Le Parti libéral du Québec offre sur son site web sa plate-forme électorale, disponible en format PDF. On y retrouve plusieurs mesures dont il a déjà été question dans la campagne jusqu’à présent, ainsi que d’autres adoptées par les militants depuis 2007. J’ai bien entendu mes mesures favorites: voici lesquelles et pourquoi.
Monique Jérôme-Forget et Michelle Courchesne étaient de passage aujourd’hui au Saguenay pour annoncer l’une des promesses qui, à mon sens, sont les plus prometteuses de la plate-forme libérale. Il s’agit d’étendre l’actuel crédit d’impôt pour les jeunes s’établissant dans les régions éloignées de trois manières. D’abord, on augmentera le montant total du crédit de 8000$ à 15 000$, ce qui ajoute à l’attrait exercé par cette mesure auprès des jeunes. Ensuite, ce crédit sera étalé sur cinq ans au lieu de trois, permettant un enracinement plus profond des nouveaux habitants: c’est la clef du succès pour éviter que les jeunes ne repartent après avoir bénéficié de la mesure. Enfin, ce même crédit sera offert aux immigrants dont le diplôme a été reconnu et qui veulent venir s’établir en région. Vous le savez, je considère que la régionalisation de l’immigration au Québec est une solution à la fois pour les problèmes d’intégration vécus essentiellement à Montréal et à la pénurie de main-d’oeuvre spécialisée (notamment en santé et en ingénierie) vécue dans plusieurs régions. J’applaudis donc cette promesse.
Le volet énergétique du Plan Nord m’attire également. Ce sont 3500 MW supplémentaires qui s’ajouteront à la puissance installée québécoise, permettant à la fois le soutien de nos industries et le développement économique, la satisfaction de nos besoins internes et l’intensification de l’exportation, qui représente un revenu important pour notre État. Il faut d’ailleurs noter que de ce total, 700 MW seront réservés à des énergies dites alternatives, comme l’énergie solaire, éolienne ou hydrolienne. Ce sont des avenues qui méritent d’être explorées, surtout en ce qui a trait à l’éolien (le Nord du Québec recèle un fabuleux potentiel à ce niveau) et à l’hydrolien, méthode de turbinage des cours d’eau bien moins invasive que les barrages hydroélectriques (il s’agit en résumé de construire des “éoliennes” fonctionnant avec le courant d’une rivière plutôt qu’avec le vent). L’implantation de l’Institut National des mines à Val-d’Or est également une excellente nouvelle pour les habitants de l’Abitibi, région encore riche en ressources minérales. Le développement minier et énergétique peut avoir des retombées très positives pour les régions de l’Abitibi-Témiscamingue, du Saguenay-Lac-St-Jean et de la Côte-Nord, qui en ont bien besoin.
La bonification du plan des infrastructures m’interpelle tout autant. Les 4 milliards supplémentaires permettront d’intensifier l’activité économique au Québec en créant de nombreux emplois tout en rénovant nos infrastructures scolaires, sportives, communautaires, culturelles, routières, hospitalières, etc. L’amélioration du transport en commun à Montréal est un axe primordial pour y diminuer la pollution et faciliter la vie des habitants de la métropole québécoise et de ses environs, en rendant les déplacements plus fluides. Quant au projet du train Québec-Windsor, il s’agit d’un projet de toute première importance, qui pourrait devenir une colonne vertébrale économique pour notre province en rendant la main-d’oeuvre très fluide le long du fleuve St-Laurent.
Autres points économiques cruciaux, l’accroissement de nos interactions avec des partenaires différents des États-Unis (Europe, Ontario, autres provinces canadiennes) ainsi que la mise en marché des innovations québécoises permettront de mieux faire face à la crise économique. Le premier point, très vaste, entre dans une démarche de diversification de la clientèle d’exportation du Québec. Notre dépendance économique face aux États-Unis recèle des dangers, dont celui de couler avec eux lorsqu’ils entrent en récession: il est urgent de réduire les risques associés à cette réalité. Quant aux innovations, elles forment un nouveau créneau de développement économique où nous sommes concurrentiels au niveau mondial, ce qui est de moins en moins le cas dans les secteurs manufacturiers et forestiers. L’aide à la mise en marché des inventions québécoises, ainsi que le congé fiscal de 10 ans sur les produits brevetés par des institutions québécoises, encouragent le développement de cette activité économique pleine d’avenir pour notre nation. D’autres mesures sur la recherche contre le cancer permettront une intensification de la lutte contre cette maladie, tout en encourageant une fois de plus le secteur de l’innovation technologique et scientifique.
Je salue enfin l’abolition de la TVQ sur les produits culturels québécois, une promesse qui viendra en partie contrecarrer les coupes en culture réalisées par le gouvernement fédéral. Il ne faut pas non plus oublier l’ouverture qui est faite à l’amélioration du régime de prêts et bourses dans le programme libéral, même si la question pourrait être plus abondamment fouillée.
Avec ce genre de mesures, le Québec sera bien outillé pour faire face à la musique pour les quatre prochaines années. À la population, maintenant, de voir ce qu’elle en pense. Le débat des chefs marquera à ce titre un tournant dans la campagne, et j’espère qu’il permettra à de nombreux électeurs d’arrêter leur choix.

Ce qui est ressort :
La Ministre Jérôme-Forget est mêlée en mautadit
De 2 , ca va couter cher en simonac !
Sylvain Gaudreault a eu une bonne réaction par rapport à cette annonce rocambolesque. (voir site de LBR.ca)
2008-11-25 11:04 – Communiqué de presse
Confusion concernant le crédit d’impôt « jeunes en région »
« Je n’en reviens pas, cette annonce est insuffisante, inadéquate et sans crédibilité » – Sylvain Gaudreault
Jonquière, le 25 novembre 2008 – / LBR.ca / – Sylvain Gaudreault, député de Jonquière et porte-parole de son parti en matière de jeunesse et de développement régional a décidé de réagir à l’annonce effectuée hier par la ministre Monique Jérôme-Forget. « Cette annonce qui se voulait grandiose sent l’improvisation et le réchauffé » a affirmé M. Gaudreault, candidat du parti Québécois dans Jonquière
La seule et unique mesure des libéraux pour les régions
La bonification du crédit d’impôt pour les jeunes diplômés est la seule mesure dédiée aux régions contenu dans la plate-forme nationale du parti de Jean Charest. Cette mesure estimé à 40 millions de dollars est bien minime par rapport au total des engagements de 1,5 milliard de Jean Charest. « Les libéraux n’ont pratiquement rien à offrir pour le développement des régions et ils trouvent le moyen de rater l’annonce de leur unique engagement. Ça démontre bien le peu d’importance qu’ils accordent aux enjeux du développement régional et de la jeunesse » a résumé Sylvain Gaudreault.
Ce n’est pas une demande des organisations jeunesse
Les forums jeunesse des différentes régions n’ont jamais réclamé les changements proposés hier par le gouvernement libéral. La demande actuelle des organisations jeunesse, dont le RAJ-02 au Saguenay-Lac-Saint-Jean, est de transformer le crédit d’impôt non remboursable en crédit d’impôt remboursable. Cette modification souhaitable aurait pour effet de revenir au plan d’action qui prévalait au moment où cette mesure a été mise en place par Mme Pauline Marois en 2002, alors qu’elle occupait le poste de ministre des Finances.
La même promesse qu’en 2007
Lors de la campagne électorale précédente, le gouvernement libéral avait également promis de faire passer la mesure de 8000 $ à 15 000 $. Pourquoi déplacer deux ministres dans Jonquière afin de répéter une promesse qui date de mars 2007 et qui n’a pas été réalisée depuis ? « Ça sent le réchauffé ! Autant dans sa plate-forme nationale que dans les gestes qu’il pose dans notre région, le gouvernement de Jean Charest démontre qu’il est inapte à assurer le développement des régions du Québec » a conclu Sylvain Gaudreault.
Ne copiez-collez pas d’articles provenant de sites externes! Cela fait plusieurs fois que ça se produit et je ne l’accepterai désormais plus. Ne faites qu’ajouter le lien vers la page dont vous parlez, et les lecteurs pourront s’y rendre s’ils le désirent.
Je souhaite qu’on se limite un peu en hydroliennes. La technologie n’est pas encore là et l’Écosse et la Norvège sont en train de la développer. Ils n’ont pas besoin de notre aide pour au moins 10 ans et l’on n’a pas l’envie ni le besoin de se lancer dans ce bateau-là… En plus, l’Angleterre, une île entourée de courants comme le Gulf Stream, prévoit que le potentiel hydrolien n’est là que pour rencontrer 5% de leur demande énergétique. Vu l’investissement, ce n’est pas très très fort. Les Écossais ont quand même décidé de se lancer dans la course.
Je suis plutôt pour les plans d’énergies alternatives communautaires. Pour des communautés régionales de génération de biogaz et des coopératives de vent (cela réclamerait une organisation à la manière de Québec Solidaire, par contre, car sans structure pour les superviser, il n’y aura pas d’éoliennes de disponibles avant 2015), là y a de l’avenir et le Québec est encore apte à y prendre part, ou à profiter de l’élan que d’autres pays ont déjà pris. Je pense surtout à l’Allemagne, dans le cas de ces sources d’énergie.
Manx, l’énergie éolienne en Allemagne, c’est l’affaire du méchant secteur privé… :p Et ils ne l’auraient peut-être pas pris si le mouvement anti-nucléaire n’avait pas été aussi fort.
Wow!
On apprend ce matin que Martine Girard ne participera pas au débat du Cégep de Jonquière ce midi. Au début, elle indiquait un conflit d’horaire alors que ce débat est prévu depuis longtemps. Maintenant, elle indique dans un communiqué que des étudiants péquistes du Cégep invitaient les jeunes à assister au débat et que cela l’a dérangé (Hon ! pourquoi, quel est le problème ?)
Lorsqu’on cherche un faux prétexte, on en trouve toujours un !
“Manx, l’énergie éolienne en Allemagne, c’est l’affaire du méchant secteur privé… :p Et ils ne l’auraient peut-être pas pris si le mouvement anti-nucléaire n’avait pas été aussi fort.”
… Et? Je parle de l’essor technologique, pas de la stratégie de gestion. Pour moi, une stratégie de coopérative de vents apporte plus à la communauté dans laquelle les éoliennes sont implantées. Dans une perspective de développement des régions, c’est la meilleure option, tant que l’on a des membres dans la communauté prêts à s’impliquer, ainsi que des spécialistes capables d’aider l’implantation.
Le privé est pas méchant, mais le premier appel d’offres du Québec nous montre les effets pervers d’une mauvaise gestion (risques de problèmes de santé du à la pollution par le bruit et des règles de zonage inefficaces, peu de consultation de la population dans le projet – ce qui fait que plus de gens sont insatisfaits, et les retombées économiques pour la région qui équivalent à une maigre part des profits – si je me rappelle, c’est 5 à 10%). Un privé qui gère bien son affaire et investit une partie de ses profits dans la communauté, comme le 2e appel d’offre prévoit faire, c’est déjà bien, mais ce serait encore mieux d’aller plus loin avec le modèle coopératif français, qui a prouvé sa fonctionnalité (à condition d’avoir une main d’oeuvre qualifiée pour ce genre de travail).
Siemens a coupé plusieurs postes à Aalborg au Danemark, on peut leur demander…