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La presse, l’opium du peuple

PAR MYRIAM. L

Par l’entremise de ce billet, je vous propose une courte analyse d’une des fonctions méconnue de la presse, qui cadre bien dans le débat de société qu’on voit resurgir de plus en plus fréquemment, à savoir la place et l’influence qu’occupe les médias dans notre société.

 

Ne sous-estimez pas le quatrième pouvoir, votre vie sociale pourrait bien en dépendre.

 

Qui penserait que la lecture d’un journal contribue à contrôler l’agressivité d’un peuple et à combler son manque d’interrelations? C’est pourtant bien le cas; le rôle psychothérapeutique de la presse en est un de ses plus méconnus, mais bien un des plus effectifs. Faire vivre le lecteur par procuration, cette sournoise faculté de la presse, est reprise et expliquée par Aurélien Leclerc à l’intérieur de son livre L’entreprise de presse et le journaliste, publié en 1997.

À travers sa fonction de mobilisatrice, la presse joue un rôle considérable dans la théorie de la communication, rôle d’autant plus important en cette ère de consommatiojournaux2n de masse et de relations se vivant par l’intermédiaire des médias électroniques. Le manque de plus en plus fréquent de relations directes, constructives et intimes entre les différents acteurs des sociétés contemporaines, effet surtout ressenti dans les sociétés de masse, crée un vide social amplement répandu. C’est alors que le rôle thérapeutique de la presse entre en jeu, elle qui réussit à combler partiellement ce manque criant d’interrelations. Par ses différents articles, dossiers spéciaux et chroniques, elle publie des photos et fournit des renseignements sur certaines personnalités ou certains secteurs d’activité prépondérants.

Ainsi, insidieusement, par ces parcelles d’intimité dévoilées, les besoins de relations personnelles se retrouvent comblés par cette impression de connaître ces personnes meublant les différentes sphères de l’actualité. De prime abord, cette théorie de la communication peut sembler absurde, mais prend tout son sens lorsqu’on constate l’engouement croissant de la population envers les magazines à potins et les téléréalités. Les gens à l’origine de ces concepts ont d’ailleurs bien saisi l’ampleur de ce manque criant d’interrelations de nos sociétés en l’exploitant à outrance à des fins strictement commerciales.

La presse permet aussi au lecteur d’extérioriser son agressivité refoulée. Par les crimes crapuleux et les histoires sordides qu’elle publie, elle satisfait les tendances agressives de certaines personnes en leur donnant l’occasion de protester et de réagir face aux événements se produisant dans la société dans laquelle ils évoluent. La presse libère l’agressivité et l’émotivité d’une personne, le tout par l’entremise d’un processus intellectuel : cette dernière pourra se scandaliser, réagir et interpeller son milieu à la suite d’événements qu’elle juge révoltants ou inacceptables.

En lisant le journal, le citoyen aura une meilleure compréhension des événements touchant sa collectivité et s’y identifiera ainsi davantage. Dans le même ordre d’idée, ce sentiment d’inclusion lui permettra idéalement d’envisager des moyens efficaces et stimulants d’y contribuer.

Ces rôles étonnants et méconnus de la presse comme régulateur et intervenant social se situent à l’intérieur de ses fonctions plus larges d’informer et d’instruire la population. En informant, elle permet à toute personne intéressée de se tenir au courant des événements modelant l’actualité. En instruisant, elle donne l’opportunité au lecteur de comprendre l’origine de ces événements et de leurs possibles répercussions. Qu’on s’y intéresse ou non, la presse agit indéniablement en tant qu’intermédiaire entre le public et les structures hiérarchiques de toutes sortes tout en occupant une place essentielle dans le bon maintient de notre démocratie.


1 Réponse vers “La presse, l’opium du peuple”


  1. 11 février 2009 à 12:51

    Si ce phénomène t’intéresse, je te suggère fortement le livre “Public Opinion”, écrit par Walter Lippman en 1922. W. Lippman est considéré comme le premier journaliste qui a couvert l’actualité internationale dans la presse écrite américaine. Dans ce bouquin, il questionne notre perception de l’actualité alors que nous n’en avons aucune expérience concrète. Un deuxième bouquin intéressant dans la même veine: “Propaganda” d’Edward Bernays, publié en 1928. Ce dernier a récemment été traduit par Normand Baillargeon et disponible facilement en librairie. Alors que le premier est très difficile à trouver et n’a jamais été traduit en français. Peut-être à la bibiliothèque d’une université..

    C’est un domaine extrêmement intéressant. Surtout lorsqu’on prend le soin d’analyser le pouvoir qu’ont les médias dans l’influence de l’opinion publique. Souvent, je m’amuse à dire que les médias sont directement responsables de notre asservissement. Ils sont en quelque sorte complices du lavage de cerveaux qui font de nous de paisibles consommateurs.

    Personnellement, je trouve que le style tabloid-sensationnaliste, tel qu’emprunté par le Journal de Montréal et son cousin de Québec, réconforte les gens dans leur petit quotidien. Rendu à la page 8, tu es content d’être encore en vie! Je trouve également que ces journaux s’obstinent à détruire la réputation des fonctionnaires et des syndiqués en général. Ils alimentent ce mythe urbain qui veut que la plupart des travailleurs sont des paresseux et que les gens d’affaires sont des héros. On peut par la suite se distraire et être réconfortés à nouveau en lisant les potins artistiques inutiles et une couverture de l’actualité sportive qui se rapproche d’une thèse de maîtrise. Enfin, assez d’informations superficielles pour alimenter les conversations d’ascenseur!

    Demandez aux gens qui est actuellement hospitalisé pour son problème d’alcoolisme ou qui est le septième compteur des Canadiens. Demandez-leur par la suite qui est le ministre des Finances du Canada… Ça donne une idée de l’efficience du brainwash et de la polarisation des intérêts.


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Note: Les articles d'Alexis St-Gelais ne traduisent pas les positions officielles du PLQ ni celles de ses instances et les déclarations qui y figurent ne traduisent que les opinions personnelles de l'auteur.

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