La question est enfin arrivée: quelle est ma position précise sur la place du Québec au Canada? Pourquoi ne suis-je pas séparatiste? En quoi consiste cette “fédération de provinces” à laquelle j’ai fait références quelques fois déjà? Je tenterai aujourd’hui de répondre à tout cela.
Débutons par le plus simple: je ne suis pas souverainiste. C’est d’abord une question d’énergie. Depuis des décennies, une grande part du débat public québécois a été drainé vers le débat de l’indépendance du Québec, sans pour autant donner de résultats tangibles. Après deux référendums perdants et tant d’entre-déchirement collectif, je commence à croire que nous ferions mieux de laisser cette idée de côté pour nous consacrer aux problèmes actuels avec plus d’attention. Au lieu de toujours ramener ce qui se passe autour de nous dans l’optique souverainiste, notre énergie serait mieux dépensée à tenter de réaliser à son meilleur notre Québec, pour en faire une nation prospère, culturellement riche et audacieuse. Le temps perdu à débattre de séparation a donc été beaucoup plus improductif qu’édifiant ou utile, et plus les années passent, pire cela devient puisque l’on s’embourbe sans cesse dans les mêmes ornières.
En outre, je n’aime pas l’attitude qui est sous-tendue par l’indépendantisme. L’un des arguments les plus récurrents des souverainistes est que nous n’avons pas signé la Constitution canadienne, ce qui constitue automatiquement un rejet de ce pays par le Québec qui n’y trouve pas sa place. Je ne renie pas ce dernier fait. Si les libéraux ne signent pas eux-mêmes la Constitution, c’est qu’elle ne nous convient pas. Toutefois, la solution séparatiste consiste à rejeter en bloc le Canada en disant que nous n’avons plus rien à y faire. Il en découle une sorte de défaitisme, dont le raisonnement est le suivant: “puisque nous n’avons pas été en mesure d’adapter la Constitution à notre goût, le Canada n’est plus pour nous”. C’est une attitude qui baisse les bras, en quelques sortes. Au contraire, l’option fédéraliste est plus entreprenante, plus positive. Elle encourage à ne pas se laisser abattre et à se retrousser les manches pour en arriver à une Constitution qui nous conviendra sans pour autant briser un pays. D’ailleurs, nous devons bien nous l’admettre, nous ne sommes pas si mal logés au Canada.
Enfin, la souveraineté me semble hautement inutile, et cette impression s’intensifie au fur et à mesure que le temps passe. Si à l’époque des Patriotes une sécession aurait peut-être pu être justifiée puisque nous étions bien plus opprimés en tant que peuple alors, de nos jours nous
avons de nombreux droits et nous sommes bien loin de l’assimilation, n’en déplaise à certains. Le Canada nous offre beaucoup de liberté individuelle et collective; l’autonomie du Québec est relativement étendue; notre économie se porte très bien comparativement à plusieurs autres endroits du monde; malgré certains accrocs, le Canada ne cherche pas à réprimer sa minorité francophone. Je vois mal donc où sont les fabuleux avantages que nous promettent les indépendantistes en cas de séparation du Québec. Dans mon esprit, la situation resterait sensiblement la même, si ce n’est que tout notre impôt irait à Québec, qui en contrepartie devrait assurer toutes les dépenses d’un État indépendant. Cela ne changerait pas grand chose. La souveraineté me semble donc plus ou moins vaine.
Maintenant que j’ai exposé les grandes lignes de mon opposition à la souveraineté et de mon adhésion à l’option fédéraliste, il convient de clarifier ma position. En effet, la question de l’indépendance du Québec ne peut absolument pas être réduite à une opposition entre trois pôles, avec une “nouvelle” solution intermédiaire, à savoir fédéraliste-autonomiste-souverainiste. Il s’agit plutôt d’un véritable continuum d’options possibles, que je classerais généralement ainsi (de la plus fédéraliste à la plus indépendantiste): Fédéraliste orthodoxe (à la Trudeau) / Fédéralisme d’ouverture / Société distincte / Provincialisme / Autonomisme / États associés / Souveraineté-association après référendum avec négociation d’union économique / Souveraineté unilatérale avec référendum sans négociation / Souveraineté unilatérale à élection de parti séparatiste / Indépendance révolutionnaire (armée). Je devrais définir ici tous ces concepts, mais vous comprendrez que ce type de billet est très long. Je me contenterai donc de m’inscrire dans la section provincialisme et de vous expliquer ce dont il s’agit, puisque c’est une option relativement obscure et personnalisée.
Après avoir étudié attentivement la Constitution canadienne ainsi que les demandes constitutionnelles de tous les premiers ministres du Québec depuis 1936 (vous pourrez les trouver ici), j’en suis venu à forger ma propre position sur ce que pourrait devenir le Canada. Il me semble d’abord que l’esprit de base de notre fédération devrait être une union des provinces. À l’origine, le Canada a été fondé entre autres pour faire contrepoids à l’économie américaine en réunissant les colonies britanniques en une seule entité, de manière à créer un nouveau marché. L’autre objectif était de s’accaparer le territoire des prairies avant nos voisins du Sud, qui étaient à l’époque une menace sérieuse pour toutes les colonies. L’optique de contrepoids et de création d’un marché peut toujours prévaloir aujourd’hui. Le Canada s’est ainsi créé à la demande des colonies (bien que le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse aient changé d’avis avant d’être forcés à rejoindre le Canada). Bien que la question puisse prêter historiquement parlant à débat, je considère donc que l’esprit de la fédération est de servir les intérêts des provinces. Dans cette optique, le provincialisme met les provinces de l’avant comme gouvernement de base du Canada, qui à leur tour mettent certains secteurs en commun au niveau fédéral. À l’heure actuelle, c’est plutôt la mentalité inverse qui domine.
Par ailleurs, vu la taille du Canada et la très grande variété de gens qui y vivent, les
gouvernements décentralisés doivent être priorisés. Ainsi, dans plusieurs champs de compétences, les provinces doivent avoir la priorité ou l’exclusivité, puisqu’elles sont les mieux placées pour décider au nom de leur population en tenant compte de leur situation particulière. Dans un Canada considéré comme une véritable union de provinces, cela serait mieux appliqué.
J’ajoute à tout ceci un concept un peu plus audacieux. Le fait que les Québécois forment une nation, malgré tous les débats partisans à ce sujet, ne peut pas être remis en doute. Il est donc vrai qu’en tant que nation, nous devons avoir une certaine liberté d’orienter notre avenir collectif. Toutefois, j’irai plus loin: les québécois, les canadiens-anglais et les autochtones ne sont pas les seules nations du Canada. Je crois que, de plus en plus, chaque province peut constituer une nation en soi. Un ontarien, un néo-écossais et un britanno-colombien sont tous très différents les uns des autres et, en Alberta, lorsque l’on demande aux canadiens de toutes origines d’où ils viennent, ils répondent majoritairement qu’ils sont de leur province et non pas qu’ils sont du Canada (à l’exception des ontariens). Ajoutons à cela les Acadiens et nous obtenons un Canada aux visages multiples. Il est faux de croire que seul le Québec devrait revendiquer plus d’autonomie pour assurer l’avenir de sa nation: chaque province constitue, à sa façon, une forme plus ou moins développée de nation qui justifie pleinement l’adoption d’un système fédératif véritable, une union de provinces.
Puisque j’endosse cette vision, je prône que les provinces travaillent ensemble à l’établissement d’un pacte fédératif plus proche de celui qui prévaut en Suisse. La décentralisation des pouvoirs doit s’accentuer légèrement et s’uniformiser pour les provinces, et les pouvoirs résiduels devraient leur être attribués. Les pouvoirs fédéraux restants devraient notamment comprendre une compétence partagée en environnement (pour établir un cadre national que les provinces adapteraient à leurs besoins), la défense, les poids et mesures, les pouvoirs d’un État indépendant (tarifs douaniers, passeports, acceptation des immigrants en compétence partagée avec les provinces), certaines prémisses limitées en économie, les eaux territoriales, une partie de la justice et de la sécurité publique, le patrimoine de niveau pancanadien, etc. Les provinces devraient avoir un accès reconnu par la Constitution à une présence internationale dans leurs domaines de compétences et une plus large part des impôts. Enfin, le sénat devrait être changé en chambre des provinces au fédéral et ses pouvoirs révisés, et un tribunal constitutionnel devrait être formé pour étudier les questions relevant du document fondamental de notre pays.
Le provincialisme tient son nom du fait qu’il place les provinces au centre de ses préoccupations. Il se différencie de l’autonomisme de Mario Dumont du fait qu’il désire intégrer l’ensemble des provinces canadiennes dans l’effort de
décentralisation, alors que l’ADQ souhaite surtout recroqueviller le Québec sur lui-même en se bornant à demander toujours plus de pouvoirs à Ottawa sans se préoccuper des autres provinces, avec lesquelles nous aurions pourtant tout avantage à nous entendre économiquement et constitutionnellement. Le provincialisme est d’autant plus prometteur que les autres provinces du Canada commencent à avoir une conscience individuelle plus pointue. Terre-Neuve et l’Alberta sont, après le Québec, les plus avancées sur ce terrain. Bien entendu, une telle approche sera difficile à utiliser, mais je demeure optimiste et je crois qu’il y a là matière à une discussion sensée. De plus, ma version du provincialisme est encore sujette à évolution.
En attendant, le fédéralisme d’ouverture me semble la meilleure voie, puisqu’il permet de conclure des ententes pour satisfaire à certaines demandes du Québec. Néanmoins, le risque qu’un changement de gouvernement mette fin à celles-ci est toujours présent. C’est pourquoi je demeure convaincu que la question constitutionnelle ne doit pas être mise de côté et qu’un jour ou l’autre, nous devrons revenir à la table des négociations.

Vous savez M. St-Gelais, j’ai pas mal partagé toutes les opinions des options sur table en ce qui concerne le Canada et la situation du Québec.
Vous allez me trouver bizarre en tant que Québecois-Canadien Français de dire cela mais en ce qui concerne le ROC, je crois que plusieurs se disent, it’s pay back time.
En ce sens, pourquoi les canadiens ne seraient-ils pas eux aussi habilités à voter sur l’option constitutionelle de garder ou non le Québec dans la confédération canadienne via un référendum ou une consultation populaire si on réfère au langage d’André Boisclair.
Vous irez lire des textes d’un de mes correspondants activiste pour les droits des anglos au Québec à une certaine époque Howard Galganov sur son site web http://www.galganov.com. Vous y en apprendrez beaucoup sur le ressentiment qu’on eut les anglos du Québec comme lui en allant jusqu’au point de mettre dans le même bâteau les fédéralistes-nationalistes du PLQ complaisants aux politiques du PQ (incluant le débat infernal sur la loi 101 que j’éviterai ici mais qu’Howard vous expliquera de long en large sur son site).
Tout comme lui, j’en suis rendu à cette option bizarre après la séparation, le souverainisme, l’indépendentisme, l’autonomiste et même le fédéralisme asymétrique prôné par votre parti, d’être de retour au séparatisme.
Oui, en tant que “reborn French canadian”, je le dis dans mon blogue et ce n’est pas pour rien que je l’ai intitulé comme cela, il y a un petit côté provocateur mais en même temps naturel puisque je suis dorénavant first and foremost Canadian, je veux me séparer, c’est exact. Je veux me séparer des séparatistes.
Je veux leur donner un territoire, comme les indiens ont leur réserve. On y plantera des drapeaux fleurdelysés sur ce territoire, on y implantera des lois aussi draconiennes qu’irréalistes anti-anglaises, on y bannira le drapeau canadien, on se fera sa propre armée québecoise, on aura des piastres aux couleurs des patriotes avec la face de René Lévesque dessus et on aura des bureaux de postes de Postes-Québec et l’on ne boira que de la Bleue.
La question n’est pas de savoir si ça va se faire, je vais participer activement pour que les séparatistes puissent avoir tout ce qu’ils veulent. La question est de savoir quand cela va se faire et quelle grandeur de territoire ils vont réussir à obtenir.
Logiquement, est-ce que ce nouveau Québec où Paul Piché deviendra ministre de la culture devrait inclure des pans de l’île de Montréal comme Westmount où les gens ont voté non à 95% contre la séparation? On veut le territoire certe tout comme les Mohawks aimeraient bien remettre la main sur Montréal, New Hampshire et le Vermont but that’s not going to happen.
On devra sérieusement songer à la formule que cette proposition prendra puisque selon moi, ce sera la réponse pour venir à bout de ce débat stérile entre souverainistes durs, mous, mi-durs, mi-mous et fédéralistes durs, mous, mi-durs mi-mous.
Devra-t-on laisser le choix aux gens de rester Canadien ou de devenir Québecois indépendamment du territoire? Devra-t-on y aller avec une approche comté par comté?
Une chose est certaine, pourquoi s’entêter à vouloir garder des gens au Canada qui n’ont rien à cirer du Canada si ce n’est qu’un chèque de paye? De la même façon, pourquoi on forcerait des gens à s’intégrer au Québec alors qu’ils désirent demeurer Canadiens? On est pas au temps d’Hitler et de l’Ancheluss après tout, n’est-ce pas?
Salutations cordiales,
Tym Machine
http://www.tymmachine.blogspot.com
Votre argumentaire comporte plusieurs faiblesses. (à mon humble avis)
“Après deux référendums perdants et tant d’entre-déchirement collectif, je commence à croire que nous ferions mieux de laisser cette idée de côté pour nous consacrer aux problèmes actuels avec plus d’attention.”
- J’espère que vous êtes plus tenace que ça dans votre vie personnelle.
“[...]notre énergie serait mieux dépensée à tenter de réaliser à son meilleur notre Québec, pour en faire une nation prospère, culturellement riche et audacieuse.”
- L’indépendance est justement un outil pour combler plus facilement à toutes ces aspirations.
“puisque nous n’avons pas été en mesure d’adapter la Constitution à notre goût, le Canada n’est plus pour nous”.
- De un, la constitution canadienne est, selon à peu près tous les constitutionnalistes (fédéralistes ou souverainistes), impossible à réformer. Sa formule d’amendement (7/50) est un obstacle infranchissable quand il est question de répondre aux aspirations historiques du Québec. De deux, je répondrai à votre phrase par ceci: ” puisque nous n’avons PAS ENCORE réussi à nous donner un pays, l’indépendance n’est pas pour nous”. Ça, c’est défaitiste !!
“[...]l’autonomie du Québec est relativement étendue;[...]“
-Là est le gros problème. L’autonomie du Québec n’est pas ce qu’elle devrait être. Le régime fédéral canadien n’a cessé de se centraliser pour passer d’une fédération en 1867 à une pseudo-fédération. Le pouvoir fédéral de dépenser pervertit grandement l’esprit de ce que voulait les Père de la Confédération. Si l’entente de 1867 avait été respectée, entente basée sur un compromis entre les deux peuples fondateurs, probablement qu’il n’y aurait pas de mouvement souverainiste au Québec.
“[...] une “nouvelle” solution intermédiaire, à savoir fédéraliste-autonomiste-souverainiste.”
-Vous êtes bien certain que c’est une nouvelle solution? J’aimerais bien savoir en quoi elle est différente des positions de Duplessis, Bourassa et bien d’autres … Quant à moi, tous les PM du Québec ont voulu plus d’autonomie pour le Québec.
“Dans cette optique, le provincialisme met les provinces de l’avant comme gouvernement de base du Canada, qui à leur tour mettent certains secteurs en commun au niveau fédéral. À l’heure actuelle, c’est plutôt la mentalité inverse qui domine.”
- Si vous réussissez à faire passer ça au ROC, j’embarque avec vous. Cela tiendrait plus de la Confédération que d’une fédération. Seulement, la vision du Canada qu’ont les Québécois et celle qu’ont les Canadiens sont bien différentes et, comme je l’ai dit souvent, elles sont irréconciliables.
“Toutefois, j’irai plus loin: les québécois, les canadiens-anglais et les autochtones ne sont pas les seules nations du Canada. Je crois que, de plus en plus, chaque province peut constituer une nation en soi.”
-Allez lire sur la définition d’une nation. Consultez plusieurs oeuvres de plusieurs auteurs…. Vous ne pouvez pas donner la signification que vous voulez à des mots …
Pour le reste, je suis pas mal en accord, si vous êtes capable de faire accepter une fédération à la suisse au ROC, vous allez être le politicien le plus important dans l’histoire du Canada. Mais, ne trouvez-vous pas que, comme le vous le dites à propos des démarches des indépendantistes, votre démarche pour tenter de réformer ce Canada irréformable n’est pas en soi une perte de temps? Ce n’est pas comme si vous étiez le premier à croire en cela.
Félicitation pour votre texte. J’aurais aimé avoir une vision politique aussi claire à votre âge !
@Emmanuel Simard:
“Après deux référendums perdants et tant d’entre-déchirement collectif, je commence à croire que nous ferions mieux de laisser cette idée de côté pour nous consacrer aux problèmes actuels avec plus d’attention.”
Vous répondez:
- J’espère que vous êtes plus tenace que ça dans votre vie personnelle.
Vous voyez, c’est là qu’il est le problème avec les séparatistes. Ils ne veulent pas faire face à la réalité. La réalité, c’est que le oui a perdu 2 fois. Je trouverais que l’approche honnête serait l’option “game de hockey”…oui oui sérieusement…il faudrait que les séparatistes gagnent deux fois.
Vous voyez, les gens ont le droit de voir les choses comme ils le veulent. Je prends l’analogie du gars qui veut reconquérir le coeur d’une fille. Si elle lui a dit non deux fois de façon majeure à ses avances, il serait à peu près temps qu’il décroche. Il existe cependant une minorité plus tenace, celle là sera-t-elle récompensée…peut-être mais peut-être devra-t-il se contenter de jouer les seconds violons dans le coeur de cette fille, le bouche-trou de circonstance.
Je suis personnellement prêt à un compromis avec les séparatistes, je serais prêt à leur accorder tous les territoires qu’ils gagneront avec une majorité claire, on pourrait par exemple aisément fixer la barre à minimum 60% disons…cette partie pourrait être négociable mais il ne faudrait pas séparer du Canada une région administrative qui dirait oui à la séparation à 51%. Ce ne serait pas claire et honnête et beaucoup trop aléatoire.
On doit CLAIREMENT mériter un pays et le désir collectiviste de vivre ensemble des séparatistes québecois portera certes ses fruits mais il ne faudrait pas que ces fruits empiette sur les libertés individuelles et les choix des autres.
Salutations cordiales,
Tym Machine
@ Tym Machine, vous avez droit à votre opinion sur le sujet et ce n’est pas la toute première fois que je l’entends. Mais je demande quand même à voir. Cela m’étonnerait que les canadiens votent pour mettre le Québec dehors. Je ne partage donc pas votre opinion.
@Emmanuel Simard: Réponse très étoffée que j’apprécie. Je me permettrai de répondre à chacune de vos objections.
“J’espère que vous êtes plus tenace que ça dans votre vie personnelle.” Nous pourrions débattre sur cette question qui relève de points de vue divergents. Ce n’est probablement pas le plus objectif de mes arguments, mais je le crois sincèrement. On pourrait arrêter de parler d’indépendance ne serait-ce que 5 ou 10 ans… On prenait bien des pauses quand on parlait de réformer la Constitution. Actuellement, je constate simplement que nous sommes loin de la plupart des pays qui se sont séparés (à l’exception de la FYROM), avec un large consensus social. J’ajouterai aussi une théorie qui n’est pas de moi et qui est souvent répandue: face à deux solutions possibles, on se doit de préférer la plus simple, la moins susceptible de créer des problèmes. L’indépendance n’est pas une solution simple; on doit donc tout essayer pour réformer la Constitution avant de jeter le torchon. Je me base ici sur le fait que nous sommes dans le Canada. Si nous étions indépendants et que le débat était l’inverse, je serais probablement partisan du maintient de la souveraineté du Québec (supposant des résultats à peu près similaires avec ou sans le Canada). C’est une simple question de pragmatisme.
“L’indépendance est justement un outil pour combler plus facilement à toutes ces aspirations.” Je l’ai dit dans mon billet, nous avons déjà tout ce qu’il faut pour le faire. La seule chose concrète que l’indépendance pourrait vraiment nous apporter serait quelques années d’une impression de grandeur. Ce n’est pas ça qui va nous aider énormément. Et même en concédant qu’elle est un outil, elle est loin d’être le seul disponible. Disons que ça pourrait être une issue ultime, que nous n’avons pas encore atteinte.
“De un, la constitution canadienne est, [...]impossible à réformer[...]” C’est ce que vous dites. Toutefois, mon approche provincialiste me semble raisonnablement capable d’obtenir le 7/50. On ne peut en être sûrs que lors d’une négociation avec les autres provinces, ce qu’actuellement tout le monde refuse. Pourtant ça ne coûte pas grand chose d’essayer. Pensez-y: l’Alberta et Terre-Neuve veulent une décentralisation; les maritimes développent peu à peu une identité propre; le Manitoba et la Saskatchewan sont capables d’un fort individualisme. Ce n’est pas inatteignable. Quant à votre phrase sur l’indépendance, encore une fois, cela reste une question de point de vue.
“Là est le gros problème. L’autonomie du Québec n’est pas ce qu’elle devrait être [...]“. Je suis tout à fait d’accord avec vous. Si je ne l’étais pas et que le PLQ ne l’était pas, nous n’aurions jamais suggéré de modifier quoi que ce soit. Je ne crois pas que quiconque puisse nier que le parti libéral s’est maintes fois colleté avec le fédéral pour régler différents litiges, ni qu’à la lecture de ma position constitutionnelle vous puissiez dire que je considère que tout est pour le mieux à l’heure actuelle.
“Vous êtes bien certain que c’est une nouvelle solution? [...]” Ayant lu toutes les demandes constitutionnelles depuis Duplessis, ma position est justement une synthèse des points saillants faisant l’unanimité chez la grande majorité des premiers ministres du Québec. Par contre, l’idée de placer les provinces (et pas seulement le Québec) à la base de la Fédération (ou de la Confédération, peu de gens semblent actuellement d’accord sur les définitions de ceux deux concepts très rapprochés) me semble nouvelle. Elle n’a du moins pas été défendue activement par un parti jusqu’à présent.
“[...]la vision du Canada qu’ont les Québécois et celle qu’ont les Canadiens sont bien différentes et [...] irréconciliables.”
Tout d’abord merci d’éventualiser d’adhérer à mon projet. Irréconciliable? Cela reste à voir. Si une bonne partie des provinces comprennent que leur avantage réside à obtenir plus d’autonomie, et c’est en cours présentement, peut-être pas tant que cela. Et ce serait précisément dû au fait que les provinces ont toutes des visions différentes (un Québec plus social-démocrate, une Alberta plus conservatrice, etc.) que la voie du provincialisme serait intéressante.
Pour ce qui est de votre invitation à vérifier la définition de nation, je l’ai fait. Wiktionnaire: “Grande communauté humaine, le plus souvent installée sur un même territoire et qui possède une unité historique, linguistique, culturelle, économique plus ou moins forte.” Multi dictionnaire: “Groupement de personnes vivant dans un même pays et partageant la même culture, les mêmes traditions.” J’avais un Larousse, mais je ne le trouve plus. Le message me semble quand même clair. Les Albertains, au sens de ces défintions, forment certainement une nation avec sa culture, ses traditions et son économie particulière. Il n’y a que la langue qui soit la même… Nous parlons français; sommes-nous de la nation française? Le concept de nation demeure sujet lui aussi à débat. Si les autres provinces ne forment pas actuellement des nations, du moins sont-elles des nations en devenir. La simple diversité fabuleuse des milieux du Canada suffit à l’établir.
Et enfin, nous en revenons encore au débat sur qui perd son temps et qui ne le perd pas. Je me permets de croire que l’union fait la force et ce que je propose est une union. Je ne prétends pas être le premier à le penser, mais les péquistes ne sont pas les premiers à suggérer l’indépendance non plus…
@Alexis,
“Cela m’étonnerait que les canadiens votent pour mettre le Québec dehors. Je ne partage donc pas votre opinion.”
Laissez-moi développer une analogie boiteuse certes mais une analogie quand même.
Je compare ce que le Québec a fait aux autres à un ami qui te poignardes dans le dos. Certains pays criminalisent les gens qui prônent des idées séparatistes à commencer par les USA qui lorsque le mouvement viendra trop intense déployera l’armée pour rétablir l’ordre comme cela avait été fait au Texas il y a plusieurs années de cela.
Alors, ton ami t’a poignardé dans le dos, mais tu es un bon jack et tu te dis qu’il devait être fâché noir le pauvre pour te poignarder dans le dos. Tu lui pardonnes et tu tournes la page.
Or, 15 années plus tard, vous êtes redevenus bons amis et vous buvez une bière chez vous tranquillement. Votre ami vous demande alors d’aller lui chercher une bière dans le frigidaire. Pas de problème, vous vous levez, vous allez la chercher mais juste au moment où vous tournez le dos à votre ami vous ressentez à nouveau cette étrange sensation de picottement très intense dans le dos et vous apercevez une marre de sang à vos pieds. Vous faites ni un ni deux dans votre tête pour réaliser que votre connard d’ami vous a encore poignardé dans le dos une deuxième fois même après lui avoir pardonné une première fois son “incartade”.
Alors voici comment certains Canadiens se sentent par rapport à ce que le Québec leur a fait vivre.
Se pourrait-il qu’après avoir été poignardé deux fois par votre ami, vous refusiez à ce que vous redeveniez colocs? Agir autrement relèverait de l’imprudence et de la stupidité la plus totale.
Le Rest of Canada se sent un peu comme cela face au Québec. Sur le quai-vive anticipant le prochain coup de poignard dans le dos.
Or les chances sont que le ressentiment soit trop grand, qu’ils démissionnent sur nous puisqu’ils ont totalement perdu confiance en nous. Il peuvent eux aussi nous envoyer une missive de divorce à l’amiable à titre préventif. Parce qu’à recevoir des coups de poignards dans le dos, ça peut venir tannant à la longue.
Salutations cordiales,
Tym Machine
http://www.tymmachine.blogspot.com
@Alexis: Merci pour ta réponse ! Je l’ai bien lu et même si je ne partage pas votre point de vue, je le respecte tout de même ! Pour ce qui est de la définition de nation, vous avez raison sur un point, il y beaucoup de débats sur le sujet. Seulement, en quoi la culture albertaine se différencie-t-elle de celle de la Colombie-Britannique? En quoi la culture du Manitoba est-elle différente de celle de la Saskatchewan ? Les Canadiens forment assurément une nation, mais je ne crois pas que chacune des provinces en soit une. Si vous le voulez, vous pouvez consulter un texte d’Ernest Renan que j’ai trouvé:
http://www.bmlisieux.com/archives/nation02.htm
Renan a beaucoup réfléchi au concept de nation. Sans dire qu’il possède la vérité, on doit le consulter quand on parle de nation.
@tym_machine: Selon votre vision : Pourquoi on fait des élections tous les 4-5 ans alors ? Ça donne quoi ? On devrait en faire une fois pour toutes et on en parle plus!
Par ailleurs, votre analogie avec la fille ne tient pas la route. Dans votre histoire, c’est toujours le même gars et la même fille. Dans mon histoire, celle du peuple québécois, en 15-20, c’est une génération qui a passé. Ce n’est pas tous les mêmes électeurs qui sont consultés.
S’il y a eu deux référendums et qu’il y en aura probablement un troisième, éventuellement, c’est que l’opinion d’un peuple est en perpétuelle mouvance. C’est pour ça qu’on fait des élections tous les 4-5 ans, pour réévaluer nos choix. La France a dit non à la Constitution européenne en 2005, est-ce que ça veut dire que le projet sera mis à la poubelle? Je ne crois pas !
Je ne comprends tellement pas votre dédain pour les référendums …
Quant à votre idée de partitionner le territoire du Québec, ça ne tient nullement la route en droit international. Un peu de sérieux quand même. On croirait entendre Justin Trudeau !
@Emmanuel Simard, le soit-disant séparatiste modéré discutable (on croirait pourtant entendre la même vieille rengaine séparatiste et le même dialogue de sourds des 40 dernières années, soit qu’Alexis St-Gelais est très patient ou que j’ai les nerfs à vif ou peut-être un mélange des deux, mais je ne partage pas son avis là-dessus)
“Selon votre vision : Pourquoi on fait des élections tous les 4-5 ans alors ? Ça donne quoi ? On devrait en faire une fois pour toutes et on en parle plus!”
Je ne comprends pas du tout, en aucun cas je n’ai dit une opinion ayant à l’encontre des élections…brainwashing quand tu nous tiens…Je suis au contraire un farouche partisan d’élection à date fixe comme le prônent les ocnservateurs et l’ADQ mais bien que je partage certains de leurs points de vue, je ne suis pas vendu à ces partis. Je suis pour l’indépendance de l’individu face au collectivisme qu’il porte le tag québecois ou canadien, les deux sont très néfastes.
“Quant à votre idée de partitionner le territoire du Québec, ça ne tient nullement la route en droit international. Un peu de sérieux quand même. On croirait entendre Justin Trudeau !”
En quoi ça ne tiendrait pas la route veuillez me dire. Si le Canada est divisible, ainsi l’est le Québec. J’explique dans un de mes éditoriaux pourquoi les séparatistes refusent obstinément de discuter la question, c’est que dans les faits, ils ne veulent pas la séparation. Ce sont des extorqueurs d’argent du fédéral point final. 15 ans de blocage du Bloc Québecois n’est pas assez convainquant à votre goût? Pourquoi à chaque fois que Gilles Duceppe ouvre la bouche, c’est pour extorquer plus d’argent des autres provinces.
Si vous voulez garder Westmount par exemple alors qu’ils ont voté non à plus de 95% et revoteront non à plus de 95% c’est que vous voulez leur richesse mais pas les gens qui vont avec un peu comme Hitler a voulu mettre la main sur l’argent des juifs.
Bon, ne nous excitons pas trop vite le poil des jambes, je ne dis pas que le PQ est une entité génocidaire loin de là, cependant, l’arrivée au pouvoir du PQ en 1976 et l’exode d’un demi-millions d’anglos ne sont pas deux phénomènes totalement indépendants.
Quant à Justin Trudeau, vous me connaissez bien mal mon ami, vous ne pouviez pas me lancer une pire boutarde, je le déteste plus que beaucoup de séparatistes honnêtes. Plusieurs d’entre vous devrait d’ailleurs considérer la logique conséquentielle de la partition du Québec.
La logique est simple, si 99% des québecois avaient voté oui, ils mériteraient 100% du territoire. Si 50% votent oui, et bien de soustraire disons l’Ouest de Montréal, l’Outaouais et les Eastern Townships de l’équation ne serait pas trop demandé, 75% du territoire québecois unilingue francophone, pro-loi 101 et anti-anglais demeurerait intact.
Salutations cordiales,
Tym Machine
@Emmanuel Simard
Et quand est-ce que j’ai parlé de dédain de référendum???
Vous faites de la projection, encore une fois, le dialogue de sourds, les vieux disques souverainiste-fédéraliste.
Je propose un référendum depuis quelques temps déjà, peut-être même 2: un du ROC et un du Québec.
Les sujets loyaux du Canada resteront au Canada et les circonscriptions souverainistes à 65% et plus passeront territoire Québec.
Où est le dédain des référendums là dedans voulez-vous bien me dire???
Lisez-vous mes répliques ou vous contentez vous de faire de la projection en assumant que je pense comme PET ou Jean Chrétien????
@tym_machine: Parfait !! Vous avez raison ! En tant que méchant séparatiste je ne vois pas la réalité que VOUS, vous voyez et je fais de la projection. Je n’ai pas de temps à perdre avec quelqun qui sombre toujours dans les attaques personnelles et qui est condescendant envers à peu près tout le monde. Veuillez noter que c’était la dernière fois que je m’adressais à vous directement.
Salutations cordiales !
@ Emmanuel Simard: Je concède très bien que la différence entre Manitoba et Saskatchewan ou entre Nouvelle-Écosse et Île-du-Prince-Édouard est plus minime. Par contre, les britanno-colombiens et les albertains ne se ressemblent pas beaucoup. Les premiers sont beaucoup plus proches de la mentalité “côte ouest” des États-Unis, alors que l’Alberta demeure conservatrice, un peu midwest.
Je vous accorde également que la nation n’est pas le meilleur concept à appliquer dans le cadre du provincialisme. De toute manière, la charge émotive qui y est attachée demeure trop importante. Je ne connais pas par contre de concept de remplacement qui pourrait bien définir ce que je cherche à cerner. Je pense surtout pour l’instant à quelque chose comme “nation en développement” ou encore communautés provinciales. Reste qu’au-delà des mots, il me semble que chaque province peut être considérée comme un membre d’une union qui représente une population aux caractéristiques distinctes.
@Emmanuel,
Pauvre type, c’est vous qui vous fermez à tout dialogue.
Vous voyez comment ils sont les séparatistes? Bornés et fermés sur eux mêmes.
Comment voulez-vous avoir un dialogue avec des gens aux positions si radicales.
C’est très bébé comme attitude, dans le style si je ne gagne pas je joue plus on ne fait pas mieux.
En plus, on vous laisse gagner à moitié et encore là, c’est pas assez, alors continuez de bouder dans votre coin, vous êtes des mauvais perdants point final et en plus vous voulez encore rejouer mais seulement à vos conditions.
Et pouvez-nous nous parler des soit-disantes attaques personnelles? Comment voulez-vous que je fasse des “attaques personnelles” si je ne vous connais pas personnellement.
Bref, vous pouvez continuer d’émettre vos opinions et de ne pas vouloir me parler mais s’il y a des vieilles idées qui refont surface comme la séparation du Québec, vous me permettrez de m’y objecter, après tout, on n’est pas dans un forum de péquistes ici.
Sur ce, je vous souhaite une très bonne journée.