PAR ALEXIS ST-GELAIS
La nouvelle de l’heure: François Legault “quitte la vie politique”. Je ne prétends pas prédire l’avenir ni être un analyste très perspicace de la situation politique à venir au Québec, mais je n’achète pas. Que François Legault quitte ses fonctions de député, soit. Mais il ne quitte pas la politique…. du moins, pas pour toujours, malgré ce qu’il dit.
Observons la situation. M. Legault, après une excellente session, annonce son départ “médité depuis plusieurs semaines”. Cela pourrait à la limite expliquer ses sorties personnelles qui allaient à l’encontre de la ligne adoptée par le PQ. Avant même son départ, il se fait déjà lancer des fleurs, comme c’est de mise avec un député quittant ses fonctions. On dit de lui qu’il a été le plus efficace et le plus visible des membres de l’opposition et qu’il était la caution économique du PQ (ça ne vous évoque pas un certain Parizeau, ça?). Bref, on parle de lui en bien. M. Legault, qui appartient très clairement au Québec Inc., veut se trouver un emploi dans les milieux économiques, mais il n’a pas encore idée de quoi. Il dit désirer commencer par prendre du repos (ce qui est normal) et se tenir loin de la politique (ce qui me semble plus étrange).
Poursuivons un peu la futurologie politique. M. Legault, membre du PQ depuis qu’il a 16 ans, n’arrêtera vraisemblablement pas au début de la cinquantaine de s’intéresser aux affaires du parti. Fort probablement doté d’un réseau bien organisé au sein du parti, à plus forte raison après ses tentatives de se rapprocher de la tête du parti (en 2001 pour être le vice premier ministre de Pauline Marois et en 2005 pour remplacer Bernard Landry comme chef), il demeurera au courant de ce qui se discute au sein des militants et pourra même influencer, dans une certaine mesure, ce qui se passe dans les Congrès.
Pauline Marois démontre déjà des faiblesses de leadership. Les piètres performances de son parti ne l’aident pas à asseoir son autorité et elle fait un peu piètre figure à côté de députés solides comme Bernard Drainville et… François Legault. Pour le moment, le front tient, mais la défaite dans Rivière-du-Loup a certainement ébranlé des membres du parti et même certains députés.
Le départ de François Legault va entraîner une élection partielle dans Rousseau. Ce comté est détenu par le PQ depuis qu’il en est le député; elle a auparavant été une fois péquiste (à sa création) et deux fois libérale, sous le gouvernement Bourassa. Ce peut être ou non une forteresse du PQ, selon l’angle sous lequel on observe la situation… Il serait même possible que Rousseau tombe aux mains des libéraux si les péquistes continuent à stagner dans les sondages.
Après les inévitables élections partielles qui auront lieu au cours des prochains mois et des années à venir, le PQ pourrait essuyer plusieurs défaites mal vues dans le contexte actuel, où le gouvernement devrait plier l’échine devant l’opposition dans les tests électoraux. Le Plan Marois ne fera certainement pas l’unanimité, de son côté. Résultat: il y aura de plus en plus de grenouillage contre Pauline Marois, et ce, avant les prochaines élections générales.
Si (j’admets que c’est un gros si) elle est évincée, le PQ voudra se trouver un chef alternatif fort et crédible. Comme toujours, on ira sonder des personnalités bien en vue. François Legault sera certainement du nombre, surtout s’il prend soin de garder une certaine présence médiatique d’ici là, à titre d’expert économique plus neutre qu’un politicien. Face au PLQ, qui se targue d’être le parti de l’économie, qui en effet de plus crédible qu’un homme issu du Québec Inc. et qui a par ailleurs fait bonne figure face à l’un des piliers économiques du gouvernement Charest, Raymond Bachand? N’oublions pas qu’il s’est également distancé des positions de Pauline Marois…
François Legault aurait alors beau jeu pour revenir au PQ (comme d’ailleurs trois de ses prédécesseurs, soit Jacques Parizeau, André Boisclair et… Pauline Marois!) et d’y imposer ses conditions. Il aura toute la latitude nécessaire pour mettre la souveraineté en veilleuse, comme il le voulait, surtout si le Plan Marois crée des remous. Il pourra également faire prendre un virage vers la droite du PQ, ce qui pourrait le tenter. Surtout, il serait, bien plus qu’André Boisclair et raisonnablement plus que Pauline Marois, susceptible de devenir Premier ministre du Québec. Plutôt tentant!
Bref, j’ai de la difficulté à acheter la thèse selon laquelle cet homme s’en va pour de bon. Il est possible que j’erre, mais je ne suis certainement pas le seul à penser cela, vu les commentaires dans les journaux et dans mon entourage…

Moi non plus, le départ politique de François Legault, je n’y crois pas. La seule façon pour laquelle cela pourrait arriver, c’est qu’il aille rejoindre Elvis et John Lennon sur une île déserte du Pacifique et qu’il joue au Backgammon avec le Père Noël. Mais je crois que ça lui donnera de la crédibilité de s’éloigner des positions de Pauline Marois et qu’il sera plus respecté par les péquistes et non-péquistes s’il venait à faire un hypothétique retour. En plus, même si on est presque sur qu’il ne peut pas vraiment quitter la vie politique, peut-être veut-il au moins prendre ses distances.
C’est excellent pour un politicien de ne pas faire de politique pendant un bout. Les électeurs aiment ça.
Alexis, cela faisait un bon moment que je n’étais pas revenu sur ton blogue. J’y découvre donc une multitude de nouveaux ”papiers” tous plus intéressant les uns que les autres.
Sur la future carrière de François Legault, je ne peux être plus en accord avec toi. Il est CLAIR que Legault ne disait pas la vérité… Il ne la dit pas souvent de toute façon.
Malheureusement pour le Parti Québécois, mais SURTOUT pour l’avenir du Québec, Le Grand menteur sera de retour lorsque Madame Marois quittera la sphère politique.
Si l’avenir du Québec lui tient autant à coeur, il devrait passer outre l’admiration qu’il a envers sa personne et laisser la politique (milieu qu’il a endommagé comme personne) à tout jamais.
Bien à toi,
Jean