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12
fév
09

Et la suite?

PAR ALEXIS ST-GELAIS

La thématique de l’énergie n’est toujours pas déclassée dans les médias du Saguenay-Lac-St-Jean. J’avais écrit il y a quelques jours un billet portant sur ce que nous pourrions faire avec notre énergie et appelant nos élus à créer un plan concret pour notre développement. La lettre que j’avais envoyée au Quotidien n’est toujours pas parue dans ce journal, mais a été publiée par Le Bulletin Régional ici.

Cependant, depuis, le sujet a dérivé vers une autre préoccupation: la survie de nos industries. Des rumeurs persistantes et de plus en plus crédibles laissent entendre qu’AbitibiBowater chercherait à vendre ses installations hydro-électriques du réseau privé Hydro-Saguenay. Alors que Ville Saguenay s’est dite intéressée à racheter ces barrages s’ils venaient à être mis en vente, les syndiqués des usines de pâtes et papiers s’inquiètent. D’après eux, si les barrages sont vendus, les usines fermeront inévitablement. Ils appellent le gouvernement à utiliser les dispositions d’une loi particulière (la Loi 8 concernant la location d’une partie des forces hydrauliques de la rivière Shipshaw*) s’appliquant au réseau hydro-électrique privé d’AbitibiBowater pour bloquer les transactions et protéger les emplois. La position de Saguenay a également été critiquée comme étant de l’opportunisme mal venu, ce qui a poussé les élus à nuancer leur position en déclarant qu’ils souhaitaient bien évidemment avant tout que les barrages demeurent la propriété d’AbitibiBowater pour maintenir les usines. Déjà, des employés d’une usine de Saint-Prime, au Lac-St-Jean, ne travaillent plus que 8 heures par semaine et doivent atteindre un quota fixe (quittes à faire du temps supplémentaire bénévolement) pour maintenir leur usine en vie.

Simultanément, des inquiétudes constantes se font sentir quant à l’avenir de l’usine Vaudreuil, qui a été partiellement ébranlée par les compressions annoncées par Rio Tinto-Alcan. En vertu de certaines ententes confidentielles signées avec le gouvernement, l’entreprise pourrait fermer ses installations avant le délai convenu auparavant en raison du prix particulièrement faible de l’aluminium sur les marchés. L’usine Arvida, l’autre usine de Rio Tinto-Alcan à Jonquière, devrait pour sa part fermer en 2014 au plus tôt selon les ententes. Nul ne sait si elle durera plus longtemps. Puisque les investissements dans la nouvelle technologie AP-50 ont été mis sur la glace, rien ne garantit à la région qu’une alternative sera disponible à temps pour la fermeture.

Ce sont certes des situations inquiétantes et il est normal que les politiciens, syndicalistes et acteurs sociaux y aillent de leurs revendications. Pour ma part, bien que je me désole de la détérioration de la situation, je ne peux m’empêcher de penser qu’en dépit de toutes les ententes ou tractations visant à maintenir les usines actuelles, elles ont presque toutes atteint la fin de leur vie utile. On peut raisonnablement vouloir maintenir les emplois pendant encore quelques années, mais ce qu’il faut comprendre, c’est que le déclin des activités forestières et l’essoufflement des vieilles alumineries sont désormais inévitables. Dans le second cas, des investissements permettent d’avoir espoir d’en arriver à un second souffle pour l’industrie; c’est toutefois beaucoup moins sûr en ce qui a trait au secteur forestier.

Le vrai problème, qu’il ne faudrait pas oublier en cherchant à sauver les meubles à court terme, c’est que nous allons tôt ou tard nous retrouver le bec à l’eau. Ce jour-là, le Saguenay-Lac-St-Jean ne pourra plus compter sur ses activités industrielles traditionnelles pour faire tourner son économie. Il est déjà minuit moins cinq: il serait à peu près temps que nous nous penchions sur ce qui suivra. Quels secteurs pourrions-nous développer? Si nous faillissons à répondre à cette question, je n’ose imaginer vers quels nouveaux gouffres la région se précipitera.

Bref, c’est bien beau de vouloir sauver ce qui peut l’être, mais il ne faudrait surtout pas perdre de vue un point central et déterminant pour notre région: jamais plus nous ne pourrons nous appuyer sur les secteurs industriels traditionnels pour soutenir notre économie comme nous le faisions par le passé. De quoi sera fait l’avenir?

*Le passage auquel on fait référence ici est l’article 11 de la Loi 8:

11. Le locataire ne pourra céder, transférer ou autrement aliéner les droits qui lui sont consentis en vertu de la présente loi à moins d’avoir obtenu l’autorisation du gouvernement et, le cas échéant, de s’être conformé aux conditions déterminées par celui-ci.

Cette disposition pourrait permettre d’obliger la compagnie à maintenir ses activités dans la région pour une certaine durée.

08
sept
08

Dehors, Greenpeace!

La région du Saguenay-Lac-St-Jean est en émoi. Vous rappelez-vous de cette cocasse affaire, il y a quelques mois, où le maire Jean Tremblay apparaissait en colère sur vos petits écrans en disant “là là” aux deux mots parce que des activistes de Greenpeace s’étaient accrochés à un bateau de pâte de papier pour l’empêcher de se rendre aux Pays-Bas? Le tout découlait d’un différend profond entre le lobby environnemental et la compagnie Abitibi-Bowater au sujet de la coupe forestière. Après ces événements, les deux se sont assis à la même table pour en discuter de manière plus courtoise.

Or, Greenpeace a tout récemment décidé de mettre fin à ces négociations. Le motif est simplissime: selon ses représentants, on devrait désormais cesser toute coupe forestière au Saguenay-Lac-St-Jean (on est loin du juste milieu). L’organisme a donc promis de repartir en guerre contre nos industries forestières par de nouveaux coups d’éclat.

De telles déclarations ont créé de l’amertume chez les compagnies forestières, bien sûr, mais celles-ci demeurent calmes et invitent Greenpeace à revenir négocier. C’est chez les travailleurs forestiers et leurs syndicats que la pilule ne passe pas. Ceux-ci ont invité le lobby environnemental à venir voir sur le terrain comment la coupe forestière et le reboisement se passaient, pour recevoir un refus catégorique. Devant si peu de bonne volonté et des demandes exorbitantes, les membres régionaux de la FTQ se sont mis en colère. Avis aux activistes environnementaux, en cas de grabuge, la violence n’est pas exclue envers vous de la part des syndiqués, qui ne veulent pas vous voir le bout du nez. Les travailleurs forestiers sont en effet excédés par la situation. Le secteur forestier, durement touché par diverses crises au cours des dernières années, réussit de moins en moins à faire vivre les familles qui en dépendent. Chaque semaine, des travailleurs doivent mettre la clé sous la porte de leur maison et vivre avec le spectre de fermetures temporaires ou définitives de leurs usines. Déjà au bout du rouleau, ils n’ont pas envie de voir en plus des militants de Greenpeace venir ternir leur réputation et mettre encore plus en péril les activités dont ils dépendent. La FTQ a lancé un appel à la CSN et à la CSD, les deux autres syndicats du secteur forestier au Saguenay-Lac-St-Jean, pour faire front commun contre le lobby environnemental. Il est à noter que les structures provinciales de la FTQ ont fait savoir qu’ils ne prônaient pas la violence, mais qu’ils avaient rarement vu des travailleurs aussi excédés et que la situation était explosive.

Les syndicats ne sont pas les seuls à réagir. Déjà, le Conseil Régional des Élus (CRÉ) a fait savoir qu’il désapprouvait les actes d’éclat de Greenpeace et souhaitait que l’organisme retourne à la table des négociations et fasse preuve de plus de bonne volonté. Là non plus, on ne veut pas de violence, mais les élus régionaux ne veulent clairement pas voir d’activistes débarquer chez nous. Au cours des prochains jours, d’autres acteurs du Saguenay-Lac-St-Jean se prononceront certainement contre Greenpeace.

Que faut-il exactement pour chasser cet organisme, adepte des coups d’éclat, de nos régions? Lorsque personne ne désire les voir venir pour corriger une situation, de quelle légitimité disposent-ils? Je ne suis pas prêt à donner le bon Dieu sans confession aux industries forestières, mais vous connaissez mon antipathie pour Greenpeace et surtout ses façons de faire, médiatiquement brutales. C’est pourquoi je dis moi aussi: dehors Greenpeace!

05
août
08

Le bilan d’un Congrès

Tant à dire, le tout sous le coup d’une fatigue intense: c’est tout un contrat que de vous parler de notre Congrès-Jeunes. Ça l’est d’autant plus que notre couverture médiatique fut axée presque exclusivement sur trois résolutions controversées, le reste passant à peu près sous silence, que je suis le seul blogueur de la Commission-Jeunesse (et du PLQ) pouvant donc présenter ici un point de vue différent et que j’étais impliqué dans l’organisation même du Congrès, sans pourtant jamais en avoir vécu un auparavant.

Bien entendu, comme dans toute bonne organisation, il existe une bonne part de confusion. Tout est prévu à la minute près, mais une fois sur place, divers retards et imprévus tombent les uns après les autres. Chacun vaque à sa tâche, et je serais bien incapable de vous retracer un portrait complet de la fin de semaine, étant partagé entre mes responsabilités d’adjoint aux affaires politiques, de président de Commission Politique régionale et de représentant régional sortant. Il n’en reste pas moins que, dans l’ensemble, l’organisation fut efficace. Nous nous en sommes tirés sans événements graves et les congressistes ont semblé apprécier leur expérience.

Je crois que ce qui vous intéresse le plus est, sans contredit, le contenu même de ce Congrès. Je vous avais dit avoir participé à l’élaboration d’une partie de la thématique. Ma contribution finale est de ce fait plutôt discrète, deux des trois résolutions sur lesquelles je me suis penché n’ayant pas été abordées faute de temps, et une troisième écartée en raison d’une redondance face à des Congrès précédents. Dans ce dernier cas, il s’agissait d’une résolution sur la réforme du mode de scrutin. La Commission-Jeunesse s’étant prononcée sur la question il y a moins de 3 ans selon mes informations, il n’était pas pertinent d’en débattre à nouveau à court terme. Parmi les 9 résolutions de la thématique abordées, celle qui portait ma griffe concernait la reconnaissance intégrale et accessible des diplômes étrangers. Très peu rapportée dans les médias, cette proposition revêt néanmoins à mon idée une grande importance pour de nombreuses personnes, et je suis heureux qu’elle ait pu progresser. J’espère la revoir lors d’un autre événement du parti, pour finalement l’inscrire au programme. En bref, il s’agit d’instaurer des examens d’équivalence de diplômes gratuits pour toutes les professions, ainsi que des stages de quelques mois en milieu de travail. Le tout permettrait à de nombreux immigrants de faire reconnaître leurs études et de participer pleinement à notre vie économique et sociale collective.

Les autres propositions dans lesquelles je m’étais impliqué plus spécifiquement concernaient une réforme du système de dons d’organes et la réinstauration des diplômes en enseignement, permettant à des bacheliers de devenir professeurs avec une formation d’un an. Elles seront peut-être abordées lors d’une activité future de la Commission-Jeunesse.

Le reste de la thématique portait sur les trois thèmes dont vous avez certainement entendu parler (“bilinguisme” au primaire, impôt post-universitaire et hausse des frais de scolarité, ainsi que démocratisation syndicale; j’y reviendrai), ainsi que quelques autres. Une résolution environnementale prône l’adoption par le gouvernement du Québec de pratique vertes: économie d’énergie, architecture organique, bâtiments certifiés LEED, LEED-argent et plus, utilisation de moyens de communication moins polluants (impression recto-verso, vidéoconférences, etc.), gestion serrée des déchets… Une autre proposition adoptée concerne le renforcement du Conseil de la fédération, ainsi que la réalisation du TGV Québec-Windsor et une alliance avec les autres provinces pour établir le libre-échange avec l’Europe en faisant pression sur le gouvernement fédéral. La proposition sur la commercialisation de l’eau en vrac a été battue. Nous traitions également de fiscalité. Il est surprenant que nul ne se soit attardé à cette position, qui propose entre autres le transfert graduel de l’impôt vers les taxes à la consommation, la diminution de la fiscalité des entreprises et l’utilisation des tarifs hydro-électriques pour procurer des revenus supplémentaires avant de hausser les taxes. Enfin, une proposition étoffée et réaliste sur l’agriculture proposait plusieurs modifications très utiles au monde agricole. La gestion de l’offre y était abordée, mais non dans le sens de l’abolition; il était plutôt suggéré d’en revoir certains mécanismes pour donner plus de latitudes aux producteurs. Je n’y connais pas grand chose, mais l’exemple qu’on m’a donné m’a semblé convainquant: à l’heure actuelle, un agriculteur élevant des vaches et désirant produire du lait avec son troupeau doit d’abord vendre son lait à la fédération des agriculteurs, puis le racheter pour ensuite procéder à la transformation. L’assouplissement de ce type de mécanismes pourrait déjà améliorer le système dans son ensemble. Il y était également question de permettre la culture des terres remises en friche depuis longtemps (ce qui est étrangement interdit), de favoriser les marchés plus spécialisés, d’envisager certaines modifications à l’assurance-récolte, etc.

Je ne suis pas là pour passer mon opinion sur chacune de ces résolutions; de toute manière, un peu de perspicacité ou des questions bien orientées, si vous êtes malins, vous permettront probablement de retrouver ce que j’en pense. Je crois en outre que ce qui vous intéresse encore plus, ce sont les trois résolutions dont tout le monde parle.

Tout d’abord, le fameux “bilinguisme” au primaire. Cette proposition s’inspire en fait du programme, déjà existant, d’anglais intensif, disponible en sixième année du primaire pour les élèves un peu plus doués. Elle permet en général à ceux-ci d’acquérir une meilleure connaissance de l’anglais, ce qui est qu’on le veuille ou non un atout bien utile dans notre monde. Si cela n’avait été de ce programme, je doute fort qu’aujourd’hui je pourrais me considérer comme quasiment bilingue, comme je le fais. Ce qui fait surtout réagir, c’est cette proposition d’amendement, à laquelle l’organisation ne s’attendait pas du tout, qui visait à étendre la mesure pour tout le primaire! Je dois avouer avoir été sidéré de voir que tant de gens dans la salle y étaient favorable. Je fus heureux que cette modification soit battue, car elle devenait extrêmement radicale, elle qui était déjà audacieuse. Du reste, certaines écoles ont, à ma connaissance, déjà instauré l’anglais intensif pour tous en sixième année. Sur ce point, Jean Charest fut d’une grande sagesse: le meilleur moyen de trancher reste effectivement de soumettre la question à l’ensemble des membres en Congrès. Je mûrirai le point d’ici là.

L’impôt post-universitaire peut sembler proprement scandaleux à première vue. Il est exact que cette mesure prône l’augmentation des frais de scolarité annuels de 2500$ à 6500$. Le principe est plutôt simple: la différence de 4000$ entre ces deux montants n’est pas facturée à l’étudiant tant et aussi longtemps qu’il n’occupe pas un emploi après ses études, et que ledit emploi ne lui fournit pas un revenu dépassant un certain seuil. L’objectif est ici de financer les universités du Québec, actuellement en manque cruel de fonds, en réduisant le plus possible le fardeau financier des étudiants au moment où ils disposent du moins d’argent, à savoir pendant leurs études. La mesure s’accompagne d’une bonification du système de prêts et bourses et d’un resserement de l’imputabilité des administrateurs universitaires. Je trouve cette résolution réaliste dans le principe; les gens disposant d’un diplôme gagneront un salaire plus important que la moyenne après leurs études, et seront donc plus en mesure de payer que pendant qu’ils sont à l’université. Néanmoins, je vous accorderai que l’on pourrait discuter longtemps sur l’opportunité d’augmenter les frais d’autant que 4000$, tout comme sur la gradualité d’application de cette mesure et sur divers moyens de réduire l’impact sur des étudiants soucieux face à leur situation financière déjà précaire. Pour l’anecdote, lors du Conseil Général Élargi de février 2007, je m’étais prononcé avec 3 autres jeunes du Saguenay contre la hausse de 50$ des frais de scolarité par session (nous étions probablement les seuls dans la salle à voter contre). La raison dans mon cas? J’avais en tête une sorte de taxe sur le diplôme, applicable lorsque les étudiants auraient fini d’étudier et occuperaient un emploi… Vous comprendrez donc que l’impôt post-universitaire correspond à mon idée d’alors.

Enfin et surtout, les syndicats. Avouez-le, vous avez probablement eu une forte démangeaison de nous traiter d’anti-syndicalistes (si ce n’est pas déjà fait). Je vous mentirais si je vous disais qu’aucun jeune libéral ne l’est; les positions antérieures de la Commission-Jeunesse sur l’abolition de la formule Rand en témoignent (à titre indicatif, je suis opposé à cette abolition). Ce qui a été proposé en fin de semaine me semble toutefois moins radical et, qu’elles proviennent d’une certaine incompréhension du monde syndical ou non, ces suggestions relèvent à mon avis du bon sens. Je vois mal quels arguments réellement rationnels peuvent être invoqués pour attaquer la volonté d’établir le vote secret dans les syndicats pour obtenir les mandats de grève et l’accréditation. N’est-ce pas là parfaitement légitime? Est-il sincèrement si farfelu de croire que, parfois, certains travailleurs syndiqués sont la cible de pression de la part de leurs pairs lors d’un vote à main levée? Et est-ce une demande déraisonnable que de demander aux syndicats de donner à leurs membres leurs états financiers, tout comme le gouvernement ouvre ses livres comptables à la population? Après tout, le travailleur y cotise: il a bien le droit de savoir ce qu’on fait de son argent! La partie sur le dépôt de griefs contre un syndicat peut sembler plus radicale. À mon esprit, il s’agit surtout d’une sécurité: les syndicats étant devenus de très grosses organisations, il n’est pas exclu que le simple travailleur soit à un moment ou à un autre négligé. Celui-ci doit donc avoir à sa disposition une manière de réagir pour corriger la situation. Je doute qu’en général cette procédure soit nécessaire, mais je n’y suis pas de fait opposé. Bref rappel à ceux qui l’auraient oublié: reculez en arrière dans mes billets, et vous pourrez constater que je ne suis pas opposé aux syndicats, que je considère plutôt comme une force sociale très positive. On doit toutefois éviter de laisser ce rouage de notre société rouiller et devenir un frein plutôt qu’un moteur.

Cette résolution comportait une seconde partie, moins médiatisée elle aussi. Elle concernait de nombreux mécanismes relatifs au travail. On y retrouvait, en vrac, l’idée de favoriser l’augmentation des primes au travail à celle du salaire minimum, des modifications aux possiblités de retraite, plus de flexibilité au regard des heures supplémentaires et de l’échange d’heures entre employés, une meilleure prise en charge des assistés sociaux et une obligation pour ceux-ci, après une certaine période, de suivre diverses mesures de réinsertion en emploi (formation, stages, etc). Je vous laisse le soin de juger de ces mesures aussi nombreuses qu’importantes, bien que relativement peu débattues, hélas.

Quant aux résolutions régionales, il me serait impossible de parler de la bonne vingtaine dont nous avons discuté. Ce serait d’ailleurs inutile, puisqu’elles sont trop nombreuses pour être toutes apportées dans le cadre d’un Congrès des membres ou d’un Conseil général pour intégration au programme. Il suffit de savoir que quatre des cinq résolutions du Saguenay ont été adoptées; celle sur le covoiturage a bien failli rester lettre morte, certains militants se montrant réticents à voir l’État s’impliquer dans ce dossier comme nous le demandions.

Pour répondre à Manx, nos résolutions sur la biomasse résiduelle et la réorientation de l’industrie forestière n’étaient pas extrêmement développées, mais comportaient à mon sens de bonnes pistes de solution. La première visait à explorer deux avenues: d’une part, encourager des entreprises produisant des déchets organiques à brûler ceux-ci pour produire l’énergie dont elles avaient besoin; d’autre part, explorer les possiblités d’implantation de centrales de biomasse municipales, alimentées par la collecte de déchets agricoles ou forestiers. Le tout permet de réduire la production de méthane lors de la décomposition, gaz produisant un effet de serre beaucoup plus important que le CO2, tout en obtenant de l’énergie. Dans le cas de la forêt, nous demandions simplement au gouvernement de sensibiliser (et peut-être soutenir financièrement) l’industrie à la modernisation de ses équipements et de sa production, tout en intensifiant les efforts de recherche dans le domaine forestier à la grandeur du réseau des Universités du Québec pour développer de nouvelles filières, comme les polymères ou le domaine médical.

J’ai reçu, au cours de cette fin de semaine, l’une des questions les plus complexes de toute ma vie de la part d’un militant de l’Abitibi. Celui-ci, après une longue discussion où j’affirmais que j’étais en politique par conviction, m’a demandé tout de go quelles étaient mes convictions. L’étendue même de cette question m’a empêché d’y répondre sur le moment; je me suis donc proposé de tenter d’établir une série d’environ 10 convictions politiques profondes auxquelles je m’identifie, à raison d’une par semaine, sur ce blogue. J’espère trouver les mots justes pour exprimer les choses en lesquelles je sais croire, mais que je n’ai pu exprimer de façon concise, la fatigue n’y aidant pas.

Posez des questions, confrontez-moi si vous le voulez, je suis prêt à tout et cela me fera plaisir. Je désire terminer en souhaitant la meilleure des chances à mon successeur au poste de représentant régional des jeunes libéraux du Saguenay, en lui promettant ma collaboration en tant que président de notre Commission Politique et militant dévoué. Et qui sait, peut-être un club libéral étudiant pourrait-il voir le jour au Cégep de Jonquière cette année!

01
août
08

Le début d’un temps nouveau

Non, je ne vous annonce pas une révolution, mais simplement un changement dans ma vie. Comme vous le savez (du moins j’espère), le Congrès-Jeunes des jeunes libéraux débute dès ce soir et durera jusqu’à (retiré: samedi midi) dimanche midi, dis-je. À vos écrans et vos journaux, j’espère bien en entendre parler, d’autant plus que j’ai collaboré étroitement à l’élaboration de certaines portions de la thématique (pas toute, ne généralisez pas; je vous dirai peut-être quoi à mon retour!). Je partirai donc ce soir à la tête de la délégation saguenéenne pour une arrivée tardive vers les 23h à Sherbrooke. Les jeunes de notre région ont travaillé fort cette année: pas moins de cinq résolutions régionales seront présentées aux congressistes, soit autant de propositions que Montréal, plaçant nos deux régions au premier rang. Celles-ci concernent la démocratisation des associations étudiantes, le développement de l’économie sociale, la biomasse résiduelle en région, le covoiturage en tant qu’outil de transport en commun dans les région à faible densité de population et la modernisation de l’industrie forestière, via la recherche et le développement et les nouveaux créneaux.

Comme je l’avais déjà dit, je quitterai mon poste de représentant régional des jeunes libéraux lors de ce même Congrès, pour me consacrer plus entièrement à l’association libérale de Jonquière. J’ai toujours bien connecté avec les militants de mon comté et j’avais envie d’en faire plus. Mon successeur à la Commission-Jeunesse pourra compter sur ma collaboration, notamment à titre de président de la Commission Politique Jeunesse du SagLac (CPJSagLac), organisme de discussion politique pour les jeunes libéraux de la région et des invités non partisans. C’est donc un changement de paysage politique pour moi, avec de nouvelles responsabilités; mon passage à la Commission-Jeunesse aura duré 10 mois. Je ne ferme néanmoins pas la porte à un retour ultérieur en son sein.

Je resterai sur ce blogue jusqu’à ce que mort (du lectorat) s’ensuive, ne vous inquiétez pas. Vous pourrez même y voir du nouveau vers la fin du mois d’août, si tout se déroule comme prévu. Patience…

20
mai
08

Néo-nationalisation, vous connaissez?

J’ai déjà fait allusion au concept de néo-nationalisation dans la chronique “Mon humble avis sur…” au chapitre des ressources naturelles. L’appellation, de mon crû, fait référence à un concept qui s’est déployé peu à peu lors du Forum Étudiant 2008, auquel j’ai participé. J’étais membre de la première commission parlementaire (dont vous pouvez d’ailleurs visionner tous les travaux ici pour la première soirée et ici pour le lendemain matin, après une âpre et très mouvementée nuit de discussions entre le gouvernement et l’opposition officielle) qui traitait d’un projet de loi sur la nationalisation pure et simple des secteurs forestiers, éoliens et hydriques dans la province de Québec. Ce projet de loi, présenté par le gouvernement social-démocrate, ne pouvait évidemment pas convenir à la formation à laquelle j’appartenais, d’inspiration plus libérale, mais ayant néanmoins fini par s’orienter vers une forme de nationalisme économique. Au fil des discussions, cherchant à voir où nous pourrions adoucir le projet de loi et le rendre plus conforme aux idéaux économiques de notre formation (à noter que lors de cette simulation parlementaire, l’idéologie générale est imposée, puis les participants la précisent), le concept de néo-nationalisation a émergé. Il a ensuite été pleinement intégré au projet de loi, malgré de houleux débats sur la question loin des caméras. Un observateur externe m’a par la suite confié qu’il croyait que ce concept pourrait avoir beaucoup d’avenir dans certains secteurs à moyen ou long terme.

Voici de quoi il s’agit. Je prendrai pour les besoins de la cause des citations directes de projet de loi, qui appliquait la néo-nationalisation à l’industrie forestière et éolienne. Voici ce que le projet de loi de base spécifiait:

8. La Société possède le pouvoir de conclure tout acte juridique dans l’accomplissement de sa mission, notamment acquérir, à l’amiable ou par expropriation, tout bien qu’elle juge nécessaire à la saine gestion des ressources naturelles du Québec.

 

(La Société en question est l’organisme qui était chargé d’exploiter les ressources naturelles nationalisées) Par la suite, les négociations et débats ont permis d’ajouter les lignes suivantes:

9. Les entreprises du secteur forestier et celles du secteur éolien peuvent se soustraire à la mesure prévue à l’article 8 si elles prouvent qu’elles sont aptes à respecter l’application des normes exigées par la Société.

10. Les entreprises acquises par la Société pourront être subséquemment achetées par une entreprise ayant un établissement au Québec si cette entreprise s’engage à respecter les normes exigées ainsi qu’à faire un plan de mise à niveau et d’exploitation pour se conformer aux idées et principes de la Société.

11. Les entreprises qui n’ont pas été acquises par la Société doivent établir un plan d’exploitation approuvé par la Société qui prévoit l’exploitation au Québec des activités de distribution et de mise en marché.

C’est là que la nationalisation banale devient néo-nationalisation. Il s’agit réellement de se réapproprier collectivement les ressources naturelles. Au lieu de tout confier à l’État, on permet aux entrepreneurs québécois de racheter une portion de l’exploitation des ressources, mais à certaines conditions strictes. Bref, non seulement rapatrions-nous l’activité économique, mais également, en tant que propriétaires des ressources naturelles, nous nous assurons que les locataires de ces ressources respectent certaines règles bien précises, dans ce cas-ci émises par la Société et basées sur des principes de développement durable stricts, autrement l’entreprise est exclue du marché et renationalisée. En outre, les entreprises déjà en place peuvent se soustraire à la mesure, mais uniquement si elles s’adaptent au nouveau contrat proposé et établissent de façon durable leurs activités au Québec. C’est donc un tout nouveau contrat social fondé autour des ressources naturelles, et qui n’est pas cantonné au simple rachat de toute entreprise à la faveur d’un monopole d’État, tout en assurant le contrôle de la population sur ce qui lui appartient.
À mon avis, cette formule pourrait très bien s’appliquer au secteur hydrique, et éventuellement, à moyen ou long terme, à l’éolien. Quant à la forêt, il serait plutôt risquer de s’embarquer dans le bateau d’une acquisition étatique de cette industrie, peu importe sa forme. Reste que le concept m’a également séduit… Qu’en pensez-vous?
15
fév
08

Mon humble avis sur… les ressources naturelles

Avec la sortie du livre vert de Claude Béchard sur la forêt, les ressources naturelles sont d’actualité. Mais il ne s’agit pas uniquement de la forêt: on devrait plutôt parler des ressources électriques (peu importe la source), forestières et hydriques. Je ne parlerai pas des exploitations minières, puisque le gouvernement n’a pas grand chose à faire dans ce secteur à part établir des normes et que je ne suis pas au courant de la situation générale à l’heure actuelle.

Électricité et énergie: Au Québec, il me semble clair que l’avenir, en matière d’énergie, n’est pas dans les carburants fossiles ni dans l’énergie nucléaire. S’il y a un endroit dans le monde où nous n’en avons pas besoin, c’est bien ici. Nos ressources hydro-électriques sont déjà passablement bien gérées et exploitées, bien que quelques projets intéressants restent à être réalisés. Le débat se situe ici plutôt autour du coût de la ressource. La tarification de l’hydro-électricité est proprement dérisoire à l’heure actuelle, et toute modification aux prix entraîne de l’instabilité politique. Loin de servir ou de nuire à nos politiciens, les tarifs électriques devraient plutôt avoir pour but de sensibiliser la population à la surconsommation d’énergie (très prononcée au Québec) et de fournir des revenus adéquats à l’État.

Au lieu de maintenir les prix à un niveau qui ne fait qu’encourager le gaspillage, nous devrions revoir à la hausse les tarifs autour de 8¢ le kWh pour au-delà de 30 kWh/jour, et à 5¢ le kWh pour les 30 premiers kWh quotidiens (pour ceux qui l’ignoraient, l’électricité est facturée selon 2 paliers; les premiers kWh sont supposés refléter la consommation minimale, offerte à tarif réduit, et les subséquents représent la consommation d’appoint, plus luxueuse). On devrait par ailleurs instaurer un nouveau palier de tarification reflétant les coûts réels de la consommation électrique de luxe, vers 60 kWh/jour, et au coût de 12 à 15¢ le kWh. On pourrait ainsi encourager la population à réduire sa consommation excédentaire d’électricité. Cela aurait de plus l’avantage de ne pas trop augmenter les factures des personnes consommant avec modération. Par la suite, on devrait faire augmenter automatiquement les tarifs d’hydro-électricité d’un pourcentage équivalent à celui de l’inflation annuelle moins 1%, ce qui évacuerait la tentation des politiciens de geler les tarifs à des fins partisanes et leur crainte de revoir les prix à la hausse lorsque nécessaire. Le tout permettrait d’intensifier nos exportations électriques à l’étranger, qui rapportent gros à l’État du Québec et nous aident à maintenir nos services publics à flot sans alourdir les impôts ou couper dans le gras.

Autre point intéressant pour le Québec, l’énergie éolienne. Pour avoir fait quelques recherches sur le sujet [voir l'article du Devoir], nous disposons dans le nord de la province de l’un des gisements éoliens les plus imposants du monde, au potentiel réellement stupéfiant. Certains comparent notre puissance potentielle à l’équivalent énergétique de plusieurs fois la production actuelle d’Hydro-Québec. Si nous pouvions exploiter cette formidable ressource dans une sorte de second projet La Grande, nous pourrions devenir des leaders mondiaux dans le domaine éolien et exporter de grandes quantité d’énergie verte vers nos voisins. Considérons en plus que les routes et les liaisons électriques depuis le nord existent déjà. Toutefois, pour ce faire, il faut qu’Hydro-Québec prenne en main le développement de l’énergie éolienne. C’est pour cela et pour nous bâtir une expertise dans cette forme d’énergie pleine de promesse que je crois qu’il faudrait confier à la société d’État le mandat de procéder à l’implantation de l’éolien au Québec, au lieu du secteur privé et à coup de petits contrats, sans toutefois évacuer la possibilité pour des entreprises québécoises de proposer l’exploitation de petits gisements dans le sud de la province.

Enfin, j’ajoute à ceci une éventualité. Puisque nous ne disposons pas, jusqu’à preuve du contraire, de gisements pétroliers d’importance au Québec, il serait dans notre intérêt de commencer sérieusement à se pencher vers les nouveaux carburants. Je pense ici tout spécialement à l’hydrogène, dont le potentiel est énorme. Pour le produire, de grandes quantités d’électricité sont requises. Or, nous avons, dans notre province, la capacité de produire beaucoup plus d’énergie que nous pourrions utiliser pour produire de l’hydrogène à grande échelle. Un tel projet permettrait au Québec de devenir de plus en plus indépendant au niveau énergétique, tout en protégeant l’environnement. Cela suppose un engagement ferme des secteurs publics et privés dans le développement des technologies liées à l’hydrogène.

Forêt: J’ai déjà parlé de la forêt sur ce blogue, mais le sujet est vaste. En bref, j’ai jusqu’ici affiché mon parti pris pour une modernisation de notre industrie forestière et sa réorientation vers la production de produits ayant plus de valeur que les pâtes et papiers, pour des raisons à la fois économiques et environnementales. Toutefois, mes idées sur le sujet ne s’arrêtent pas là.

Puisque la forêt y est exploitée, sa gestion devrait dépendre des régions. Une décentralisation des pôles de décision vers l’endroit où les ressources sont prélevées est nécessaire et urgente à réaliser. C’est encore les gens qui oeuvrent sur le terrain qui peuvent avoir l’idée la plus précise de ce qu’il convient de faire et de ne pas faire. L’exploitation forestière sous-tend également le reboisement. Les efforts dans ce sens doivent être intensifiés et l’on doit commencer à se soucier sérieusement d’implanter une plus grande variété d’essences d’arbres sur les sites déboisés.

La forêt québécoise a également un besoin criant d’une norme provinciale fixe de gestion et d’exploitation. Les virulentes sorties de Greenpeace contre nos industries sont motivées, entre autres, par des conflits autour des normes actuellement en vigueur et celle que le lobby environnemental voudrait voir adoptée par l’industrie, qui donnerait entre autres un droit de veto à l’organisme et obligerait nos entreprises à s’approvisionner sur des terres privées américaines plutôt que sur le domaine public au Québec. Outre la déstabilisation économique qu’un tel changement de norme causerait ici, le simple conflit sur la question est un important facteur de tension dans l’industrie. Si le gouvernement imposait une norme précise et environnementalement stricte tout en débloquant les ressources financières pour procéder aux inspections requises, tous y trouveraient leur compte.

Parlant de normes, dans tous les domaines (énergie, forêt et eau, ainsi que toute autre exploitation de nos ressources), il est impérieux de se donner les moyens de faire respecter notre législation. Nous avons besoin d’un corps efficace d’inspecteurs ayant tous les pouvoirs requis pour s’assurer que l’industrie respecte nos exigences environnementales.

Enfin, sur la forêt, il faut réduire le degré d’exploitation de notre ressource et se tourner vers des produits qui, à même valeur, demandent moins de bois pour l’avenir de l’industrie. Il en va de la pérennité de la ressource.

Ressources hydriques: Par ressources hydriques, j’entends l’eau elle-même, hors de la production électrique. À l’heure actuelle, nous manquons cruellement d’argent et de main-d’oeuvre pour la protéger, d’information sur l’état de notre ressource et de moyens pour s’assurer que nous bénéficions de son exploitation.

Une première nécéssité consiste à imposer un tarif sur l’eau captée à des fins industrielles et commerciales. Notre ressource est actuellement bradée pour rien alors qu’elle devient de plus en plus en demande. Nos réserves sont imposantes, mais pas inépuisables. C’est une bonne façon de débloquer les fonds nécessaires pour établir des normes, évaluer l’état de nos réserves et procéder aux inspections requises.

Mieux encore, il faudrait imposer une tarification résidentielle sur les consommations de luxe. Nous pourrions fixer un volume d’eau quotidien selon le nombre de personnes par maison ou logement et instaurer un prix au litre sur la consommation excédentaire. Cela sensibiliserait la population à la surconsommation et l’encouragerait à réduire l’excès. On pourrait coupler cette mesure à un bonus fiscal raisonnable pour les résidences consommant à un niveau en-deçà de la moyenne, de manière à faire du renforcement positif.

Il est également nécessaire de considérer l’eau comme une ressource collective que nous prêtons aux entreprises en notre nom. La formule proposée récemment par les groupes de consultation mandatés par le PLQ est en cela intéressante, puisqu’il s’agit d’une quasi-nationalisation de l’eau. Toutefois, j’aimerais attirer à l’attention de mes lecteurs une formule que je crois novatrice, et qui a été développée lors du Forum Étudiant auquel j’ai participé au début de janvier. Selon cette formule, l’État commence par instaurer une norme sévère sur la ressource. Peu de temps après, il procède à la nationalisation de toutes les entreprises qui ne sont pas en mesure de se conformer à la nouvelle norme et instaure une gestion responsable de la ressource. Toutefois, celles qui sont en mesure d’atteindre les nouveaux standards peuvent rester propriétaires et sont les bienvenues. Par la suite, toute entreprise québécoise le désirant peut demander au gouvernement de racheter une portion de la propriété publique pour l’exploiter au nom de la collectivité. Si elle est en mesure de prouver qu’elle respectera la norme gouvernementale, on lui donnera le feu vert. À tout moment, si une entreprise cesse de respecter le cadre législatif, l’État procède à sa nationalisation immédiate. L’étatisation devient donc ici un moyen d’assurer la pérennité de la ressource et l’observation stricte des règlements, sans pour autant brimer le secteur privé qui désire obéir aux lois. On s’assure donc le contrôle de la ressource collectif et on permet la libre-entreprise.

Bien entendu, cette dernière formule n’a jamais été mise en place à ma connaissance. Il est fort possible qu’elle nécessite des améliorations, mais l’idée de fond me semble très intéressante. On devrait donc considérer une solution du genre pour la gestion de nos ressources hydriques.

Voilà qui conclut mon billet “Mon humble avis sur…” hebdomadaire. Les ressources du Québec nous appartiennent et doivent contribuer positivement à notre développement présent et futur, dans le respect de l’environnement. À nous de prendre les mesures nécessaires pour s’en assurer.

07
fév
08

Mon humble avis sur… l’économie

Je lance aujourd’hui une petite série de messages hebdomadaires qui rempliront la fonction de “boîte à idée” qui figure dans la présentation de mon blogue*. J’y exposerai de façon un peu plus détaillée, par sujet, mes idées et mes opinions sur la façon dont le Québec pourrait agir dans différents dossiers. Cela, avec un peu de chance, rendra plus concrètes les grandes orientations que j’ai présentées jusqu’à maintenant en terme de gauche et de droite, en me situant au centre-gauche.

Aujourd’hui, l’économie fera l’objet de mon billet. C’est un sujet d’actualité, notamment avec les risques de récession économique des États-Unis et dans un contexte de mondialisation. La crise forestière y est intimement liée et l’avenir de notre province en dépend fortement. C’est là une de mes convictions profondes: le Québec ne pourra briller et être fort que si son économie est dynamique et puissante.

La pierre angulaire de ma pensée économique est le développement des PME et de l’entreprenariat québécois (y compris des coopératives). Il me semble primordial, dans l’état actuel des choses, que nous fassions preuve de nationalisme économique et que nous devenions maîtres chez nous dans ce domaine. Il ne s’agit pas ici de renvoyer les entreprises étrangères ailleurs, ni d’user de protectionnisme; je parle bel et bien d’encourager les québécois à se prendre en main et à fonder des entreprises. Les peuples les plus prospères sont les maîtres de celles-ci dans l’ensemble. Nous devons donc encourager fortement la fondation d’entreprises et soutenir leur expansion. Les PME possèdent plusieurs avantages: création de créneaux d’excellence régionaux ne dépendant pas de grandes entreprises, potentiel de croissance, concurrence accrue au bénéfice du consommateur, service plus personnalisé, emplois plus valorisants, meilleure redistribution de la richesse, réinvestissements locaux, conscience sociale et environnementale parfois plus prononcée, meilleure résistance globale aux mouvements économiques (une usine ferme et fait perdre 500 emplois d’un coup, alors que les PME ferment dans certains cas mais survivent dans d’autres, ce qui fait en plus un tri des plus performantes d’entre elles). On pourrait donc penser à de nombreuses mesures allant dans ce sens: grappes industrielles (c’est déjà en cours), crédit de mise sur pied à faible taux d’intérêt, simplification de la formule fiscale pour les petits entrepreneurs (pour ne pas les décourager), campagnes de sensibilisation, aide à la recherche et au développement, soutien à la commercialisation hors-Québec…

La recherche et le développement est également un point important sur lequel il convient d’insister. Dans un monde où de plus en plus de pays peuvent concurrencer nos produits moins spécialisés (par exemple dans les secteurs manufacturiers et forestiers, avec les pâtes et papiers), il devient primordial d’innover et d’exporter nos technologies pour soutenir notre économie. C’est un créneau qui est occupé par bien moins de pays et pour lequel nous avons les structures requises. Dans cette optique, on devrait donner plus de pouvoirs et de financement aux centres de recherche universitaires, créer des incubateurs d’entreprises et accenturer les incitatifs fiscaux à l’investissement en recherche. Le financement public de projets de R&D est également une avenue intéressante. L’éducation supérieure doit aussi être fortement encouragée (ce domaine fera l’objet d’un billet ultérieur). Le marché des technologies peut non seulement nous apporter des revenus, mais une grande amélioration de notre qualité de vie.

L’économie du Québec bénéficierait également beaucoup d’une diversification de sa clientèle, d’un point de vue global. Nos exportations, presque uniquement dirigées vers les États-Unis, nous rendent hautement dépendants de nos voisins du Sud. Des accords commerciaux avec l’Europe et l’Asie devraient être conclus et nos entreprises devraient être incitées à se tourner elles aussi vers ces marchés prometteurs.

Ces trois mesures nous donneraient les moyens de devenir une nation entreprenante en pleine possession de son économie, de développer des produits en demande à forte valeur ajoutée et de partir à la conquête de nouveaux marchés. Il existe bien d’autres choses que l’on pourrait faire pour l’économie, puisque presque tout ce qu’un État peut faire a une influence sur ses activités. Toutefois, pour le présent message, je m’y limiterai. Je reviendrai plus tard sur d’autres points (main-d’oeuvre ou énergie, par exemple).

*Il semble que j’écrive mal le mot blogue. Je changerai donc de blog vers blogue jusqu’à ce que je sois certain de la graphie de ce mot.

02
fév
08

On structurera le bois!

Les idées lancées lors du dernier Sommet sur la forêt de décembre 2007 ont été entendues: il semble que le gouvernement Charest lancera un ambitieux plan de valorisation du bois dit “de structure” dans les nouvelles constructions du Québec [1, une toute première référence à Canoe.ca sur mon blog!]. C’est là une excellente nouvelle à la fois pour l’économie et pour l’industrie forestière, surtout à l’aube d’investissements de 30 milliards de dollars dans les infrastructures de la province.

Si vous n’êtes pas au courant de la chose, le bois constitue un matériau de construction au potentiel fantastique. Malgré les apparences, il est aussi, voire plus intéressant que l’acier, puisque sa structure fibreuse lui confère une robustesse remarquable. S’il est traité pour résister à l’usure du temps, ce qui est réalisable, le bois devient utilisable dans la construction non seulement de bâtiments et de meubles, mais même de ponts!
Un pont en bois, à Gardenton au Manitoba, datant de 1918
Et c’est sans parler des nombreux avantages que cette approche peut rapporter au Québec: la production du bois est moins polluante que celle de nombreux autres matériaux, l’immobilisation de matière ligneuse dans des structures réduit la quantité de CO2 contenue dans l’atmosphère (voir la note en bas de page) et le bois est un produit présent en abondance au Québec, ce qui est bon pour notre économie.
Le gouvernement présentera ses mesures dans le prochain livre vert de Claude Béchard sur la forêt. On compte notamment instaurer des quotas minimaux de bois dans les nouvelles structures publiques, industrielles et commerciales avec de l’aide en provenance du Fonds Vert, ainsi que créer un tout nouveau régime forestier et amener progressivement architectes et ingénieurs à abandonner leurs préjugés à propos du bois comme matériau. La crise forestière a pour cause, entre autres, l’incapacité actuelle de l’industrie de concurrencer les nouvelles économies sur le terrain des pâtes et papiers. Cette nouvelle initiative gouvernementale donnera suffisamment de contrats à ce secteur pour qu’il entreprenne une réorientation vers le bois de structure et le bois d’oeuvre, qui sont des produits à plus forte valeur ajoutée et qui ont beaucoup moins d’impacts sur l’environnement, en plus d’offrir des possibilités bien plus intéressantes sur les marchés actuels. La modernisation de notre secteur forestier sera donc mise en route avec ce nouveau plan, qui constitue donc une initiative extrêmement positive à tous les égards. Voilà une façon de faire qui, contrairement au plan fédéral, a beaucoup plus de chances de donner le coup de pouce dont elle a besoin à notre industrie forestière.
Pour ce qui est du CO2, un arbre qui croît emprisonne du CO2 de l’atmosphère dans sa structure. Lorsqu’il atteint sa maturité, puisqu’il ne grandit plus, il cesse progressivement d’absorber du CO2 (il en rejette autant qu’il en absorbe). Si on laisse l’arbre vieillir et mourir, il pourrira ou brûlera, rejetant dans l’atmosphère le CO2 qu’il avait emmagasiné. Si au contraire, on coupe l’arbre et qu’on utilise son bois dans des structures humaines, un nouvel arbre poussera à sa place et on se retrouvera en bout de ligne avec le double de CO2 emprisonné. On en parle à de nombreux endroits sur le web, comme ici.
14
jan
08

Entre l’arbre et l’écorce

Voilà qui décrit bien l’endroit où Stephen Harper vient de mettre le doigt avec son plan de financement de l’industrie forestière canadienne. Sa formule un peu étriquée frustrera certaines provinces et finira par attirer l’hostilité d’un peu tout le monde, sans toutefois qu’on sache vraiment si cet investissement d’un milliard de dollars sera bénéfique.

Il me semble qu’on brasse beaucoup d’air autour de la mauvaise question. L’idée ne devrait pas être de soutenir l’industrie forestière dans sa forme actuelle, mais bien de la moderniser, notamment au Québec où le secteur des pâtes et papiers deviendra complètement dépassé par la compétition bon marché des pays émergents. On a parlé, lors du récent sommet sur la forêt, de pousser l’industrie à se tourner vers le bois de construction et les produits du bois comme les meubles. Cela permettrait à la fois de réduire le volume de bois utilisé pour un même revenu (puisque ces produits ont une plus grande valeur) et de réduire la pression sur un marché durement touché par la concurrence. Les trois partis provinciaux du Québec ont déjà donné de nombreuses impulsions en ce sens… Quand posera-t-on des gestes réellement concrets pour faire progresser l’industrie, et non la maintenir dans un état où elle ne peut que perdre?




Note: Les articles d'Alexis St-Gelais ne traduisent pas les positions officielles du PLQ ni celles de ses instances et les déclarations qui y figurent ne traduisent que les opinions personnelles de l'auteur.

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L’ancien “À mon humble avis”

De janvier à août 2008, une première version de "À mon humble avis", sous la seule plume d'Alexis St-Gelais, a joué le rôle de précurseure de celle-ci sur Blogger. Ainsi, tous les articles du 23 août 2008 et ceux qui précèdent ont été importés depuis l'ancien blogue, avec les commentaires originaux; n'hésitez pas à les consulter!

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