Je repensais hier à la victoire d’Obama aux États-Unis, une victoire que tous saluent comme historique, même McCain et Bush. Le nouveau président a promis le changement, il a fait rêver la population. De nombreuses personnes qui n’avaient jamais voté se sont inscrites sur les listes électorales (ce n’est pas automatique comme au Canada), et les États-Uniens ont de grandes attentes envers leur nouveau dirigeant.
On se plaint souvent au Québec que nos leaders sont ternes. On déplore le manque de projets rassembleurs et l’inertie de nos élus. On les trouve ennuyeux et l’on cherche systématiquement en quoi les décisions qu’ils prennent visent à assouvir leur soif de pouvoir personnelle, un dangereux stéréotype qui met en péril la crédibilité de la démocratie.
J’essayais de me figurer ce qui serait arrivé si les États-Uniens avaient été Québécois. Notre comportement collectif est très différent de celui de nos voisins du sud en période électorale, et en politique en général. Que se produit-il au Québec lorsque quelqu’un propose un projet un peu audacieux, d’apparence légèrement farfelue mais qui pourrait au fond devenir une grande réalisation nationale? Ici, un mouvement populaire appuyant ce genre d’idées et de candidats serait extrêmement difficile à susciter.
Dès qu’un “Obama” arriverait en nous promettant du changement, voici ce qui se produirait. On lui demanderait d’abord de se prononcer sur notre question nationale. S’il le fait, il vient de s’aliéner entre 40% et 60% de l’électorat. S’il ne le fait pas, prétextant que son projet vise le développement du Québec et est neutre sur ce sujet, on le traite de lunatique et on l’écarte du débat. Ensuite viennent les “réalistes”. On accusera le candidat de pelleter des nuages. On lui dira que ce qu’il cherche à accomplir est trop cher, que cela mettra en péril la paix sociale, qu’on a d’autres chats à fouetter. Une fois ceux-ci passés, des syndicats, lobbys patronaux ou économiques et groupes sociaux se prononceront contre le projet, puisque cela met en péril l’intérêt de leurs membres ou que ce n’est pas assez ou trop radical à leur goût. Il restera enfin les “cyniques”, qui diront que la mesure suggérée n’est que poudre aux yeux, qu’on cherche à vendre du rêve mais qu’au fond le candidat ne lance son projet que pour obtenir le pouvoir, bref qu’il est corrompu. Pendant ce temps, les médias oublieront probablement de parler du projet novateur en question, préférant se consacrer aux derniers sondages et aux vox populi nous apprenant, ô surprise, que la population n’aime pas les élections, et ce même si la dernière remonte à cinq années auparavant.
Où est rendu le projet, là-dedans? Il est mort, étouffé sous l’inertie colossale de notre population. Quant à son porteur, il est marginalisé, oublié et discrédité. Retourne chez toi, “Obama” du Québec, car quand ton vent de changement a soufflé, on a fermé la fenêtre en frissonnant. Quel projet pourrait-ce être? N’importe quoi: le développement de lois environnementales audacieuses, un renouveau du pacte social, le développement énergétique, etc. La même logique s’applique sur une base régionale.
Peut-être qu’avant de se plaindre de nos politiciens et de nos orientations, on devrait faire un examen de conscience. Le cynisme est devenu si omniprésent qu’il s’alimente lui-même. Bref, avec les élections qui commencent, arrêtez donc de vous casser la tête sur le pourquoi du comment du scrutin, et consacrez-vous plutôt aux enjeux. Le vrai gaspillage de 80 millions de dollars aura lieu si nous noyons cette élection sous de vaines querelles.
À lire aujourd’hui:
Le PQ entre en guerre fauché; Jean Charest prend un risque; Le PQ relègue la souveraineté à l’arrière-plan; Charest dit aller en élections pour l’économie; Pauline Marois confiante; Charest en campagne pour le OUI…; Charest demande une majorité
Ajouts:
Les appuis ont fondu mais le PQ reste; Dumont veut privatiser une partie d’Hydro-Québec; Jean Charest présente son plan économique; Marois dévoile un plan de plus de 600 millions

Parti Libéral = inertie
Laissez-moi essayer à mon tour…
Débat sur la souveraineté=inertie.
Fédéralisme Centralisé=inertie
Même l’ADCul est moins pire sur ce point! Ils sont naïfs mais au moins ils essaient, EUX!
Changement de propos, c’est incroyablement stupide la promesse libérale d’augmenter le salaire minimum. La récession d’abord, OUI!
http://anarchopragmatisme.wordpress.com/2008/11/07/pourquoi-il-faut-abolir-le-salaire-minimum/
Et c’est pourquoi je ne suis pas un fédéraliste centralisateur, ni d’ailleurs le PLQ. Retournez lire les demandes du parti sur la question, adoptées lors du dernier Conseil Général. C’est mieux que l’ADQ, qui veut rouvrir la Constitution le plus tôt possible…
Quant au salaire minimum, je ne m’attendais pas à ce qu’un anarchiste applaudisse la mesure.
La PLQ est le plus centralisateur de tous les partis. Au moins, l’ADQ propose une solution, une solution qui ne fonctionnera pas, mais au moins ils vont tenter quelque chose.
Le pire, c’est qu’il y a des pseudo-anarchistes qui sont en faveur de l’augmentation du salaire minimum proposée par les libéraux!