d’un débat sur l’endroit où l’on devrait construire un nouveau pont.
Je suis personnellement partisan de St-Jean-Eudes. Ce n’est pas parce que les arguments M. Charbonneau n’ont pas de sens, mais peut-être plutôt parce que je n’ai pas la même conception que lui de l’utilité du pont. Plusieurs considèrent en effet le projet de pont comme une solution à l’engorgement régulier de l’actuel pont Dubuc, alors que je le vois plutôt comme une voie de dérive du transport lourd. Vu sous cet angle, il ne serait pas judicieux de faire dériver le tracé de la nouvelle route vers l’est, donc plus loin des principales installations industrielles!
La principale raison pour que notre ville se dote d’un nouveau pont enjambant le Saguenay est, à mon avis, de nature principalement industrielle. Le transport lourd en provenance ou en direction de la Côte-Nord passe actuellement par la région de Charlevoix, où il doit d’abord traverser la rivière à bord d’un traversier pour ensuite emprunter une route sinueuse et parfois dangereuse le long du fleuve. S’il doit venir du côté de Saguenay, il n’a pas vraiment d’autre choix que de passer par la rive nord de la rivière et d’emprunter le pont Dubuc pour rejoindre les industries situées de l’autre côté. Or, le transport lourd endommage la chaussé bien plus rapidement que la circulation régulière sur le pont. De plus, les approches nord du pont Dubuc sont en forte pente, ajoutant un risque supplémentaire à la circulation de camions dans le secteur.
Avec la nouvelle route 175 qui est en voie d’être terminée dans la Réserve faunique des Laurentides, la tentation sera forte pour les camionneurs de changer leur itinéraire habituel pour emprunter le nouvel axe de circulation, beaucoup plus sécuritaire et aussi plus rapide qu’avant. Dans un tel cas de figure, ils emprunteront d’abord la route 172, qui longe la rive nord du Saguenay, pour ensuite traverser la rivière et joindre la 175. Le pont Dubuc risque de ne pas suffire à la tâche. Il est de plus assez éloigné des principales installations industrielles, situées autour des usines de Rio Tinto-Alcan.
Dans la perspective où la nouvelle usine AP-50 sera construite sous peu dans le même secteur et où les régions nordiques du Québec bénéficieront d’un plus grand développement prochainement (tant dans les secteurs énergétiques que miniers), Saguenay a le potentiel d’attirer à elle une bonne partie du transport lourd, avec l’activité économique qui en découle. En devenant un tel carrefour, la ville augmenterait la sécurité des routiers et le temps du transport serait réduit. Un nouveau pont servirait donc à faire le lien entre la 172 et la 175, tout en débouchant à proximité des installations industrielles principales et de terrains inoccupés pouvant amplement accueillir de nouveaux projets. Il pourrait devenir un convoyeur de développement économique.
Si l’on cherche à réduire la circulation régulière sur le pont Dubuc, ce pont n’est pas la bonne solution, d’autant plus que l’achalandage ne justifierait pas le projet. Je crois cependant que l’on gagnerait à mettre en perspective l’utilité réelle d’un nouveau pont en considérant son rôle sous l’angle du transport lourd.
Je reviendrai probablement sur le sujet ultérieurement, si je parviens à obtenir copie de l’étude Dessau.

J’ai écouté le débat d’hier soir en bonne compagnie, ce qui n’était pas de trop pour passer le temps lorsque tous les participants jacassaient simultanément leurs lignes. Les “monssssssssieur” de Pauline Marois cherchant à tout prix à couper la parole aux autres étaient, dans ces moments, particulièrement pénibles. Voici donc ma tout première conclusion au sujet du débat: j’espère qu’il annonce la mort définitive de la formule assise, un véritable “fiasco” comme dirait la chef péquiste. C’est le gage d’un débat brouillon, confus et hors de contrôle. Vivement un format où les temps de parole sont bien définis, comme à l’Assemblée Nationale!
Il y a aussi cette accusation ridicule lancée par Mario Dumont à l’égard de Tout le Monde en Parle, à savoir que Guy A. Lepage et son équipe auraient été complaisants avec le chef libéral. On dirait que Mario Dumont a manqué plusieurs épisodes… Je crois en effet qu’absolument personne au Québec ne pourrait dire de l’humoriste et animateur à la barre de la messe dominicale de Radio-Canada qu’il a des sympathies libérales, ou qu’il se retiendrait de taper joyeusement sur la tête des libéraux s’il avait à le faire. Mario Dumont a plutôt la frousse de se retrouver sur le plateau et d’être incapable d’expliquer correctement ses idées, comme ce fut le cas en 2007.
D’abord, Mme Girard a tiré le triste constat suivant: au Saguenay-Lac-St-Jean, le taux de chômage chez les 15-24 ans, particulièrement les jeunes hommes, frise le 21%. Parallèlement à cela, une part croissante de nos industries manquent de main-d’oeuvre. On pense par exemple au secteur de la mécanique automobile ou encore aux techniciens dans les secteurs de l’aluminium (techniciens de laboratoire, génie chimique, hygiène industrielle, etc.). Le secteur des services semble lui aussi connaître une pénurie grandissante de travailleurs. La candidate libérale compte donc travailler d’arrache-pied à faire le lien entre les besoins du marché de la main-d’oeuvre et les centres de formation, pour donner de l’emploi à notre jeunesse et permettre à notre économie de pourvoir à ses besoins. En tant que femme très impliquée dans le milieu de l’éducation depuis longtemps, elle est particulièrement bien placée pour ce faire.
La création d’un fonds de démarrage d’entreprises et le soutien à la commercialisation d’innovations québécoises est un autre point particulièrement important. Quand nos industries forestières et manufacturières chancellent, il faut, sans les délaisser, se tourner vers de nouveaux créneaux économiques où nous pouvons être compétitifs. La diversification de notre économie passe par la fondation de PME innovantes et créatrices. D’autre part, le dernier gouvernement libéral a fait de notre fiscalité l’une des plus compétitives du monde à la fois pour les entreprises et pour l’innovation, ce qui laisse largement la place à la prolifération des entreprises à caractère technologique, investissant fortement en recherche et développement. Ces créneaux peuvent ensuite engendrer des revenus extrêmement intéressants lorsque nos inventions sont commercialisées.
Le véritable point d’orgue du Conseil a indubitablement été la très solide présentation finale de Jean Charest. Il nous a fait une présentation complète, bien structurée et visuellement impressionnante de son Plan Nord. Préparez-vous, amis blogueurs: vous entendrez parler très souvent de ce projet aux implications nombreuses et colossales. Développement des infrastructures nordiques, amélioration des conditions de vie des populations autochtones, exploitation des gigantesques ressources minières contenues dans le ventre du Nunavik, augmentation de notre capacité énergétique, protection de la faune et de la flore, mise en valeur du potentiel récréo-touristique et occupation du territoire se rejoignent dans cet ambitieux plan qui constitue une nouvelle Baie James. Jean Charest met sur la table la seconde phase du développement du Nord québécois, que l’on attendait depuis longtemps, à un moment où les ressources qui s’y trouvent sont plus en demande que jamais. Comme je crois tous les militants présents au Conseil Général, j’ai été conquis par le projet et je m’en fais un défenseur.

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