PAR ALEXIS ST-GELAIS
En attendant le résultat des élections partielles dans Rivière-du-Loup (je crois que personne ne sera surpris de voir Clément Gignac élu dans Marguerite-Bourgeoys), l’heure est au bilan de la session parlementaire qui s’achève à Québec. L’exercice est d’autant plus intéressant qu’un sondage CROP vient nous renseigner sur l’humeur de l’électorat à l’issue de ces quelques mois passablement mouvementés.
PLQ: 42%
PQ: 37%
ADQ: 9%
QS: 6%
PVQ: 6%
Je me permettrai de concentrer mon bilan personnel sur l’opposition. En effet, de ce que j’ai pu entendre dans les médias, les tribunes téléphoniques sont littéralement assaillies de gens qui se font un plaisir de critiquer le gouvernement libéral. Je ne veux pas dire par là que les libéraux ont été particulièrement brillants depuis les élections. Au contraire, je reconnais volontiers que leur bilan est relativement médiocre, bien qu’il faille noter que notre économie s’en sort plutôt bien jusqu’à présent (était-ce réellement planifié ou le résultat de la chance?). Il n’en demeure pas moins que les nombreuses affaires dont il a été question pendant la session montrent un visage gouvernemental qui m’est un peu moins sympathique que celui du gouvernement minoritaire, sous lequel j’ai milité pour l’essentiel de mon implication politique.
Cependant, les résultats du sondage, qui souligne également l’échec relatif dans la population (et même chez les souverainistes!) du Plan Marois et l’impopularité de la chef péquiste par rapport à son parti, démontrent que le gouvernement n’est pas celui qui a le plus mal joué ses cartes au cours de la récente session parlementaire. À mon humble avis, les plus grands perdants sont pour le moment les péquistes, qui n’ont pas réussi à réellement s’imposer comme opposition forte et qui ont gaspillé les points qu’ils avaient gagnés avec un énième repositionnement sur la souveraineté. Pauline Marois, notamment, est en difficulté.
Depuis que j’ai écrit mon précédent billet sur François Legault et ses probables ambitions sur le poste de chef du PQ, j’ai entendu plusieurs personnes qui pensent comme moi. Le critique des finances de l’opposition officielle et Bernard Drainville semblent en fait tous les deux ressortir comme des étoiles montantes de leur parti. De son côté, Pauline Marois fait du travail correct, mais pas suffisant pour satisfaire ses troupes. Elle s’est même effacée derrière la performance de messieurs Legault et Drainville. Manifestement, son leadership sera contesté avant les prochaines élections, les deux députés sus-nommés se voyant probablement déjà à sa place. En apparence, le PQ demeure uni, mais on dirait que personne ne dit ou ne pense exactement la même chose, y compris sur le Plan Marois…
Du côté de l’ADQ, c’est le calme plat. Gérard Deltell ne s’étant pas lancé dans la course à la chefferie, celle-ci reste plutôt discrète, d’autant plus qu’elle ne se concluera que dans un bon moment. Les six députés en chambre font, pour leur part, leur possible, mais leur nombre n’aide pas leur cause. Ils ont perdu beaucoup de visibilité et le parti stagne au fond du baril dans les intentions de vote. La performance à Rivière-du-Loup sera extrêmement déterminante pour l’avenir de l’ADQ, car elle aura valeur de symbole.
Amir Khadir, enfin, m’apparaît au bout du compte comme un député qui ne cadre pas vraiment. Pour un député indépendant, il occupe beaucoup d’espace médiatique: c’est bon pour son parti. Cependant, sa conduite me semble mésadaptée dans le contexte. Après le lancer de la chaussure sur l’affiche de George W. Bush, M. Khadir a dit du ministre Serge Simard qu’il n’avait pas une intelligence suffisante pour occuper ses fonctions, a traité Henri-Paul Rousseau de façon fort cavalière et a négativement surpris les citoyens par plusieurs de ses déclarations et actions. On peut certes dire que Québec Solidaire a, à travers le député de Mercier, une personnalité politique distincte des autres formations. Cependant, M. Khadir n’est pas Che Guevara et son rôle n’est pas de déclencher une révolution. Son originalité parfois aggressive le condamne à une certaine marginalité. Il n’a du moins pas réussi à mon convaincre jusqu’à présent de la crédibilité de son parti.
C’est ainsi que l’été commence… Nous verrons ce qui arrivera demain et mardi.

Comme prévu, les deux libéraux ont été élus!
Il faut se méfier des sondages hors-campagne. De plus, une lune de miel entre l’électorat et le parti au pouvoir est normal lors des mois suivants son élection.