PAR ALEXIS ST-GELAIS
Dans l’édition d’hier du Devoir, la une faisait grand état de l’absence désormais de spécialistes historiques de la Conquête dans les universités du Québec. Cependant, ce qui m’a le plus intrigué était le sous-titre se voulant sans doute choquant en annonçant que moins de 5% des cégépiens étudiaient l’histoire du Québec.
Si certains ne manqueront pas de s’en froisser, force est d’admettre que cette statistique n’a absolument rien d’anormal. En effet, seuls les étudiants en sciences humaines, en histoire et civilisation et en arts et technologie des médias à Jonquière (du moins à ma connaissance) touchent, au cours de leur formation, à l’histoire québécoise. En temps normal, la formation à ce sujet devrait se faire au cours du secondaire. Avant la réforme, un cours entier en secondaire IV était consacré à ce seul sujet. Si le tout est désormais dilué dans une bouillie condensant toutes les sciences humaines dans un cours unique, c’est bien avant d’arriver au Cégep que l’on devrait normalement avoir appris les grandes lignes de notre histoire nationale.
J’ai cependant lu l’article plus en avant pour découvrir qu’une coalition prônait non seulement l’enseignement de l’histoire du Québec à chaque année du secondaire, mais voulait en plus ajouter un cours d’histoire obligatoire à l’obtention du DEC. Encore l’une de ces propositions vertueuses dans le monde de l’éducation!
Sans me prononcer précisément sur la valeur de cette proposition, je me dois de souligner qu’elle appartient à ce qu’il me semble convenable d’appeler le syndrome du cours supplémentaire. J’ai maintes fois observé au cours de mon implication politique que nous avons tendance, au Québec du moins, à proposer un cours supplémentaire chaque fois que quelque chose cloche. Avec la consultation publique, il s’agit sans doute de la manière la plus commode (et la moins utile, au final) d’apporter une réponse à une problématique.
Cours en environnement, cours supplémentaires en histoire ou en éducation physique, formation en démocratie et citoyenneté (sans parler d’endoctriner à la souveraineté dès l’école…), cursus en philosophie intégré dès le secondaire, augmentation des heures de cours consacrées au français, addition d’éléments liés à une langue seconde ou à la culture, retour de l’économie (supprimée dans le délire réformiste), initiation aux finances personnelles et à l’investissement, cours de civisme, il n’y a rien de tout ceci dont je n’aie pas déjà entendu parler au cours de mon implication. Toutes ces suggestions partent d’intentions nobles de réforme sociale: puisque la situation actuelle est mauvaise, nous apprendrons à nos enfants à ne pas tomber dans les mêmes pièges. Mais rien de tout ceci ne tient compte d’une réalité incontournable et immuable, à savoir qu’une journée d’école ne compte que sept heures environ.
Nous aurons beau proposer tous les cours additionnels que nous voudrons, il faut toujours garder en tête que pour ajouter quelque chose à l’horaire de nos élèves et étudiants, il faut en supprimer une autre. Toute proposition de nouvelle formation devrait mentionner quel cours on suggère de rayer de la carte, ce qui rendrait probablement toute l’affaire bien moins alléchante!
Sur papier, suggérer d’ajouter toujours plus de cours peut sembler séduisant, mais il s’agit d’une solution inapplicable qui n’apporte rien de constructif au débat. Mettons donc fin à ce syndrome au plus vite. Un peu plus de créativité ne serait pas superflue…

Bonjour
J’ai des questions historiques pour vous:
1- Qui a fondé la ville de Chicoutimi ?
2- Qui a fondé la ville de Jonquière ?
3- Qui a fondé la ville d’Alma ?
4- De quelles 2 régions du Québec proviennent les premiers habitants du SLSJ ?
5- Qui est John Murdock ?
6- Que signifie pour vous ¨Terres rompues¨?
7- Qui est Alfred Dubuc ?
8- Qui est Kessie Tremblay ?
Salutations
1- Peter McLeod, dont les actifs furent bientôt rachetés par William Price qui obtint ainsi un monopole de l’exploitation forestière dans la région (après avoir également commandité les Vingts-et-un). Bien sûr, il n’est pas question ici du poste de traite ou des activités antérieures à l’entreprise de McLeod.
2- Marguerite Belley. Cependant, contrairement à l’actuel arrondissement de Chicoutimi, l’arrondissement Jonquière a été construit autour de trois pôles de population d’importance à peu près équivalente, disposant chacun de leur propre histoire. Chicoutimi était beaucoup plus centralisé. Kénogami a été fondée à partir d’une partie du Jonquière de l’époque, cédée à Price. Arvida pour sa part est une pure création d’Alcan.
3- Je ne connais pas bien Alma. Wikipédia parle de Damase Boulanger, dont je n’ai jamais entendu parler.
4- Charlevoix, très certainement. Quant à la seconde, elle ne me revient pas.
5- Le fondateur de CJPM-TV (j’avoue avoir dû utiliser Wikipédia)
6- Cela a probablement à voir avec Russel Bouchard ou les Amérindiens, mais je ne saurais trop m’avancer sur le sujet.
7- Entrepreneur forestier très important, J. E. A. Dubuc présida les destinées de la Compagnie de pulpe de Chicoutimi pendant longtemps. Il fut à l’origine d’une importante expansion de la compagnie. Il fut également député et maire.
8- Aucune idée.
Si ces questions ont pour objectif de démontrer qu’il faudrait un cours d’histoire du Québec extensif dans nos programmes, je me permettrais de répondre que la nature très régionale de ces informations les rendent incompatibles avec un cours d’histoire nationale. Il faudrait développer des cursus d’histoire régionale dans cette perspective, et la complexité d’un tel cours augmente d’autant (que faire par exemple des régions dont l’histoire est la moins longue VS les autres? Comment comparer les élèves entre eux? Comment former les professeurs? Etc.)
Si d’autre part il ne s’agissait que de discuter culture générale, ce fut très agréable. Je ne prétends pas (loin s’en faut) être un maître de l’histoire régionale. Cependant, particulièrement en ce qui concerne Arvida, je ne pense pas être un parfait néophyte.
J’aurais tellement préféré passer des heures en histoire plutôt qu’en math!
N’empêche que, contrairement au français et aux mathématiques, l’histoire relève davantage de l’intérêt personnel que de l’obligation de la connaitre pour aller plus loin dans la vie.
2- Puisqu’on parle de trois villes en ayant formé une, je suis d’avis que l’on doit seulement dire le village original de Jonquière et non pas Kéno et Arvida si on demande qui a fondé Jonquière. Par ailleurs, la même chose se produit à Chicoutimi (Chic-Nord, Chic., Riv-du-Moulin) et La Baie (Grande-Baie, Port-Alfred, Bagotville)
4- Bas-Saint-Laurent, connu à l’époque comme la Côte-du-Sud (région de Montmagny)
6- Endroit où l’ancien village de Saint-Jean-Vianney avait été construit
Peu importe votre métier, si vous participez à des activités professionnelles ou sociales, ici ou ailleurs, vous devez avoir une culture assez étendue pour pouvoir soutenir des discours ou des conversions. Si ça vous manque, souvent ça ne pardonne pas.
L’histoire c’est personel mais aussi collectf – on n’y échappe pas – .
C’est plutôt ¨conversations¨ que ¨conversions¨ et¨personnel¨ au lieu de ¨personel¨.
Excusez-moi.