Archives de l'auteur pour Myriam L.

02
mar
09

La nécessité de couper le financement des écoles privées

PAR MYRIAM L.

À défaut d’avoir eu la chance d’être publiée dans le journal Le Devoir, j’ai décidé de faire paraître ma lettre d’opinion sur le blogue. Il s’agit d’une lettre de réplique aux écrits de l’avocat Emmanuel H. Beaubrun, parus lundi dans une lettre que vous pourrez trouver ici.

Le Devoir a décidé de faire paraître une réplique sur le sujet de Mme Monique Pauzé, Présidente du Syndicat de l’enseignement de Champlain, que vous pouvez consulter ici. Il s’agit d’un choix bien sûr logique et compréhensible.

Les dires de M. Beaubrun m’avaient fait réagir, car ayant passé plusieurs heures à effectuer des recherches sur le sujet dans le cadre du Forum Étudiant, je me considère quand même au courant de la chose. J’ai en effet travaillé de pair avec mon co-auteur pour élaborer un projet de loi sur l’abolition du financement au secteur d’éducation privé. Il a été retenu et débattu en Chambre dans le cadre du Forum Étudiant, débat auquel j’ai participé à titre de Porte-parole en matière d’éducation, de science et de technologie au sein du 2e groupe d’opposition.

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Voici donc la réplique d’une jeune étudiante en journalisme âgée de 18 ans, sans titre, sans notoriété et sans nom. L’avis d’une simple citoyenne, qui malgré tout – et à juste titre conçoit-elle – se trouve directement concernée par l’état du système d’éducation québécois…

Elle se fera un plaisir de répondre à vos commentaires, s’il y en a, mais veuillez lui accorder quelques jours de délais, car elle ne dispose pas d’Internet sur une base régulière ces temps-ci.

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La nécessité de couper le financement des écoles privées

 

Les derniers siècles l’ont bien démontré, s’il est un domaine qui constitue la ressource la plus déterminante en matière de progrès social et économique, c’est bien l’éducation, dont les retombées varient grandement en fonction de deux facteurs, soit son niveau et sa qualité. Pour que ce progrès social occasionné par l’éducation se fasse ressentir, ces deux facteurs doivent être réunis et renduseducation disponibles au plus grand nombre. C’est en ce sens que je considère que le subventionnement des écoles privées au Québec contrevient à ce principe fondamental et que je m’oppose aux opinions de M. Jean-Emmanuel H. Beaubrun sur le sujet, énoncés dans une lettre d’opinion, De l’importance de financer les écoles privées, parue dans l’édition du 23 février dernier.

Transfert exagéré?

            L’octroi de subventions par l’État au secteur d’éducation privé s’élève à 3,2% du budget total du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, chose qui rapporte des économies de plusieurs millions et qui se doit d’être maintenue, selon M. H. Beaubrun. Tout cela en raison que l’arrêt des subventions entraînerait une hausse faramineuse des coûts de l’instruction publique. Il faut certes concéder qu’une cessation du financement étatique causerait nécessairement un transfert d’élèves vers le public, et que cette adaptation ne pourrait s’effectuer sans occasionner des dépenses supplémentaires. Ce qui demeure cependant difficile à déterminer, et ce, malgré les études et sondages portant sur le sujet, est le nombre d’élèves qui effectueraient ce transfert d’un secteur à un autre.

Sur ce point, qui figure à titre de principal déterminant des coûts engendrés par cette opération, il est intéressant de comparer le Québec aux autres provinces canadiennes. En fait, le Québec est la province qui octroie le plus de ses fonds publics au secteur d’enseignement privé, soit un financement à la hauteur d’approximative de 60% de la subvention versée aux élèves fréquentant l’école publique. Notre proche voisine, l’Ontario, n’accorde quant à elle aucun financement public à ses établissements privés. Malgré tout, le taux de fréquentation scolaire des écoles privées s’élève à 5,3%, ce qui semble se situer dans la moyenne des provinces canadiennes n’offrant aucun soutien financier à ce secteur. Or, sachant que le taux de fréquentation scolaire des écoles privées du secteur d’éducation québécois s’élève à 10,4%, il est probable de croire qu’en soustrayant le financement dont bénéficie le secteur d’enseignement privé, son taux de fréquentation scolaire chuterait aux alentours du taux ontarien.

Ainsi, le transfert d’élève et l’augmentation des coûts y étant reliée pourrait être moins drastique qu’anticipée. Comme les chiffres des autres provinces canadiennes le démontrent bien, la hauteur du taux de fréquentation du secteur d’enseignement privé va de pair avec le pourcentage de subventions qui lui est accordé. Il est donc tout à fait normal que le taux québécois soit le plus élevé au Canada et probable qu’il se maintienne autour de la moyenne canadienne si la contribution québécoise se voyait abolie.

Un principe bafoué

            En ce qui a trait à cette atteinte d’idéal démocratique défendu par M. H. Beaubrun, soit le choix qu’offre l’école privée à la classe moyenne québécoise de pouvoir bénéficier d’une éducation de qualité et d’un meilleur encadrement, il s’agit là selon moi d’une utopie pédagogique. Un des principes intrinsèques de la démocratie même défend un système social évitant privilèges et exclusions pour ses membres. En réservant le privilège d’une éducation de qualité et d’un meilleur encadrement à une classe moyenne désirant en bénéficier, on empêche près de 90% des élèves fréquentant l’école publique de profiter d’une amélioration de ces services. Tout cela en octroyant, depuis des années, une certaine somme d’argent qui aurait pu contribuer à une hausse du niveau et la qualité de l’éducation qui aurait profité au plus grand nombre. De plus, un tel soutien de la part du gouvernement envers les écoles privées est injustifié, en contrevenant à l’essence même de ce que constitue le secteur privé : la non-intervention de l’État.

Un cadeau empoisonné

            Relativement au rôle social des écoles privées, qui selon M. H. Beaubrun, réussissent mieux à atteindre les objectifs de transmission de valeurs morales et sociales que l’école publique, cela est évidemment dû au fait qu’une bonne partie d’entre elles effectuent une rigoureuse sélection de leur clientèle, ce qu’il concède lui-même comme ayant sa part de vérité dans le phénomène. Cette sélection entraîne inévitablement une division des élèves les plus doués des plus faibles, tout en créant dans certains cas une division ethnoreligieuse. Cette division nuit certainement à l’intégration d’une partie des nouveaux arrivants en amplifiant le phénomène de ghettoïsation observé dans les grands centres urbains. Ce n’est pas tout : à l’intérieur des milieux défavorisés, les élèves en difficulté se retrouvent concentrés sur un même territoire, les élèves présentant moins de problèmes allant dans les écoles privées, ce qui peut engendrer un climat scolaire houleux dans les écoles publiques concernées.

            L’idée d’abolir les subventions octroyées au secteur privé, que je soutiens, l’est dans le but d’augmenter l’égalité des chances de réussite des élèves et dans l’espoir d’une éducation de meilleure qualité qui puisse profiter au plus grand nombre, une augmentation garante d’un meilleur avenir pour tous ceux qui en bénéficieraient. Cela passe, aussi maigre cette somme puisse-elle être, par une réaffectation des fonds octroyés au secteur d’enseignement privé. Dans le contexte présent des finances publiques du Québec, la hausse du budget alloué à l’éducation publique ne pourra se faire sans les concessions et efforts de certains milieux.

09
fév
09

La presse, l’opium du peuple

PAR MYRIAM. L

Par l’entremise de ce billet, je vous propose une courte analyse d’une des fonctions méconnue de la presse, qui cadre bien dans le débat de société qu’on voit resurgir de plus en plus fréquemment, à savoir la place et l’influence qu’occupe les médias dans notre société.

 

Ne sous-estimez pas le quatrième pouvoir, votre vie sociale pourrait bien en dépendre.

 

Qui penserait que la lecture d’un journal contribue à contrôler l’agressivité d’un peuple et à combler son manque d’interrelations? C’est pourtant bien le cas; le rôle psychothérapeutique de la presse en est un de ses plus méconnus, mais bien un des plus effectifs. Faire vivre le lecteur par procuration, cette sournoise faculté de la presse, est reprise et expliquée par Aurélien Leclerc à l’intérieur de son livre L’entreprise de presse et le journaliste, publié en 1997.

À travers sa fonction de mobilisatrice, la presse joue un rôle considérable dans la théorie de la communication, rôle d’autant plus important en cette ère de consommatiojournaux2n de masse et de relations se vivant par l’intermédiaire des médias électroniques. Le manque de plus en plus fréquent de relations directes, constructives et intimes entre les différents acteurs des sociétés contemporaines, effet surtout ressenti dans les sociétés de masse, crée un vide social amplement répandu. C’est alors que le rôle thérapeutique de la presse entre en jeu, elle qui réussit à combler partiellement ce manque criant d’interrelations. Par ses différents articles, dossiers spéciaux et chroniques, elle publie des photos et fournit des renseignements sur certaines personnalités ou certains secteurs d’activité prépondérants.

Ainsi, insidieusement, par ces parcelles d’intimité dévoilées, les besoins de relations personnelles se retrouvent comblés par cette impression de connaître ces personnes meublant les différentes sphères de l’actualité. De prime abord, cette théorie de la communication peut sembler absurde, mais prend tout son sens lorsqu’on constate l’engouement croissant de la population envers les magazines à potins et les téléréalités. Les gens à l’origine de ces concepts ont d’ailleurs bien saisi l’ampleur de ce manque criant d’interrelations de nos sociétés en l’exploitant à outrance à des fins strictement commerciales.

La presse permet aussi au lecteur d’extérioriser son agressivité refoulée. Par les crimes crapuleux et les histoires sordides qu’elle publie, elle satisfait les tendances agressives de certaines personnes en leur donnant l’occasion de protester et de réagir face aux événements se produisant dans la société dans laquelle ils évoluent. La presse libère l’agressivité et l’émotivité d’une personne, le tout par l’entremise d’un processus intellectuel : cette dernière pourra se scandaliser, réagir et interpeller son milieu à la suite d’événements qu’elle juge révoltants ou inacceptables.

En lisant le journal, le citoyen aura une meilleure compréhension des événements touchant sa collectivité et s’y identifiera ainsi davantage. Dans le même ordre d’idée, ce sentiment d’inclusion lui permettra idéalement d’envisager des moyens efficaces et stimulants d’y contribuer.

Ces rôles étonnants et méconnus de la presse comme régulateur et intervenant social se situent à l’intérieur de ses fonctions plus larges d’informer et d’instruire la population. En informant, elle permet à toute personne intéressée de se tenir au courant des événements modelant l’actualité. En instruisant, elle donne l’opportunité au lecteur de comprendre l’origine de ces événements et de leurs possibles répercussions. Qu’on s’y intéresse ou non, la presse agit indéniablement en tant qu’intermédiaire entre le public et les structures hiérarchiques de toutes sortes tout en occupant une place essentielle dans le bon maintient de notre démocratie.

30
jan
09

Sage décision ou obligation?

PAR MYRIAM L.

C’est avec grande habileté que Michael Ignatieff, nouveau chef du Parti libéral, a réussi à se sortir de l’impasse. En appuyant le budget présenté mardi en chambre par le Ministre Flaherty, M. Ignatieff a su conserver sa crédibilité, augmenter sa popularité et se débarrasser de la coalition. Bons coups stratégiques, il faut le lui concéder.

Rendu à un tel stade, il en était mieux ainsi pour tout le pays que le glas ait sonné pour une coalition qui battait sérieusement de l’aile et ne tenait plus que sur papier. D’une alternative intéressante à prendre en considération lors de sa création à la suite d’un énoncé économique purement idéologique, la coalition avait passablement perdu de sa crédibilité avec la deuxième mise à mort de Stéphane Dion – oui, sa destinée l’avait amené à être chef du PLC par erreur, mais heureusement elle n’a pas poussé jusqu’à le laisser devenir premier ministre par erreur – et son remplacement par Michael Ignatieff, élu par acclamation, ou par désistements et élimination devrais-je dire, qui ignatieffsemblait beaucoup moins chaud à l’idée de traîner le boulet qu’était devenue cette coalition. Un boulet que Stephen Harper s’était bien chargé de faire solidement enchaîner au pied de ses signataires, les rendant prisonniers à moyen terme de leur décision concertée, en prorogeant la chambre de façon précipitée au mois de décembre. Une stratégie globale bien calculée,  révélant la vraie nature des conservateurs, bref rien de mieux pour tuer le projet de coalition dans l’oeuf et s’assurer le pouvoir.

Malgré tout, la coalition aura bien servi à une chose, il faut le reconnaître: elle a retranché les conservateurs dans leur camp. Se retrouvant, pour une fois depuis bien longtemps, devant une opposition réellement prête à le renverser, Stephen Harper n’a eu d’autre choix que de s’adapter à leurs demandes et à regarder en face la conjoncture économique qui avait amplement eu le temps de se détériorer avant que les conservateurs ne se retrouvent obligés de réagir. En devenant une sorte de boulet collectif, autant pour les partis d’opposition que pour Stephen Harper, la coalition aura du moins permis le dépôt d’un budget de relance aux saveurs libérales.

Michael Ignatieff avait-il vraiment le choix d’appuyer le budget? Face à un budget qui possède des lacunes, certes, mais exempt de mine antipersonnel, pas vraiment. En fait, il était bien plus avantageux stratégiquement parlant pour lui d’y donner son aval et de trouver un moyen de bien s’en sortir – il s’agissait tout de même de sa première décision d’important à prendre, point déterminant pour un chef -  que de manier une galère dont il ne souhaitait même pas l’existence. Et encore, si ce n’avait pas été du fait de mener la coalition, ç’aurait été celui de justifier de nouvelles élections. En outre, il s’agit tout de même d’une sage décision, car le pays n’a pas besoin d’une crise politique ranimée et encore moins de nouvelles élections qui retarderaient l’application des mesures de relance.

Autre coup habile de la part d’Ignatieff camouflant sa quasi-obligation morale d’appuyer le budget lui permettant ainsi de faire valoir sa collaboration plutôt que sa soumission: la présentation d’un amendement demandant la production de rapports trimestriels sur l’avancement du plan de relance. Habile, pourquoi? Parce que les dates choisies correspondent aux périodes au cours desquelles le gouvernement a l’obligation de donner à l’opposition des ”journées d’opposition”. Belle occasion pour présenter une motion de censure! Ajoutons à cela que les occasions de faire tomber le gouvernement conservateur ne manqueront pas cette année, déjà que le budget prévoyait déjà la présentation de deux rapports d’étape sur la mise en oeuvre du plan de relance économique, soit en été et un autre au cours de la première semaine de session suivant le congé estival.

La peur ou l’espérance, tout dépendamment, d’élections fédérales dans un avenir très proche peuvent donc être écartées, mais pourraient resurgir plus tôt qu’on ne le pense.

20
jan
09

Le danger du succès

PAR MYRIAM L.

Il a tout pour lui: il est jeune, a du charisme, est afro-américain, succède à huit ans d’insatisfaction généralisée et incarne le sauveur tant recherché à ce moment où le monde vit dans l’espoir de solutions économiques et environnementales à la hauteur des problèmes sociaux engendrés par la conjoncture. Il a tout pour lui, à un tel point qu’il n’est pas mauvais de se demander si son succès ne le mènera pas à sa perte.

Barack Obama deviendra officiellement le 44e président des États-Unis le 20 janvier prochain, soit demain, lors de son investiture qui aura lieu au sein de la capitale fédérale. Le monde entier attend ce moment avec frénésie depuis plusieurs mois déjà. Obama porte non seulement l’espoir d’une nation, mais aussi celui d’une population entière sur les épaules, un poids écrasant qui pourrait l’emporter s’il ne réussit pas à fournir la marchandise tant attendue.  Selon un sondage du New York Times, 79% des étatsuniens se disent optimistes pour les quatre prochaines années qui viennent avec Barack Obama en tant que président. Il s’agit là d’un optimiste qui avait rarement autant contaminé le peuple étatsunien, du moins rien de comparable à ce qu’avaient obtenu ses cinq prédécesseurs lors de leur arrivée à la Maison-Blanche. 

Barack Obama

Le futur président des États-Unis profite bien malgré lui de la situation mondiale qui plaide à sa cause. Outre sa façon novatrice d’aborder une campagne électorale et son grand charisme, Barack Obama ne pouvait mieux tomber à la suite l’ère Bush fils, ce dernier ayant été classé comme étant le président le plus médiocre de toute l’histoire des États-Unis à la suite d’un sondage mené auprès des historiens du pays. Ainsi, sous leurs yeux, les gens de ce peuple se voient assister au terme du règne du pire pour passer à l’idéal. Seulement, ce n’est pas tant de succéder à Bush que de se retrouver face à la nécessité de faire remonter la pente à son pays qui réussit à faire entretenir cet engouement contagieux autour d’Obama.

La marche est haute, et s’il déçoit, il tombera de haut. Un défi colossal l’attend : relancer l’économie du pays en soutenant la classe moyenne, en mettant sur pieds des projets d’infrastructures et en soutenant l’industrie automobile puis en engageant le tournant vert des États-Unis ainsi que l’amélioration de son système de santé, et j’en passe. On n’ose même plus imaginer à combien se chiffrera le déficit de notre voisin du sud une fois toutes ces manœuvres effectuées, déjà qu’il est estimé à plus de 1000 milliards.

Cela dit, quatre ans, est-ce suffisant? Le temps nous le dira, en nous apprenant par le fait même si Obama aura déçu la planète ou si, au contraire, il aura remporté le défi haut la main.

30
nov
08

Quand la grenouille veut se faire plus grosse que le bœuf

PAR MYRIAM L.

L’arrogance du gouvernement Harper risque bien une fois de plus de mener à sa perte. L’énoncé économique présenté jeudi dernier par le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, s’est attiré les foudres de l’opposition. Sous le couvert de l’évitement improbable d’un déficit pour les quatre prochaines années, M. Flaherty présente une mise à jour économique où la réduction des dépenses prime et dans laquelle la relance de l’économie ne figure pas comme priorité immédiate.

Élimination de la subvention gouvernementale de 1,95$ par vote reçu aux partis politiques lors d’élections générales, suspension du droit de grève des employés de la fonction publique pour des motifs reliés au salaire, interdiction des recours aux tribunaux pour réglerJim Flaherty, lors de son énoncé économique les cas d’équité salariale : voilà quelques mesures de l’énoncé économique qui dénotent bien l’idéologie de droite des conservateurs camouflée sous un prétexte de situation économique précaire.

Certes, l’abolition du financement aux partis permettrait une économie de quelque 27,6 millions de dollars par année aux contribuables, mais réduirait à néant les efforts d’assainissement des mœurs politiques à Ottawa instauré en 2003 par Jean Chrétien à la suite du scandale des commandites. En coupant le financement des partis, Stephen Harper s’attaque directement à la démocratie et favorise un retour à l’époque des bonnes vieilles enveloppes brunes. Le gouvernement Harper remet ainsi en question l’existence même de certains partis politiques, tels que le Bloc québécois et le Parti vert, tout en mettant en sérieuse difficulté le Parti libéral, aux prises avec d’importantes dettes.

Alors que partout ailleurs dans le monde des négociations s’enclenchent pour établir des plans de relance visant à stimuler l’économie, à créer de l’emploi et par lesquels les gouvernements injectent des centaines de milliards dans les institutions bancaires pour traverser une des pires crises de l’histoire, M. Flaherty retarde l’adoption de mesures de relance à la présentation du prochain budget en février. Compte tenu de la vitesse fulgurante à laquelle se sont effondrés les marchés au cours des derniers mois seulement, attendre quelques mois supplémentaires démontre à quel point la prévention aveugle des conservateurs les rend déconnectés de la réalité.

La présomption du gouvernement Harper est telle qu’il se comporte comme s’il était majoritaire en chambre, comportement quasi prévisible si on tient compte du laxisme de l’opposition dans la dernière année en plus du statut de minoritaire fort acquis par les conservateurs tout récemment. Malgré tout, cette fois-ci l’opposition ne semble pas vouloir se laisser prendre au jeu et tout porte à croire qu’ils ne laisseront pas les conservateurs profiter de la situation pour suspendre des droits et imposer son idéologie. La preuve, M. Harper s’est vu dans l’obligation de renoncer à couper les subventions annuelles accordées aux partis, ne se disant pas prêt à tomber en élections à ce sujet, mais en déplorant le fait que l’opposition n’appuie pas cette mesure.

11
oct
08

Absence d’une semaine

PAR MYRIAM L.

Suite à une semaine bien remplie en examens et émotions, je quitte la région question de retourner dans mon patelin à l’occasion de ma semaine de relâche. Je n’aurais propablement pas accès à Internet pendant ce temps. Sur ce, je vous souhaite de passer une bonne semaine!

À la prochaine fois!

03
oct
08

Match nul?

Une lutte dans laquelle il est difficile de déclarer un gagnant ou un perdant, chacun des concurrents ayant approximativement donné et reçu le même nombre de coups. Voici, en une phrase, la façon dont je résume le débat des chefs en français d’hier soir. Faible en moments forts, cela étant dû à l’utilisation d’une nouvelle formule excluant toute possibilité de grande joute oratoire, ce débat n’avait rien de bien enlevant. Je dois vous avouer que cette nouvelle formule m’a déçue, car elle garantissait inévitablement un débat calme et respectueux, sans vives confrontations ou attaques réellement dommageables pour l’adversaire. De quoi, malheureusement, entretenir l’argumentaire des grands nostalgiques de cette époque où les débats donnaient lieu à de cinglantes envolées oratoires qui soulevaient les passions. Rien une fois de plus pour réconcilier public et politiciens! De prime abord, le seul fait que les chefs soient assis autour d’une même table donnait un aspect convivial au débat, chose à éviter, les chefs ayant plutôt l’air d’échanger pacifiquement leurs convictions et projets plutôt que de les confronter. En tant qu’auditrice, j’avais davantage l’impression d’assister à une réunion qu’à un débat, ne me sentant pas interpellée et concernée par le discours tenu par les chefs. Malgré ma déception à cet égard, il demeure néanmoins que cette façon de faire a permis d’inverser l’avantage naturel dont profitait certains candidats charismatiques tels que M. Duceppe ou M. Layton dans les débats plus traditionnels en permettant notamment à M. Dion de démontrer le bon côté de son aspect plus factuel, chose difficile à faire pour lui dans le contexte politique habituel, mais qui a été tout à son avantage hier soir.

Stephen Harper a sans contredit été la cible des quatre autres chefs tout au long de la soirée. Encaissant les coups sans trop rien dire, il m’a semblé regarder ses attaquants sourire en coin à plusieurs reprises, tandis qu’à d’autres on pouvait le voir afficher un air profondément ennuyé de regarder ses adversaires se démener pour l’atteindre là où ça fait mal, soit dans les sondages. Il a livré une performance bien ordinaire, mais du moins attendue venant de sa part, s’en tenant à répéter les mêmes annonces et arguments qu’il avance depuis le début de la campagne… Néanmoins, il faut souligner que M. Harper s’exprime nettement mieux en français depuis la dernière campagne, ce qui facilite la compréhension des auditeurs.

La grande surprise de ce débat demeure bien évidemment Stéphane Dion, qui a livré une performance bien au-delà des attentes. Au contraire, on l’a vu plutôt calme et posé, convainquant même par moment, tout en connaissant ses dossiers à fond. De plus, il a su capter l’attention dès la première question posée aux chefs en répondant tout de go de façon claire et précise sur ce qu’il compte faire dans les trente jours suivants son élection pour sauver l’économie canadienne.

Quant à Elisabeth May, j’éprouve une réelle difficulté à faire ressortir des points positifs de sa performance. À mon avis, elle n’a rien apporté de substantiel au débat, ne faisant que gruger du temps qui aurait pu être alloué aux autres candidats à des fins plus utiles et profitables pour les auditeurs. Son principal obstacle réside évidemment en sa difficulté d’expression en français. Elle était difficile à suivre, répondant souvent à côté de la question… Les avait-elle seulement toutes comprises? J’en doute fort! Ainsi, Mme May a clairement prouvé qu’elle n’aurait pas dû participer au débat. Les chefs eux-mêmes ne se préoccupaient pas d’elle qui a été peu sinon pour dire pas attaquée. Sous-estimation du potentiel du Parti Vert qui pourrait leur occasionner une mauvaise surprise? Cela reste à confirmer…

Gilles Duceppe, quant à lui a livré à mon avis une très bonne performance. Égal à lui-même, sa grande expérience en terme de débat a prévalu sur l’argumentaire de ses adversaires. Bonne performance de Jack Layton, qui n’a pas surpris, mais fourni ce à quoi on s’attendait de lui, ce qui à mon avis sera malgré tout insuffisant pour changer la donne et permettre de prédire avec certitude que le NPD formera la prochaine opposition officielle. Reste à voir si la situation demeurera la même suite au débat en anglais!

Voici donc mon analyse et mes prédictions personnelles… Quelles sont les vôtres? D’après vous, qui a livré la meilleure performance?

28
sept
08

Anything but conservative…and liberal

Un nouveau sondage réalisé dans le cadre de la présente campagne électorale fédérale par la firme Angus Reid pour le compte du Toronto Star démontre que les conservateurs mènent avec 40 % des intentions de vote au pays. Rien de bien surprenant là-dedans. Par contre, ce qui l’est davantage, c’est de voir que le NPD et le Parti Libéral sont maintenant au coude à coude avec 21 % des intentions de vote. Ainsi, pour la première fois à l’échelle nationale, si des élections avaient eu lieu dans les derniers jours, le NPD aurait enregistré le meilleur score de son existence tandis que les libéraux auraient fait face à la pire défaite de leur histoire.

Après réflexion faite, est-ce si étonnant? Certes, il est évident que le NPD profite largement de la descente aux enfers des libéraux plutôt que de son propre succès. En effet, on peut facilement constater que des partisans libéraux désabusés et découragés vont trouver refuge principalement sous la bannière du NPD. Anything but conservative, slogan terre-neuvien de la croisade de Danny Williams qui semble trouver écho à travers le reste du Canada.

Il faut dire que les libéraux sont en bien mauvaise posture. Aux prises avec un chef qui serait bien la première personne à s’acheter du charisme s’il s’en vendait sur les tablettes (à ce stade-ci, il s’en ferait sûrement offrir avant même d’avoir pu s’en procurer) et incapable de mobiliser ses troupes ou encore moins de soulever les foules, un tel abandon de la part des électeurs était à prévoir. Même en tentant de se remodeler une image grâce à diverses approches publicitaires et aux louanges de ses candidats qui lui inventent mille qualités qui lui font défaut, Stéphane Dion ne parvient pas à duper la population. À mon avis, cette méthode d’approche envers l’électorat relève quasiment de l’insulte, comme si la population allait fermer volontairement les yeux et se fier uniquement à ce qu’elle entend plutôt qu’à ce qu’elle voit.

Stéphane Dion, chef du Parti Libéral du Canada

Le débat des chefs qui approche à grands pas n’aidera sûrement pas à la cause de Stéphane Dion, puisqu’il s’y présente en étant déjà désavantagé face à ses adversaires. Il s’agit de son premier débat et tout porte à croire que celui qui se déroulera en anglais sera chose ardue pour lui puisqu’il démontre une difficulté évidente quant à la maîtrise de cette langue. Incapable de convaincre l’électorat francophone, il ne fera certainement pas mieux avec l’autre solitude si de surcroît des problèmes techniques entrent en ligne de compte. Bien ridicule pour lui de prétendre par la suite avoir l’étoffe d’un chef d’État. Bref, une dégringolade de plus, ou plutôt la continuité de cette chute amorcée de ça il y a plusieurs mois, pourrait s’en suivre à une mauvaise performance de la part de Stéphane Dion. Cela pourrait-il changer la donne jusqu’à un point tel que le NPD en viendrait à former la prochaine opposition officielle? Chose certaine, la lutte réelle semble de plus en plus s’orienter vers une lutte Parti Libéral – NPD, tandis que les conservateurs volent loin devant, peut-être même vers une éventuelle majorité.

26
août
08

Toutes nos excuses, ça sentait le taliban…

Taliban : militant fondamentaliste sunnite à rayer de la carte afghane, quel qu’en soit le prix à payer. Mentalité qui semble être celle de l’OTAN, la preuve : plus de 90 civils ont violemment trouvé la mort ce vendredi dans l’ouest du pays. En grande majorité constituées de femmes et enfants, les victimes ont péri suite à un bombardement de la coalition sous commandement américain. Simple bavure militaire occasionnelle et inévitable dira-t-on.  Situation tragique qui ne manquera malheureusement pas de se répéter et qui passera une fois de plus comme inaperçue dans nos médias : les morts civiles afghanes ont perdu de leur sensationnel depuis des lunes.  Les États-Unis expriment leurs regrets face à cette erreur fatale pour une centaine de personnes. On s’excuse des torts causés puis, tout bonnement, une fois la conscience rassurée –faute avouée à moitié pardonnée dit l’adage-, on passe à autre chose, en attendant la prochaine bévue du genre. Quand on y pense, à quoi bon s’inquiéter? Quatre-vingt-dix décès de plus, quatre-vingt-dix de moins, la différence ne se remarque même plus dans le lourd bilan des morts innocentes et injustifiées depuis l’intervention des forces étrangères. De plus, le bombardement avait son bien fondé : des talibans se trouvaient supposément dans la région. Question de se débarrasser des insurgés, quoi de mieux que d’épurer la zone suspecte? Faut bien protéger la population tout de même!

J’avoue humblement ne pas en connaître énormément sur le dilemme afghan et ne pouvoir juger pleinement de l’ampleur et de la complexité réelle de la problématique. Reportages et documentaires constituent mes seuls points d’ancrage sur la question. Malgré tout, je ne peux m’empêcher d’éprouver un profond dégoût face à de tels gestes irresponsables et dévastateurs. En plus des dommages matériels et humains engendrés par ces fréquentes situations, l’OTAN perd là toute sa crédibilité.  La coalition tente tant bien que mal d’aider à la réhabilitation de l’Afghanistan suite à la tombée du régime taliban et tue elle-même ses minces espoirs de réussite et de réels changements en effritant considérablement le peu de confiance que la population porte en elle. Comment gagner l’appui et la collaboration des gens, essentielle lors d’une telle mission, en la décimant ainsi? Comment prétendre avoir à cœur l’amélioration de la situation en s’attaquant à ceux qui souffrent déjà le plus ?

En outre, ce bafouement flagrant des droits humains me désole… On enlève des milliers de vies en toute légalité, sous prétexte du bien populaire, mais suffit qu’une personne soit soupçonnée d’avoir tué un soldat américain pour qu’elle se retrouve derrière les barreaux. Comme quoi la liberté de l’un commence où finit celle de l’autre…

Source de l’image: Radio-Canada




Note: Les articles d'Alexis St-Gelais ne traduisent pas les positions officielles du PLQ ni celles de ses instances et les déclarations qui y figurent ne traduisent que les opinions personnelles de l'auteur.

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L’ancien “À mon humble avis”

De janvier à août 2008, une première version de "À mon humble avis", sous la seule plume d'Alexis St-Gelais, a joué le rôle de précurseure de celle-ci sur Blogger. Ainsi, tous les articles du 23 août 2008 et ceux qui précèdent ont été importés depuis l'ancien blogue, avec les commentaires originaux; n'hésitez pas à les consulter!

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