PAR MYRIAM L.
À défaut d’avoir eu la chance d’être publiée dans le journal Le Devoir, j’ai décidé de faire paraître ma lettre d’opinion sur le blogue. Il s’agit d’une lettre de réplique aux écrits de l’avocat Emmanuel H. Beaubrun, parus lundi dans une lettre que vous pourrez trouver ici.
Le Devoir a décidé de faire paraître une réplique sur le sujet de Mme Monique Pauzé, Présidente du Syndicat de l’enseignement de Champlain, que vous pouvez consulter ici. Il s’agit d’un choix bien sûr logique et compréhensible.
Les dires de M. Beaubrun m’avaient fait réagir, car ayant passé plusieurs heures à effectuer des recherches sur le sujet dans le cadre du Forum Étudiant, je me considère quand même au courant de la chose. J’ai en effet travaillé de pair avec mon co-auteur pour élaborer un projet de loi sur l’abolition du financement au secteur d’éducation privé. Il a été retenu et débattu en Chambre dans le cadre du Forum Étudiant, débat auquel j’ai participé à titre de Porte-parole en matière d’éducation, de science et de technologie au sein du 2e groupe d’opposition.
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Voici donc la réplique d’une jeune étudiante en journalisme âgée de 18 ans, sans titre, sans notoriété et sans nom. L’avis d’une simple citoyenne, qui malgré tout – et à juste titre conçoit-elle – se trouve directement concernée par l’état du système d’éducation québécois…
Elle se fera un plaisir de répondre à vos commentaires, s’il y en a, mais veuillez lui accorder quelques jours de délais, car elle ne dispose pas d’Internet sur une base régulière ces temps-ci.
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La nécessité de couper le financement des écoles privées
Les derniers siècles l’ont bien démontré, s’il est un domaine qui constitue la ressource la plus déterminante en matière de progrès social et économique, c’est bien l’éducation, dont les retombées varient grandement en fonction de deux facteurs, soit son niveau et sa qualité. Pour que ce progrès social occasionné par l’éducation se fasse ressentir, ces deux facteurs doivent être réunis et rendus
disponibles au plus grand nombre. C’est en ce sens que je considère que le subventionnement des écoles privées au Québec contrevient à ce principe fondamental et que je m’oppose aux opinions de M. Jean-Emmanuel H. Beaubrun sur le sujet, énoncés dans une lettre d’opinion, De l’importance de financer les écoles privées, parue dans l’édition du 23 février dernier.
Transfert exagéré?
L’octroi de subventions par l’État au secteur d’éducation privé s’élève à 3,2% du budget total du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, chose qui rapporte des économies de plusieurs millions et qui se doit d’être maintenue, selon M. H. Beaubrun. Tout cela en raison que l’arrêt des subventions entraînerait une hausse faramineuse des coûts de l’instruction publique. Il faut certes concéder qu’une cessation du financement étatique causerait nécessairement un transfert d’élèves vers le public, et que cette adaptation ne pourrait s’effectuer sans occasionner des dépenses supplémentaires. Ce qui demeure cependant difficile à déterminer, et ce, malgré les études et sondages portant sur le sujet, est le nombre d’élèves qui effectueraient ce transfert d’un secteur à un autre.
Sur ce point, qui figure à titre de principal déterminant des coûts engendrés par cette opération, il est intéressant de comparer le Québec aux autres provinces canadiennes. En fait, le Québec est la province qui octroie le plus de ses fonds publics au secteur d’enseignement privé, soit un financement à la hauteur d’approximative de 60% de la subvention versée aux élèves fréquentant l’école publique. Notre proche voisine, l’Ontario, n’accorde quant à elle aucun financement public à ses établissements privés. Malgré tout, le taux de fréquentation scolaire des écoles privées s’élève à 5,3%, ce qui semble se situer dans la moyenne des provinces canadiennes n’offrant aucun soutien financier à ce secteur. Or, sachant que le taux de fréquentation scolaire des écoles privées du secteur d’éducation québécois s’élève à 10,4%, il est probable de croire qu’en soustrayant le financement dont bénéficie le secteur d’enseignement privé, son taux de fréquentation scolaire chuterait aux alentours du taux ontarien.
Ainsi, le transfert d’élève et l’augmentation des coûts y étant reliée pourrait être moins drastique qu’anticipée. Comme les chiffres des autres provinces canadiennes le démontrent bien, la hauteur du taux de fréquentation du secteur d’enseignement privé va de pair avec le pourcentage de subventions qui lui est accordé. Il est donc tout à fait normal que le taux québécois soit le plus élevé au Canada et probable qu’il se maintienne autour de la moyenne canadienne si la contribution québécoise se voyait abolie.
Un principe bafoué
En ce qui a trait à cette atteinte d’idéal démocratique défendu par M. H. Beaubrun, soit le choix qu’offre l’école privée à la classe moyenne québécoise de pouvoir bénéficier d’une éducation de qualité et d’un meilleur encadrement, il s’agit là selon moi d’une utopie pédagogique. Un des principes intrinsèques de la démocratie même défend un système social évitant privilèges et exclusions pour ses membres. En réservant le privilège d’une éducation de qualité et d’un meilleur encadrement à une classe moyenne désirant en bénéficier, on empêche près de 90% des élèves fréquentant l’école publique de profiter d’une amélioration de ces services. Tout cela en octroyant, depuis des années, une certaine somme d’argent qui aurait pu contribuer à une hausse du niveau et la qualité de l’éducation qui aurait profité au plus grand nombre. De plus, un tel soutien de la part du gouvernement envers les écoles privées est injustifié, en contrevenant à l’essence même de ce que constitue le secteur privé : la non-intervention de l’État.
Un cadeau empoisonné
Relativement au rôle social des écoles privées, qui selon M. H. Beaubrun, réussissent mieux à atteindre les objectifs de transmission de valeurs morales et sociales que l’école publique, cela est évidemment dû au fait qu’une bonne partie d’entre elles effectuent une rigoureuse sélection de leur clientèle, ce qu’il concède lui-même comme ayant sa part de vérité dans le phénomène. Cette sélection entraîne inévitablement une division des élèves les plus doués des plus faibles, tout en créant dans certains cas une division ethnoreligieuse. Cette division nuit certainement à l’intégration d’une partie des nouveaux arrivants en amplifiant le phénomène de ghettoïsation observé dans les grands centres urbains. Ce n’est pas tout : à l’intérieur des milieux défavorisés, les élèves en difficulté se retrouvent concentrés sur un même territoire, les élèves présentant moins de problèmes allant dans les écoles privées, ce qui peut engendrer un climat scolaire houleux dans les écoles publiques concernées.
L’idée d’abolir les subventions octroyées au secteur privé, que je soutiens, l’est dans le but d’augmenter l’égalité des chances de réussite des élèves et dans l’espoir d’une éducation de meilleure qualité qui puisse profiter au plus grand nombre, une augmentation garante d’un meilleur avenir pour tous ceux qui en bénéficieraient. Cela passe, aussi maigre cette somme puisse-elle être, par une réaffectation des fonds octroyés au secteur d’enseignement privé. Dans le contexte présent des finances publiques du Québec, la hausse du budget alloué à l’éducation publique ne pourra se faire sans les concessions et efforts de certains milieux.







occasionnelle et inévitable dira-t-on. 
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