Jean Charest est toujours furieux contre l’opposition pour l’élection de François Gendron au poste de président de l’Assemblée Nationale. Comme plusieurs l’ont souligné, son courroux n’est pas complètement injustifié, puisque la stratégie des péquistes et adéquistes crée un précédent. Ceux-ci ont procédé à l’élection du président sans consulter au préalable le parti gouvernemental, une première dans l’histoire parlementaire québécoise. La candidature de M. Gendron est également arrivée quelques heures à peine avant la fin de la période de dépôt. Les libéraux sont peut-être minoritaires, et n’ont pas un chèque en blanc pour gouverner, mais on peut quand même dire que l’opposition n’a pas été particulièrement fair-play sur ce point. Jean Charest aurait-il raison de s’en offusquer jusqu’à déclencher des élections? La réponse appartient à chacun, mais le risque est bien réel. En tout cas, au Saguenay-Lac-St-Jean, la machine libérale s’est mise en route.
Que des élections se produisent avant les fêtes ou au printemps prochain, les associations libérales provinciales de Roverval, Lac-St-Jean, Jonquière, Chicoutimi et Dubuc tiennent à être prêtes. Depuis quelques jours déjà, la radio CKRS et le journal Le Quotidien font part des plus récentes rumeurs relatives aux candidats libéraux qui devraient être choisis au court du prochain mois. Isabelle Boillat, la présidente régionale du PLQ, a en effet annoncé récemment que des investitures approchaiènt à grands pas. Voici donc ce qui se discute actuellement dans les médias, avec parfois mon grain de sel…
Roberval: Cela fait longtemps que l’on pressent Georges Simard, maire de Dolbeau-Mistassini et président de la Conférence Régionale des Élus, comme prochain candidat libéral. Les rumeurs médiatiques le voient en effet comme le prétendant le plus sérieux à ce poste pour le comté de Roberval. Le principal intéressé hésite toutefois, en avançant que ses priorités sont ailleurs. Un retour de Karl Blackburn, le député libéral battu en 2007, est du domaine de l’impossible à ces élections-ci, selon moi, mêmes si certains ont dû y penser.
Lac-St-Jean: Les rumeurs actuelles parlent de Pierre Simard, un syndicaliste renommé dans le comté, comme candidat éventuel. Je n’ai par contre eu aucune connaissance de commentaires de sa part, et je n’ai aucune information relative à la situation des libéraux dans le comté.
Dubuc: Serge Simard, conseiller municipal de Saguenay et président du conseil d’arrondissement de La Baie, bien connu dans la circonscription, a d’ores et déjà annoncé officiellement qu’il serait candidat lors de l’investiture de Dubuc, qui, selon mes informations, devrait arriver très bientôt. J’ai ouïe dire que l’on aurait droit à une course à deux dans ce comté, et même si le nom de l’autre candidat(e?) m’échappe, j’ai cru comprendre que l’on aurait droit à une course entre deux excellents aspirants.
Chicoutimi: On a parlé d’Isabelle Simard, une avocate de Chicoutimi qui est également présidente de l’association libérale de la circonscription. Cependant, pour lui en avoir déjà parlé par le passé, je serais extrêmement surpris qu’elle soit effectivement intéressée à se présenter à une élection pour le moment. Certains esprits imaginatifs prévoyaient également le retour d’André Harvey, qui a été plusieurs fois candidat et a offert une très bonne performance en 2007 dans Chicoutimi, un comté détenu depuis 10 ans par le whip du PQ Stéphane Bédard et qui n’a pas connu de député libéral depuis la fin du gouvernement Taschereau, en 1936. Ce scénario n’est pas impossible, mais me surprendrait énormément, M. Harvey ayant réalisé plusieurs élections par le passé. Ces deux personnes étant écartées, les paris sont ouverts… Je me retiens la langue pour le moment.
Jonquière: Dans un petit accès de fierté d’arrondissement, je garde Jonquière pour la fin! Trois noms ont été avancés pour l’ancienne circonscription de la ministre libérale Françoise Gauthier, actuellement détenue par Sylvain Gaudreault du PQ. On a d’abord fait référence à Raoul Simard, un échevin de ville Saguenay très impliqué au niveau de son quartier. Je le connais très bien et je n’ai donc pas été surpris de le voir réfuter cette supposition; une autre fois, peut-être…
Autre nom, assez connu des gens de Jonquière, Daniel Giguère. Avant les fusions, M. Giguère était maire de la ville de Jonquière; il a déjà tenté sa chance comme candidat libéral fédéral en 2004, et conservateur en 1997. Il était également le principal opposant de Jean Tremblay à la première élection municipale de Ville Saguenay. Depuis, M. Giguère a travaillé avec le ministre Jean-Pierre Blackburn, pour ensuite transiter vers la Conférence Régionale des Élus à titre de directeur général. M. Giguère, pour lequel de nombreuses rumeurs circulaient en coulisses, a à ma grande surprise nié vouloir tenter sa chance pour les prochaines élections provinciales, ne fermant toutefois pas la porte pour l’avenir.
Enfin, CKRS a parlé de Martine Girard, actuelle présidente de la Commission Scolaire de la Jonquière. Mme Girard s’est d’abord fait connaître aux côtés de Raoul Simard (qui n’était alors pas échevin) dans un comité citoyen. Les deux, résidant à St-Jean-Eudes (dans le secteur Arvida), se sont opposés à la fermeture puis à la démolition de la dernière école de leur quartier, qu’ils voulaient transformer en centre communautaire. La Commission Scolaire, soutenue par le député d’alors, Lucien Bouchard, désiraient pour leur part rayer l’édifice de la carte; il s’en est suivi de longues années de lutte. Au bout du compte, l’école fut détruite. À partir de ce moment, Mme Girard s’est impliquée activement auprès de Françoise Gauthier et au PLQ, est devenue commissaire scolaire de son quartier et a monté avec Raoul Simard un dossier complet pour l’érection du centre communautaire dont ils rêvaient. Celui-ci est aujourd’hui presque terminé. Depuis près d’un an, Mme Girard occupe la présidence de la Commission Scolaire, où elle a entre autres dû faire face à l’incendie de l’école secondaire Kénogami, qui a entraîné une grande réorganisation des élèves et du transport scolaire, notamment. Mme Girard a confirmé avoir été approchée, et n’a pas démenti son intérêt. Rien n’a toutefois été annoncé officiellement.
Je vous tiendrai au courant des développements!
Autre chose, vous aurez pu remarquer que le nombre de Simard impliqués dans toute l’affaire est plutôt hallucinant. Je vous confirme que, pour une raison qui m’échappe, ce nom de famille est terriblement répandu chez les libéraux du Saguenay-Lac-St-Jean, même s’ils ne font pas tous partie de la même branche (il doit bien y avoir un ancêtre commun quelque part). À Chicoutimi seulement, l’association de comté compte une demie-douzaine de Simard!

M. St-Gelais, croyez-vous sincèrement que votre patron aie discuté avec vos deux nouveaux “qui font dans leur culotte à la moindre occasion” -parole de Mario Dumont- seulement et durant la journée de mardi passé ?
Ce que je crois plutôt c’est que cette affaire de transfuge avait été fignollée depuis quelques mois déjà et que Charest a attendu la première occasion humiliante pour lui et son parti pour sortir ses chickens du sac.
Concernant le “précédent”, il existe parce que votre gouvernement est minoritaire et ne représente que 33% de la population.