Redécouper la carte électorale du Québec deviendra, au fil du temps, un exercice de plus en plus périlleux. Nous devrons bien un jour en arriver à l’instauration d’un système électoral mixte, où les territoires des comtés restants seraient beaucoup plus étendus et se prêteraient sans doute bien mieux à des recadrages, par ailleurs moins fréquents. En effet, un écart de 25% entre la population d’un comté et la moyenne provinciale est beaucoup plus difficile à atteindre si cette même population moyenne est plus importante. Cependant, ce billet n’a pas pour objectif de vous présenter ma version idéale de la réforme du mode de scrutin, mais plutôt de vous exposer une problématique régionale dans le système actuel. Elle vous paraîtra somme toute bien locale, mais il s’agit d’un non-sens profond.

La municipalité de Petit-Saguenay n’est certes pas immense avec ses 700 âmes. Il s’agit pourtant d’un lieu bien connu des gens du Saguenay, et le village fait décidément partie de la région. Le DGEQ, pourtant, projette de déplacer cette population, actuellement partie intégrante du comté de Dubuc, dans le comté de Saguenay (j’ai déjà lu que ça se nommait René-Lévesque, mais j’ai de gros doutes)… sur la Côte-Nord!
Pourtant, Petit-Saguenay est tout sauf un village de la Côte-Nord. Au fédéral, il fait partie de la circonscription de Chicoutimi-le-Fjord. Il est sur le territoire de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay. En outre, il fait partie de la MRC du Fjord-du-Saguenay avec treize autres municipalités de notre région, ce qui lui donne indirectement une voix dans notre Conseil Régional des Élus (via le représentant de la MRC). S’il en manquait encore, Petit-Saguenay représente la frontière approximative entre la région du Saguenay et… Charlevoix! Où donc est la logique de placer ce village avec les électeurs de la Côte-Nord sur la scène provinciale alors que toutes ses autres attaches sont dans notre région? La mairesse de l’endroit, Thérèse Gaudreault, ne laissera pas les choses se passer ainsi, mais le risque d’un écartèlement de la représentation politique est toujours présent.
C’est dans ce genre de situation que l’on peut se demander sérieusement si le DGEQ a en tête les divisions et les appartenances régionales en tête lorsqu’il redécoupe ses cartes.

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